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2e Dimanche de Pâques

2ème Dimanche de Pâques –C-

Actes des Apôtres. 5,12-16 Apocalypse 1, 9…19 Jean 20,19-31

Où en sommes-nous dans le déroulement des événements ?
Au matin du premier jour de la semaine, Marie Madeleine découvre le tombeau vide. Elle avertit Pierre et Jean qui viennent confirmer le constat et s’en vont.
Le soir de ce premier jour, Judas ayant quitté le groupe, les apôtres ne sont plus que onze. D’après Jean, ils sont dans un lieu dont l’adresse n’est pas précisée. On sait qu’ils ont verrouillé les portes par crainte des juifs. Repérés, ils pourraient subir les retombées de la haine du peuple.
Sans doute, chacun tourne et retourne dans sa tête ce qu’il a vécu, ce qu’il a entendu dire, à quoi s’ajoute la dernière nouvelle : les linges mortuaires sont restés dans le tombeau qui est vide. Que va-t-il se passer maintenant ?

« Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. » Voilà qui est dit avec une simplicité désarmante. Personne ne l’a vu entrer. Ayant quitté le domaine de la mort, il est vivant.
C’est lui, mais pas comme avant.
« Il leur dit : « La paix soit avec vous ». C’est un souhait bienvenu ! .Comment être bien dans sa tête quand, paralysé par la peur, on a abandonné son Maître aux mains des soldats romains. Choisis par lui, les apôtres ont montré ce qu’ils savaient faire : s’enfuir quand les choses tournent mal.
Quiconque construit sa vie sur des rêves, des illusions ou des fanfaronnades ne peut connaître la paix intérieure. Les apôtres, à ce moment précis, découvrent une dimension de la Miséricorde : la paix de Dieu impose la recherche de la vérité sur soi.
A la suite des apôtres, nous voici invités à faire l’inventaire des décombres de notre vie. Dans ce monde à la fois violent et séducteur, qui peut prétendre avoir toujours fait et dit ce qui convenait ? Quand notre foi est brutalement interrogée, est-ce que la peur, l’absence, la fuite ne font pas partie de nos réflexes de sécurité ?
C’est à partir de la vérité qu’un avenir peut se construire.

« La paix soit avec vous ! Après cette parole, (Jésus) leur montra ses mains et son côté. » Sa passion et sa mort font partie désormais de son histoire et donc de son identité. C’est bien lui, le crucifié qui est là au milieu d’eux et qui leur souhaite la paix.
Inexplicable ! La présence de Jésus, loin de les remplir d’appréhensions, les comble de joie, mais ils ne trouvent rien à dire. Jésus n’est pas venu pour les sanctionner.

Une fois que la vérité est faite, Jésus ne veut pas que ceux qu’il a choisis sombrent dans le remords. Il insiste : « La paix soit avec vous ! »
Nous découvrons un deuxième aspect de la Miséricorde. Quel que soit leur passé, (quel que soit notre passé), un avenir riche de promesses est possible. Dans ce monde nouveau qu’il inaugure, Jésus ne dégrade pas vers des tâches secondaires ceux qu’il a choisis. Ils partageront sa propre mission : « Il souffla sur eux et il leur dit : Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis. »

Cette paix reçue reconstruit les apôtres. Ils ont fait l’expérience de leur lâcheté. Ils feront l’expérience de la force de l’Esprit dans leur vie. Parce que Jésus a supporté dans son cœur et dans sa chair le poids de toutes les horreurs du monde, il peut demander à des hommes, pécheurs et reconstruits, de délivrer tout homme du mal qui le détruit.

Jésus était-il mal informé ? Ce jour-là, ils n’étaient que dix dans la maison. Thomas était absent. Et Thomas n’est pas n’importe qui. A son retour, Jésus n’est plus là. Les apôtres lui racontent ce qui s’est passé mais ils butent contre son entêtement. Il ne veut rien entendre de ce qu’ils disent. Thomas serait bien le saint patron de ceux qui n’acceptent pas qu’on leur raconte n’importe quoi.

Huit jours plus tard, les portes sont toujours verrouillées mais Thomas est là avec sa rigueur et sa raideur. Jésus revient exprès pour lui avec la même parole de paix et le le provoque personnellement : « Avance ton doigt,… avance ta main. il a touché les plaies. Décontenancé et reconstruit, il avance vers Jésus le cœur désarmé. « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Et nous avons là un troisième aspect de la Miséricorde, la patience. La Miséricorde ne lâche rien de ses exigences mais elle sait attendre. Elle tient compte du tempérament, de la personnalité et de l’histoire de chacun.
Thomas, seul contre tous, était une faille dans le groupe. En même temps qu’il dit sa foi en Jésus, il réintègre le groupe. Ce ne sont pas des individus qui annonceront la mort et la Résurrection de Jésus mais une communauté qui s’appellera l’Eglise et qui avancera, diversifiée et unie, dans les siècles.

Le Christ nous apparaît aujourd’hui non seulement comme le vainqueur de toutes les puissances mauvaises mais surtout comme le visage de la Miséricorde de Dieu.
Le Dieu des chrétiens n’est pas un Dieu qui domine par la peur. Il souffre de nos faiblesses er nous accompagne dans notre recherche de la vérité. Il nous invite aussi à rejoindre une communauté de croyants.
La mission de ces communautés est d’être, au milieu des hommes, les témoins de la Miséricorde de Dieu. Il n’a pas envoyé son Fils sur terre pour les justes mais pour les pécheurs que nous sommes tous.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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