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2e Dimanche de Carême C

2ème Dimanche de Carême -C-

Abram, arrivé en terre de Canaan, se lamentait de ne pas avoir d’enfant. Un jour, Dieu lui fait regarder les étoiles et lui promet une descendance innombrable. « Abram eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu’il était juste. »
Merci pour l’innombrable descendance ! Mais où pourra-t-elle s’établir ?
Réponse : « Je t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Bien ! Mais « Comment vais-je savoir que (ce pays), je l’ai en héritage ? »
On dirait aujourd’hui qu’Abram veut les papiers qui certifient sa propriété.

C’est probablement la première fois que cet adverbe « comment » paraît dans la Bi-ble. On en connaît d’autres : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? » demande Zacharie à l’annonce de la naissance de Jean. « Comment cela va-t-il se faire ? » de-mande Marie à l’ange Gabriel.

Dieu répond à Abram par un contrat selon la coutume de ce temps-là : les intéressés coupaient en deux des animaux pris dans le gros bétail et disposaient ces moitiés de bêtes en vis-à-vis, de part et d’autre d’une allée. Puis, l’un après l’autre, ils empruntaient, pieds nus, ce chemin de sang, en disant : « Qu’il m’arrive à moi ce qui est arrivé à ces bêtes si je ne suis pas fidèle à ma parole. »
Il fallait réfléchir avant de s’engager.

Abram prit des animaux. Il les partagea en deux et plaça chaque moitié en face de l’autre mais il ne partagea pas les oiseaux. Et il attendit les consignes. Le soir, tandis qu’il était plongé dans une grande torpeur, Dieu, sous le signe d’un brasier et d’une torche enflammée, passa entre les quartiers d’animaux. Dieu était engagé.

Remarques :
* Quelle est la place des comment dans notre vie ? Comment s’organiser devant telle ou telle situation imprévue ? Comment articuler nos actes de foi pollués par tant de comment ? On aime savoir avant de s’engager.
Abram, lui, donne sa foi avant de poser sa question. La foi fait surgir le comment et le comment donne une dimension humaine à la foi.
* Dieu et Abram ne traitent pas à égalité. Abram n’a pas fait le passage. C’est Dieu seul qui prend l’initiative de la promesse.
* Des rapaces sont venus troubler le rituel du contrat. Des commentateurs y voient l’annonce que la route de l’alliance ne sera pas une promenade. La fidélité de Dieu triomphera de tous les accrocs.
*
Les siècles passent et nous voici à Nazareth. Jésus a fermé son atelier de charpentier. Il prend la parole dans les synagogues et fait de nombreuses guérisons. S’il y a de l’enthousiasme dans la foule, une opposition s’organise. Les officiels du culte prennent Jésus pour un citoyen qui menace l’ordre public. Jésus en vient à annoncer des moments difficiles. Le suivre demandera un acte de foi.
Un jour, parmi les douze apôtres, Jésus choisit d’en emmener trois, Pierre, Jacques et Jean, sur une montagne pour prier et, ce jour-là, il arriva que ces apôtres se trouvèrent introduits au cœur de sa prière. Il n’y a pas de mots pour exprimer une rencontre vraie avec Dieu. Pour en parler, on se sert d’images que peut fournir la culture du temps. « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre. C’était lui, autrement ! « Autre ! »Voilà un mot qui exclut tous les autres mots. Il renvoie à Dieu, appelé dans la Bible le Tout-Autre.

C’est différent pour le vêtement. On peut le décrire. Il « devint d’une blancheur éblouissante. » Dans le quotidien, le vêtement dit quelque chose de celui qui le porte : un homme, une femme, l’âge (bébé, jeune, adulte), le type d’activité, bien sapé ou négligé. Quelque soit sa situation humaine, l’homme est transformé par toute vraie rencontre. Que dire quand il s’agit d’une rencontre avec Dieu ?

Entrer dans la prière de Jésus, c’est entrer dans l’Écriture, (la Parole de Dieu), manifestée par la présence de Moïse (au titre de la Loi écrite) et d’Elie le prophète (au titre de la parole dite). Jésus, Moïse et Elie parlent entre eux des événements qui vont se passer à Jérusalem. Jésus va vivre ce qu’ont annoncé la Loi et les Prophètes.

De leur côté, Pierre, Jacques et Jean sont à la fois accablés de sommeil et éveillés !
Quand Moïse et Elie disparaissent. Pierre exprime son bonheur. Pourquoi ne pas s’installer ! « Faisons des tentes ! »
Une nuée ramène les trois témoins à la réalité. Une voix met les choses au point ; « Celui-ci est mon Fils bien aimé, celui que j’ai choisi : « Ecoutez-le ! »

Remarques :
* La Transfiguration n est pas un spectacle. Elle est pour chacun l’exigence de devenir ce qu’il est aux yeux de Dieu.
*. Entrer dans l’intimité de Jésus avec son Père est possible mais pour cela, il faut le suivre et donc d’abord l’écouter et donc prendre au sérieux ce qu’il dit. On ne met pas la main sur Jésus. Personne ne dispose de lui. Il choisit qui il veut.
* Les trois apôtres choisis ne sont pas plus doués que les autres. Devant Dieu, com-ment ne pas être ou bien naïf ou bien stupide ? On est bien ici ! dit Pierre. Il ne savait pas ce qu’il disait.
* Tout chrétien peut être appelé à vivre une expérience spirituelle particulière.
Elle est crédible quand elle s’enracine dans les Écritures.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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