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2e Dimanche de Carême A -2 Timothée 1, 8-10

2 Timothée 1:8-11

« Mais souffre avec moi pour l’Évangile, comptant sur la puissance de Dieu,
9 qui nous a sauvés et appelés par un saint appel, non en vertu de nos oeuvres, mais en vertu de son propre dessein et de sa grâce. Cette grâce, qui nous avait été donnée avant les temps éternels dans le Christ Jésus,
10 a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur, le Christ Jésus. C’est lui qui a détruit la mort et fait briller la vie et l’immortalité par l’Évangile
11 pour lequel j’ai été, moi, établi héraut, apôtre et docteur. »

Dimanche qui voit le Christ transfiguré.

La transfiguration du Christ concerne autant les disciples que le Christ et que nous aussi aujourd’hui. C’est le Christ glorifié dans la résurrection qui est déjà annoncé et qui doit l’être aujourd’hui encore.
Ce passage de Timothée a été retenu pour l’appel qui nous est adressé à partager la gloire du ressuscité.

Claude Tassin écrit dans Feu Nouveau (57/2) « 80 ans après la disparition de Paul …un inspiré par l’Esprit Saint, un disciple anonyme écrit ce que Paul, s’il était encore là, dirait à Timothée. Ce propos de Paul est de raviver en Timothée son ardeur pour la mission qui lui est confiée et de le fortifier face aux épreuves inhérentes à l’annonce de l’Évangile dont il prend sa part ».

Paul sentant la fin s’approcher désire une dernière fois s’adresser à son cher Timothée. On peut dire qu’il s’agit du testament spirituel de Paul.
Osty dans son introduction à l’épître de Timothée exprime la double préoccupation de Paul : la première est de combattre les fauteurs d’hérésie en évitant la nouveauté et en se méfiant du verbiage, s’en tenant à la tradition. La seconde provient de son souci d’organiser les Eglises en vue de lutter contre l’hérésie et de laisser des institutions solides.

Paul, lui-même enchaîné, a confié au jeune Timothée la communauté d’Ephèse. Face sans doute à son jeune âge il prend soin de l’exhorter à ne pas se décourager dans les souffrances inhérentes à l’annonce de l’Evangile. C’est dans ce but que Paul ranime en Timothée la grandeur de sa mission et le conforte dans les épreuves de son apostolat.
Il affirme qu’aucune souffrance n’est au-delà de notre mesure si elle est vécue « avec la force de Dieu ». Nous avons la certitude que celle-ci accompagne le croyant et à fortiori l’apôtre.

Déjà au verset 6, Paul commence par lui dire : « ravive le don qui est en toi ». Il lui rappelle le don de l’ordination, le don de la foi que Timothée a reçus et sur lesquels il peut et doit s’appuyer. Il ne doit pas chercher d’autres grâces : Timothée a reçu le don de la grâce, l’Amour de Dieu qui est en lui en plénitude.
Ce don est ranimé, avivé dans l’exercice même de la mission qui lui est confiée : c’est au cœur de sa mission que la grâce agira, se manifestera et lui sera donnée en abondance.

Les thèmes de salut et sa gratuité parcourent tout le texte : Dieu nous a sauvés, la grâce est donnée dans le Christ, elle est devenue visible par le Sauveur. Manifesté en Jésus-Christ, le salut est la destruction de la mort et le resplendissement de la vie, de l’immortalité.

Le salut et l’appel de Dieu tels sont les deux thèmes de cette péricope. Dieu avait le projet de nous sauver : il nous a appelés gratuitement et indépendamment de nos œuvres et de nos mérites. « Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu, il ne vient pas des œuvres car nul ne doit pouvoir se glorifier » Ep. 2, 8-9.
Et l’appel qui vous est adressé dans le Christ Jésus est de toute éternité : avant tous les siècles »

v.9. Gratuité de la grâce du Christ : ceux qui sont sauvés ont été d’abord appelés selon le dessein de Dieu. Il nous a donné une vocation sainte parce qu’ appelés à la sainteté et à communier à la sainteté de Dieu : « soyez saint parce que moi je suis saint »..
Paul dit explicitement que cette grâce nous a été donnée dans le Christ avant tout les siècles et nous était destinée de toute éternité par le Christ. Nous retrouvons ici l’inspiration d’Ephésiens. Ce salut n’est pas resté caché, mais rendu visible, « faisant resplendir la vie et l’immortalité ».

Gratuité encore dans les œuvres que nous faisons. La vocation à la sainteté engendre des bonnes œuvres mais ce ne sont pas celles-ci qui sauvent, elles sont la conséquence de l’appel et la force de vie de Dieu dans le croyant.
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v 10. C’est une véritable épiphanie que l’Incarnation du Fils. Ailleurs ce mot évoque la Parousie, ultime épiphanie du Seigneur.
Cette grâce devenue visible dans le Christ Jésus c’est la victoire pascale. Par la destruction de la mort c’est la vie, l’immortalité qui resplendit.
« C’est lui qui a détruit la mort et fait briller la vie et l’immortalité par l’Évangile » : deux verbes ( détruire et faire briller) et deux mots ( la mort et la vie) expriment à merveille la violente antithèse qui décrit le mystère pascal.
Le Christ a détruit la mort, il la rend inopérante, il l’annule et fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Evangile. Dans le Christ la grâce est rendue visible à nos yeux.

Le salut apporté par Jésus Christ qui détruit la mort et apporte la vie, est à l’œuvre dans le monde : il est réalisé , actualisé, rendu opérant par l’annonce de l’Evangile. Après avoir rappelé à Timothée l’appel adressé par le Seigneur et la grâce qui l’accompagnait pour sa mission d’annoncer le salut qui est pure grâce, Paul termine en faisant le lien entre le rôle du Christ et l’indispensable annonce qui doit être faite par l’apôtre. La mission de Timothée s’insère pleinement dans le plan de salut : il est collaborateur direct du salut apporté par Jésus Christ.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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