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2e Dimanche de Carême A

Genèse 12, 1-4 2 Timothée 1, 8-10 Matthieu 17, 1-9

Les historiens disent que vers 1850 avant J.C, il y eut un mouvement de population en Chaldée (Irak du sud). Les familles remontaient vers le nord.
Un Mr Tèrah vivait à Our dans cette région. Comme d’autres, il part vers le nord avec sa famille. Arrivé à Harane, il meurt. Son fils aîné, Abram, comprend, dans la culture de l’époque, qu’il ne peut faire autrement que se fixer là où se trouve la tombe de son père. C’est la fin de sa migration. Or c’est là que Dieu intervient : « Va, quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va vers le pays que je montrerai. »
La traduction, au plus près du texte hébreu, dit : « Va pour toi. » Autrement dit : « Je t’offre une chance ». Et Abram rompt le lien qui le retient à ses racines. Il laisse la tombe de son père et reprend la route sans savoir où elle va le conduire.
*
Dans l’évangile, les apôtres ont tout quitté pour suivre Jésus. Ils ont maintenant une expérience de vie avec lui. Ils ont entendu son enseignement, et vu ses miracles. Pierre a reconnu Jésus comme le Messie de Dieu. L’avenir est prometteur.
Mais voilà que Jésus annonce qu’il doit traverser, à Jérusalem, ce qu’on appelle sa Passion. Pierre refuse cette perspective et se fait remettre en place. Six jours après, Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean à l’écart. Lumineux et glorieux, Jésus se montre dans la réalité de son identité divine et les apôtres aperçoivent le bout de la route.
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Être à la fois dans le monde et décalé dans le monde, n’est pas simple. Quelques an-nées plus tard, Paul invite Timothée à prendre sa part des souffrances pour l’annonce de l’évangile. Annoncer l’évangile, c’est répondre à un appel : « Dieu nous a sauvés et il nous a donné une vocation sainte » Il n’y a pas de réponse à l’appel sans épreuves à supporter.
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Dans nos vies, il y a beaucoup de départs qui sont suivis d’un retour. On va au travail, on fait ses courses, on prend des vacances… et on revient.
Les récits d’aujourd’hui nous parlent de départs sans retour. Les émigrés, les réfugiés, qui quittent leur pays savent ce que cela veut dire. Ce genre de décision ne se prend pas à la légère. Il faut une motivation forte pour faire une rupture définitive.
Quelques réflexions sur l’appel et la réponse :

- Aucune vie n’apparaît sur terre en dehors de la volonté de Dieu.
- L’appel est une composante de l’identité de Dieu. Les chrétiens n’imaginent pas un Dieu qui n’appelle pas.
L’appel est une composante de notre identité. On n’imagine pas une vie que Dieu voudrait inutile et stérile. Comme il est arrivé à Abram et aux apôtres, à chaque vie correspond un appel …et un seul !

- Il y a des vies qui semblent sans problèmes et d’autres très chaotiques. Tout appel entraîne un dérangement, une mise à l’écart ou au moins une mise à part. Il y a des ruptures violentes et d’autres qui le sont moins. Les chemins de réponse sont variés.

- Toute créature humaine est un reflet unique de la beauté de Dieu. Tout appel infuse une originalité. Nos qualités, nos défauts, nos tempéraments sont des canaux qui manifestent cette originalité.

- Dans ces récits, nous regardons spontanément ce qui arrive aux hommes. Or il arrive aussi quelque chose à Dieu. Lui aussi, fait un déplacement ; il entre dans l’histoire des hommes. Dieu et les hommes se trouvent liés par une alliance. Chacun peut s’inquiéter de la fidélité de l’autre et s’interroger sur sa propre fidélité.

- Dieu n’annule jamais son appel. L’appel unique se décompose en de multiples petits appels. Le devoir d’état est le terrain où se nouent les appels et les réponses. Nos petites réponses quotidiennes construisent en nous une vie unifiée. Dieu n’est pas brouillon. L’appel et la réponse sont le lieu où se construit l’alliance. C’est à tout âge que le croyant peut dire : « Fais-moi connaître tes chemins, Seigneur. ».

- L’appel fait naître une espérance ou bien elle en rejoint une, enfouie au fond du cœur. Une promesse a éveillé une espérance dans le cœur d’Abram : « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton Nom » Dans la culture de l’époque, avoir de nombreux enfants était perçu comme une faveur des dieux. Saraï, l’épouse d’Abram, étant stérile, Abram entend qu’un dieu, qu’il ne connaît pas encore, lui promet une descendance extraordinaire. Il est séduit, motivé, il part.

En suivant Jésus, les apôtres envisagent pour eux un avenir glorieux. Jésus confirme. La gloire les attend. Sur la montagne, Jésus se dévoile dans son identité glorieuse de Fils de Dieu, mais auparavant, ils connaîtront aussi le passage par la croix.

La consigne que reçoit Timothée s’adresse à tous ceux qui suivent Jésus : ils auront à prendre leur part de ses souffrances.

Notre évêque a publié une lettre pastorale sur la conversion. Le carême est l’occasion d’affiner notre écoute de la Parole de Dieu pour percevoir les appels qu’il nous adresse et discerner le chemin à suivre pour notre épanouissement personnel.
Chaque fois que Dieu appelle, il nous offre une chance.
Une prière de 1’Eglise dit ceci : (prière au début de l’après-midi)
Nous voulons voir à découvert
l’éclat radieux de ton visage.
Dans l’aujourd’hui de ton appel,
prépare en nous le face à face.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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