Accueil > Prier avec nous > Homelies > 2e Dimanche C

 

2e Dimanche C

2ème Dimanche du T.O.-C-

Dans la relation homme-femme, il arrive que la première déclaration d’amour ne soit pas reçue. Il faut parfois du temps pour conquérir le cœur de l’autre et obtenir son consentement.
Dieu a créé l’homme par amour et l’homme n’en a rien vu. Dieu a alors précisé son appel en construisant un peuple qui serait son peuple. Sa mission : être le témoin, au milieu des nations, de son attention bienveillante à l’égard de toute l’humanité.
Résultat : Au lieu de s’engager dans le projet de Dieu, le peuple choisi se laissa séduire par les pratiques des autres peuples qui confiaient leur sécurité et leur bien-être à des dieux qui n’existent pas. Et ce fut une succession de malentendus, de trahisons et de réconciliations. Alors ! A quoi pourrait ressembler la relation idéale de Dieu avec son peuple ?

Au 8ème s avant J. C., un prophète, Osée, se lance dans une comparaison audacieuse. De même qu’un homme épouse une femme, Dieu épouse son peuple. Attendu que Dieu est Créateur et l’homme créature, c’est une idée folle. Ce mariage est contre nature. Mais Dieu veut partager sa vie intime avec l’homme, sans l’imposer. !
Par la suite, d’autres prophètes ont utilisé la même image.

Le récit d’un disciple lointain d’Isaïe, lu aujourd‘hui, (6ème s. av. JC.). montre que Dieu, fidèle à son idée n’est pas satisfait de la situation que traverse son peuple au retour de l’exil. Il réagit : « Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas. » Il réveille son projet.

« On te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur dictera. »
Donner un nom à quelqu’un, c’est le faire exister dans la société. Dès que notre nom est prononcé dans le cercle de nos relations, un visage surgit dans notre esprit avec un style de comportement. Notre réputation colle à notre nom. Il arrive qu’un comporte-ment désordonné le salisse. Les 50 ans d’exil du peuple de Dieu sont inscrits à perpétuité dans son casier judiciaire, pour sa honte… et donc aussi dans le casier judiciaire de Dieu qui, laissant faire ce drame, se trouve défiguré, caricaturé.

En lui donnant un nom nouveau, Dieu ouvre un nouvel avenir pour son peuple. S’il ne peut que douter de sa fidélité, il garde le moral : « Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur. (… ) Toi, tu seras appelée Ma Préférence, cette ter-re deviendra l’Epousée. ». Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. »
La fidélité est un aspect de la miséricorde inépuisable de Dieu. Elle éveille la notion de persévérance. La persévérance suppose une option de départ qui peut prendre divers visages selon les situations. Pour être humaine, la persévérance doit être con-duite par la conscience qui agit librement. Elle ne peut se contenter de répéter toujours la même chose. Elle demande qu’on revivifie sans cesse le choix qui a été fait et qu’on cherche comment y être fidèle dans les situations mouvantes du présent. La fidélité est toujours un défi.
*
Pour nous apprendre à être fidèles dans les circonstances les plus variées, Dieu a envoyé son Fils sur terre pour qu’il partage la condition humaine.
Comme pour rappeler que Dieu veut épouse l’humanité, Jean introduit, dès le début de son évangile, le récit d’un repas de noce. On ne sait rien des jeunes mariés sinon que la fête se passe à Cana, en Galilée, un pays où s’entremêlent les cultes les plus divers. Le frottement des cultures dans un couple peut créer des incompréhensions. La noce de Cana ne donne qu’une petite image de la volonté de Dieu d’épouser l’humanité.
Marie, Jésus et ses disciples étaient invités à Cana. Naturellement attentive à ce qui se passe, Marie a vite perçu une agitation insolite, côté cuisines : le vin manque !
Celle qui a dit à l’ange : « Je suis la servante du Seigneur » informe son Fils qui veut être fidèle à la volonté de son Père. Pris au dépourvu, il s’adapte à la situation.
Marie demande aux serveurs de faire confiance à son Fils ; « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Remplir les jarres avec de l’eau, c’est facile. Mettre de cette eau dans une cruche et la présenter au maitre du repas, c’est bizarre, mais pourquoi pas. Et le maitre du repas boit du vin comme il n’en a jamais bu !

Donc,« Il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ».
- Il y en aurait eu quatre, huit ou dix ou davantage, Jésus les aurait fait remplir. Il y en avait six. Le chiffre 6, juste avant le 7, (chiffre parfait), souligne un certain manque.
Puisqu’elle servait à laver les mains et les pieds des convives avant un repas, l’eau tirée de ces cuves devenait de l’eau sale. Ce jour-là, elle devient un vin de qualité supérieure. Dieu nous prend comme nous sommes et nous transforme, nous transfigure à la mesure de notre capacité de réception.
- L’abondance du vin a donné un nouvel élan à la joie des convives. La résistance de l’homme au projet de Dieu se répète de génération en génération mais l’union de Dieu avec son peuple, avec son Eglise, avec l’Humanité, se fera un jour dans la joie absolue.

Dieu de tendresse et d’amour ; tu renouvelles sans cesse ton alliance avec nous. Change notre tristesse en joie, la grisaille quotidienne en jour de fête. Que nos mots ordinaires habités par l’Esprit deviennent chant de louange et nous te glorifierons en Jésus. (Magnificat N° 278)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>