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2e Dimanche A 1 Corinthiens 1, 1-3

1 COR 1 , 1-3

1 Paul, appelé à être apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et Sosthène le frère,
2 à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous ceux qui invoquent en tout lieu le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre ;
3 à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

A propos de cette lecture :

Comme toutes les introductions des lettres de Paul, ces versets semblent à première vue banals, ils sont toutefois interpellant pour nous et donnent le ton à la lettre.

Vingt ans après la mort du Christ, Paul débarque sur l’une des jetées qui mènent à Corinthe,
ville portuaire florissante mais corrompue. C’est le milieu d’affaires et de la grosse finance,
ville de dockers et de petits artisans. Une ville cosmopolite. Paul qui approche la cinquantaine, va demeurer là 2 ans. Il travaille à la fabrication de tentes et il se consacre à l’annonce de la Parole de Dieu. Il touche d’abord des juifs mais devant leur opposition croissante, il se tourne vers les païens qui l’accueillent avec enthousiasme.
Quand il repart vers la Syrie, le choc a eu lieu et une petite communauté chrétienne est née, composée surtout de gens modestes. Mais la situation de la communauté dans un milieu d’affaires aussi cosmopolite, va vite poser des problèmes et soulever des questions.
L’Eglise de Corinthe était une Eglise avec de curieux paroissiens : divisée en elle-même, ses membres se jalousaient et se disputaient. Divers leaders se jetaient sans doute chrétiennement et consciencieusement diverses théologies à la tête.

Paul va envoyer plusieurs lettres à la paroisse de Corinthe. Nous n’avons ici que trois versets.
Au lieu de faire la morale, l’Apôtre commence sa lettre en se présentant comme celui qui fut « appelé à être apôtre du Christ », affirmant par là que sa place dans l’Eglise de Corinthe ne dépend ni de lui ni des Corinthiens, mais du projet d’amour de Dieu. Tout croyant est un « appelé » qui a répondu à l’appel qui lui fut adressé. Nul n’est appelé par lui-même. Quant aux Corinthiens eux-mêmes, il les appelle « l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe », et cela malgré les contestataires qui mettent en cause son autorité, sa personne et même ses mœurs. Elle est l’Eglise voulue par Dieu, élue et sanctifiée. Le Seigneur n’appelle pas de « petits saints », ni des gens établis dans une communion préétablie, mais des pécheurs qu’il rend lui-même forts de son amour.1
En ces jours de prière pour l’unité visible du Corps du Christ, il est urgent de nous souvenir que notre commun dénominateur est l’espérance de la foi en un amour dont nous sommes l’objet et dont nous sommes appelés à devenir témoins.

1. Paul apôtre du Christ Jésus :
Paul ajoute la fonction qu’il occupe par rapport à ceux auxquels il s’adresse. Il est apôtre, appelé par Dieu et envoyé pour annoncer aux hommes l’évangile de Jésus-Christ. Il n’est pas appelé seul, mais avec Sosthène, peut-être le chef de la synagogue, devenu « notre frère » à tous. « Sosthène le frère » : c’est le terme que les chrétiens utilisent pour se désigner entre-eux.

En mettant en exergue son appel à être apôtre il veut certainement mettre davantage l’accent sur l’origine divine de sa charge de manière à réfuter et éviter les contestations possible.
S’il est apôtre c’est parce qu’il a été appelé par Jésus-Christ et ce « par la volonté de Dieu » c.a.d. en vertu d’un vouloir divin. Fait-il allusion à l’événement de Damas ? S’il ne le cite pas explicitement afin d’éviter tout reproche, il souligne de manière accentuée que ce qu’il est c’est bien par la seule volonté de Dieu et ses appels sont la cause ultime et la base de l’autorité apostolique qu’il détient. Paul n’est rien d’autre que l’apôtre du Christ Jésus et c’est à ce titre que les corinthiens ont à le recevoir et l’entendre.

2. Corinthe et l’Eglise de Dieu
Les divisions qui déchirent une communauté sont normales et, en ce qui concerne celles de Corinthe, Paul au lieu de les dénoncer brutalement lui rappelle son identité :ses membres sont en fait, tous ensemble : l’Eglise de Dieu, tous appelés à la sainteté parce que déjà sanctifiés dans le Christ. Il rappelle qu’ils appartiennent à une communauté que Dieu seul a convoquée et que lui seul régit : une communauté bien plus vaste que leur petit groupe, que Dieu seul rassemble parce que seul il en a l’initiative.
Donc cette Eglise de Corinthe n’existe pas pour elle-même mais comme partie de l’Eglise universelle, elle se doit donc de dépasser ses divisions et de manifester par sa cohésion interne que le salut se réalise de manière décisive dans tout le peuple que Dieu s’est acquis.
Nous sommes une portion du peuple de Dieu : notre témoignage, là où nous habitons, est signe du salut réalisé : il est bien certain que notre début de communion n’est qu’une ébauche du salut : un commencement et qu’elle n’est pas tant le fruit de nos effort que le salut de Dieu à l’œuvre.

3. Déjà sanctifiés par le Christ Jésus
L’insistance de Paul va plus loin dans la réalité de l’Eglise de Dieu : cette communauté est la communauté des « sanctifiés dans le Christ Jésus ». Devenir saints : ils le sont déjà car « saint » dans le sens biblique s’applique à une personne ou une chose appartenant à Dieu. Par le baptême les chrétiens sont tous entrés en communication avec la sainteté divine.
Elle porte non sur l’homme mais sur l’action de Dieu dans l’homme.
L’appel de Dieu ne permet pas de rester ce qu’ils étaient : Dieu ne peut s’adjoindre des personnes, les faire entrer dans sa proximité sans aussitôt les sanctifier, les transformer radicalement. Pour cette communication intime de son être Dieu a fait du Christ son instrument : « en Jésus »
La communication se fait par le Christ : en lui Dieu s’est réconcilié le monde, l’a justifié.
Elle se fait par le Christ en se fondant sur l’événement décisif de sa mort-résurrection dans lequel tout baptisé entre par la foi, afin de mourir au péché et vivre pour Dieu dans le Christ Jésus.
Donc si les croyants doivent renoncer à une certaine manière de voir le monde et l’existence c’est afin d’orienter leur vie vers un idéal tout autre : celui qui est contenu dans la personne du Christ.

4.Appelés à devenir saints
Paul ne se contente pas de dire que la sainteté est un état dans lequel les baptisés sont plongés, il veut leur faire comprendre la puissance, le dynamisme qui les habite et qu’ils ont à mettre en œuvre dans leur vie : ils sont dans le « devenir » et non pas installés une fois pour toutes.
En disant qu’ils sont saints il n’entrevoit pas leur condition future mais il entend signifier pour le présent le sens même de leur vocation dans le monde : au nom de Dieu et dans le Christ ils ont été choisis, mis à part pour ce témoignage permanent.
De même qui lui-même Paul a été appelé à l’apostolat, ainsi les chrétiens sont-ils appelés à la sainteté. C’est leur vocation personnelle et communautaire.
Encore faut-il bien comprendre que cette sainteté n’est pas l’initiative de l’homme mais de Dieu. C’est Dieu qui en est aussi l’auteur il en sera aussi le réalisateur.
Le rôle de l’Eglise sera de rappeler cet appel incessant et en y répondant avec fidélité.

On retrouve ici toutes les caractéristiques des croyants en Eglise :
· vous qui êtes à Corinthe l’Eglise : cad dans un endroit, un lieu précis.
· vous qui avez été sanctifiés : sanctifiés par le sang du Christ.
· vous les fidèles : le peuple saint, non pas un seul mais avec tous ceux qui invoquent le nom de Jésus.
Avons-nous bien conscience que nous sommes appelés à vivre la même réalité ?

5. L’Eglise, communion de ceux qui invoquent le nom du Seigneur
En finale Paul ouvre sur une perspective nettement œcuménique. Cette Eglise de Dieu, dont il parlait au départ, il la regarde comme la communion de tous ceux qui partout invoquent le nom du Seigneur Jésus-Christ ».
E_ n disant cela Paul relie la communauté de Corinthe à l’assemblée universelle de ceux qui invoquent le nom du Seigneur, mais aussi il rappelle les exigences attachées à cette proclamation.
Invoquer le nom du Seigneur, c’est confesser sa foi dans la divinité du Seigneur Jésus, cad le reconnaître dans sa puissance de salut présente et future.
Mais ce serait mutiler ces invocations en se limitant à une profession de foi intellectuelle.
Si la foi est vivante , si le croyant écoute la Parole, alors l’invocation du nom du Seigneur signifiera qu’il se soumet tout entier au Christ et toute sa vie, qu’il lui remet toute sa vie, qu’il la vit en conformité au Christ et à son Evangile, qu’il s’accorde sans cesse à sa volonté.
Ainsi la proclamation de foi plonge aux racines de l’agir humain et devient une expression pour définir ce qu’est la vie chrétienne.
Cette invocation « au nom du Seigneur » comprise dans sa dimension de foi, nous ramène au fondement ultime de l’unité et de la catholicité de l’Eglise. Qu’on appartienne à la paroisse de Corinthe ou à une autre communauté chrétienne, c’est la reconnaissance explicite du Christ, source de vie, qui crée l’unité entre tous les croyants.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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