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29e Dimanche C

29ème Dimanche du T.O. –C-

Aujourd’hui commence la semaine missionnaire.. Elle veut orienter notre regard sur toutes les personnes, dans le monde et tout près de nous, qui n’ont jamais entendu parler de Jésus ou qui ont perdu le contact avec lui. Chacun de nous est interrogé personnellement. Quelle est la qualité de notre relation avec Jésus ? Est-ce que notre manière de vivre donne envie de chercher à le connaître ? La Parole de Dieu aujourd’hui pose la question de nos engagements humains en lien avec notre prière.

Les Hébreux ont quitté l’Egypte. Arrivés au désert du Sinaï, ils expriment leur mauvaise humeur. Rien à manger ! Dieu va faire pleuvoir chaque matin la manne. Ils vont en manger pendant 40 ans. Sortis de ce désert, ils arrivent en un lieu appelé Réphidim. Nouvelle mauvaise humeur. Rien à boire ! Moïse fait sortir l’eau du rocher et le peuple retrouve la sérénité.

Tout point d’eau dans le désert attire les nomades avec leurs troupeaux. On se bat entre tribus pour avoir accès aux puits. Et voilà qu’interviennent les Amalécites. Ils seront le cauchemar des Hébreux pendant des siècles. Perçus comme étant l’image du mal absolu, ils seront combattus par Saül et par David qui en viendra à bout.

Ce premier affrontement avec les Amalécites est à prendre au sérieux. Ils connaissent ce coin du désert où les Hébreux apparaissent comme des intrus.
Moïse demande à Josué de prendre la direction des opérations et de choisir les hommes capables de se battre. Pendant le combat, Moïse, avec deux compagnons, se tiendra en prière sur la colline voisine. Dieu ne peut rester indifférent devant cet affrontement qui s’annonce difficile.
Comment être pleinement humain et faire pleinement la volonté de Dieu ? La prière est le lieu de cette recherche. Quand le sérieux de l’homme rejoint le sérieux de Dieu, ça ne peut qu’aller mieux.

Ce qui est arrivé donne quelques indications sur la prière. Moïse ne prie pas seule-ment avec son cerveau.. Il est debout, les mains tendues vers le ciel. Dans la plaine, le combat dure plus longtemps que prévu. Les hommes fatiguent, Moïse aussi. Quand il baisse les bras, les Amalécites ont l’avantage. Quand il les relève, les Hébreux re-prennent le dessus. Fatigué, Moïse doit s’asseoir. Ses deux compagnons lui maintiennent les mains levées. On prie avec son cerveau, son cœur et son corps. La prière se déroule dans le temps.
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L’évangile nous introduit dans un autre combat, judiciaire celui-là. Voilà un juge. Par son engagement professionnel, il doit faire triompher le Droit. Il est le passage obligatoire pour régler les conflits qui surviennent dans sa ville. Sa réputation est décrite en peu de mots : Il ne craint pas Dieu et ne respecte pas les hommes. Autrement dit, son humeur est sa référence.

Un jour, une veuve lui demande d’intervenir pour faire valoir son droit. A ses yeux, elle ne mérite pas la moindre attention. Il refuse de l’écouter. Mais la veuve est convaincue de la justesse de sa cause et elle s’entête.

Quelques remarques

* La prière s’enracine à la fois dans notre vécu et dans la Parole de Dieu qui permet de vérifier la justesse de nos demandes.
* La prière sans l’action persévérante des hommes est inutile. L’action des hommes sans la prière est stérile. Au besoin, il faut se faire aider.
* Prier ne consiste pas seulement à réciter des prières. Les mots sont un chemin qui nous introduit auprès d’une personne.
* L’Eucharistie est le temps privilégié de notre vie de prière. Elle nous permet d’exprimer notre action de grâce et nos demandes.
* Puisque nous prions avec notre corps, y a-t-il quelque part dans notre vie un endroit où nous nous sentons bien pour prier ?
* Avons-nous des outils pour éviter les dérives ? Une bible, le livre des Psaumes, un évangile, tel ou tel livre, le chapelet…
*Quand on se sait attendu par Dieu, il est plus facile de répondre au rendez-vous.
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Dans les années 60, on racontait dans la Mayenne cette histoire d’un député, maire d’une toute petite commune rurale. Il voulait une rencontre avec le préfet qui faisait la sourde oreille. Sans rendez-vous, le député-maire vint un bon matin à la Préfecture. « Monsieur le Préfet est en réunion. » « Cela ne fait rien, je vais attendre ! ». Il s’installa. Il attendit… longtemps, … sagement.
Dans les couloirs, on s’imagina qu’il allait se retirer sur le coup de midi, à la fermeture des bureaux mais le député maire avait tout prévu. Il avait apporté son casse-croûte et sa bouteille. Le député-maire ne put pas finir son repas. Alerté par le personnel, le Préfet trouva sans tarder le temps nécessaire pour l’écouter. Le député maire expliqua au préfet : « Vous êtes nommé par l’Etat pour le service du peuple ; moi, je suis l’élu du peuple. »

De par leur baptême, les chrétiens ne sont pas les élus du peuple mais les élus de Dieu. Ils ont la capacité et même le devoir de présenter à Dieu avec insistance les joies et les misères des hommes de leur temps : ceux qui sont proches et ceux qui sont loin.
Paul écrit à Timothée :« Les Saintes Ecritures ont le pouvoir de te communiquer la sagesse. »
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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