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29e Dimanche C -20 octobre 2013

29ème Dimanche du T.O. –C
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Beaucoup de gens à travers le monde s’intéressent au pape François. Chacun a com-pris qu’il veut dépoussiérer l’Eglise pour qu’elle soit davantage servante de l’Evan-gile dans notre société, autrement dit plus missionnaire. Tandis que les uns s’in-quiètent, les autres se réjouissent et rêvent de la réforme qui leur conviendrait.

On veut que l’Eglise soit humaine. Elle l’est et quelquefois trop. Parce qu’elle est hu-maine, il lui arrive de dériver. L’Eglise avance dans les siècles avec un problème per-manent : sa conversion, et cela concerne chaque baptisé.

L’Eglise est humaine mais elle n’est pas née d’une initiative des hommes. Si cela a-vait été le cas, elle se serait écroulée avant de partir. Les apôtres avaient tous de bon-nes raisons de ne pas choisir tel ou tel comme compagnon de route. « Ils discutaient entre eux pour savoir lequel était le plus grand. » (Mc, 9-34) La guerre des chefs n’est pas d’aujourd’hui.
C’est Jésus qui a choisi ses apôtres ; parmi eux, il a choisi Pierre pour être le garant de l’unité dans la foi et il les a tous envoyés de par le monde. La mission de chacun est d’inviter tout homme à la conversion du cœur pour que l’alliance de Dieu avec l’humanité se réalise. S’il arrivait que Jésus se sépare de son Eglise, elle s’écroulerait à l’instant même.

Evidemment, l’Eglise doit être en prise avec son temps. Elle n’a pas aujourd’hui à é-vangéliser les populations qui vivaient au 19ème s. Elle doit s’adresser au monde qu’elle a sous les yeux sans adopter les repères que se donne le monde.
Etre en prise avec le monde est plus difficile quand les mutations sont plus rapides et plus profondes.
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Les premiers temps de l’Eglise n’ont pas été simples et la 2ème lettre de Paul à Timothée donne un repère. « Tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné : tu l’as reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l’ont enseigné. »

Paul a éduqué Timothée dans la foi. En même temps qu’il peut dire qu’il est son maî-tre, il revendique comme un titre de gloire d’avoir simplement transmis ce qu’il a re-çu.
A son tour, Timothée doit transmettre ce qu’il a reçu, et pour cela il doit veiller à être habité par le message sans rien modifier ni retrancher ni ajouter.

Plus les mutations sont profondes plus la fidélité à la Parole de Dieu doit être assurée.
Celui qui annonce la parole n’est qu’un serviteur et non un maître à penser. Il doit d’abord recevoir pour lui-même ce qu’il aura à transmettre. Il doit disparaître derrière le message.

Cela ne veut pas dire que l’Eglise bloque toute recherche, toute réflexion tout chan-gement. Au contraire, elle doit puiser sans cesse à la source de sa foi pour en tirer les enseignements dont elle a besoin pour que le monde vive dans la vérité, la justice et la miséricorde. Avec les questions que le monde lui pose, elle découvre dans le dépôt de la foi des richesses que les générations avant nous n’étaient pas en mesure de for-muler.

La doctrine chrétienne n’est pas un texte mort. Si elle est vivante, la foi de l’Eglise fait des progrès. Mais ce progrès ne doit pas être une altération, une défiguration.

J_ e prends quelques exemples : Toutes les possibilités qu’un adolescent découvre dans son corps étaient déjà dans son corps quand il était bébé. Elles n’ont pas été rajoutées de l’extérieur. Elles étaient là mais pas encore développées. Le bébé ne change pas de corps en grandissant. Son corps change mais il reste le même.

Quand un vieil homme doit faire une nouvelle carte d’identité, il doit se procurer deux photos. Il peut constater des différences entre sa photo, adolescent, et celles que maintenant il va donner à la mairie. Et pourtant, il reste la même personne.

Quand une famille s’installe dans une nouvelle maison, elle modifie souvent la dispo-sition des lieux. Elle peut se contenter de changer les tapisseries ; il arrive aussi qu’el-le démolisse une cloison, perce une fenêtre, et change la cuisine en salle de bain, etc.
En faisant des modification profondes, la famille veille à ne pas toucher a ce qu’on appelle les murs porteurs. C’est la même maison adaptée à des besoins nouveaux.

Les dogmes ne changent pas mais ils se développent. On ne peut imaginer qu’un jour l’Eglise démolisse ses murs porteurs, qu’elle supprime dans le Credo les mystères de l’Incarnation, de la Rédemption et de la Trinité. Quand on dit que ce sont des mys-tères, on dit justement que ce sont des richesses que l’esprit humain ne finira jamais d’explorer. Au fil de l’histoire, l’Eglise découvre ces richesses qui étaient en elle de-puis sa naissance.

Les murs porteurs de l’Eglise resteront, sous peine de se détruire elle-même, mais la manière de vivre en Eglise doit s’adapter.
Cela fait des siècles que les chrétiens disent : « Ça n’est plus comme dans le temps ! »

La prière d’ouverture de cette messe est opportune : « Dieu éternel et tout puissant, fais-nous toujours vouloir ce que tu veux et servir ta gloire d’un cœur sans partage. » Les comportements des baptisés à tous les niveaux sont à vérifier continuellement.
L’Eglise est attirante dans la mesure où elle se laisse attirer par le Christ.
Quand elle se laisse attirer par le Christ, elle devient missionnaire.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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