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29e Dimanche C - 2 Timothée 3,14-4,2

2 Tim 3,14-4,2

14 Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et accepté comme certain : tu sais de qui tu l’as appris.
15 et c’est depuis ton plus jeune âge que tu connais les saintes Lettres. Elles sont à même de te procurer la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus.
16 Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice :
17 ainsi l’homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute oeuvre bonne.
4:1 Je t’adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son Apparition et de son Règne :
2 proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire.

« Même si on refuse à Paul la paternité de ce passage, on a là un précieux témoignage sur la conception que l’on se faisait, à la suite de la prédication de l’apôtre, de l’une des tâches les plus importantes qui incombe à un responsable d’Eglise : l’annonce, la proclamation de la Parole. Cette obligation suppose une double fidélité : à la Tradition comme à l’Ecriture, ou si on veut, une unique fidélité : la garde de la Parole de Dieu transmise par l’Ecriture et reçue en Église. » Nous avons donc ici un texte fondamental pour la valeur et l’inspiration de l’Ecriture : le message du Christ ne s’invente pas, il se transmet dans la foi, de génération en génération.
Les consignes que Paul donne à Timothée à la fin de la péricope se groupent autour de deux recommandations : la fréquentation de l’Ecriture (3,4-17) et la proclamation de la Parole (4,1-2) Ces recommandations valent encore pour nous aujourd’hui, tout au moins en ce qui concerne la première.

Fréquentation de .Ecriture
Avant d’annoncer la Bonne Nouvelle aux hommes, l’apôtre doit se rendre compte qu’il n’est qu’un serviteur et non un maître à penser,
Il doit, au préalable recevoir le message, qu’il devra pour le transmettre fidèlement, sans altération, et disparaître derrière lui..
La lectio divina nous invite à nous comporter de cette manière ; non en maître mais en serviteur : laisser la Parole reçue, avec joie, éclairer, modeler, façonner son lecteur sous la mouvance et la grâce de ’Esprit qui est toujours à l’œuvre dans le cœur de celui qui reçoit la Parole.

La tradition vivante :
L’écriture n’est pas une réalité isolée, rencontrée au hasard d’une recherche. Elle est reçue et ne peut être comprise que dans une communauté et à travers elle.
C’est pour cela que Paul, avant de recommander à Timothée la connaissance et la fréquentation de l’écriture, commence par lui rappeler qu’il s’insère dans une succession vivante de témoins. « Avant d’être un contenu, la Tradition est un geste ».
L’Ecriture nous vient de loin. C’est pour cette raison que nous avons mission, là où nous nous trouvons, d’en assurer la transmission..
L’Apôtre engage son destinataire à s’en tenir exclusivement à ce qu’il a appris : la Parole de Dieu. La Révélation n’est pas seulement le don du NT, elle s’enracine dans l’histoire du peuple de Dieu, depuis Abraham et son appel par le Seigneur. Timothée en a reçu le dépôt ; Paul fut son maître ; mais personne comme Paul n’a eu l’intelligence du mystère du Christ. Ce dépôt, Timothée en est le gardien -au même titre que Paul – et il doit le transmettre à des hommes de confiance
Paul revendiquait comme un titre de gloire de n’avoir rien inventé en matière de foi, mais d’avoir fidèlement transmis ce qu’il avait reçu du Seigneur, concernant la Résurrection ou la célébration de l’Eucharistie.

La foi n’est pas un bien à soi qu’on acquiert pour le posséder pour soi seul, comme un trésor inerte, « mais un milieu nourricier, une vérité qui vit dans le croyant et dans laquelle celui-ci vit et doit demeurer ».
Nous avons ici un texte fondamental pour la valeur de l’inspiration de l’Ecriture. Le message du Christ ne s’invente pas, il vient du Christ, il se transmet dans la foi de génération en génération.
v.14 : Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et accepté comme certain : tu sais de qui tu l’as appris.
Une invitation à en rester à ce qu’il a appris, à la certitude reçue dès son enfance. L’appel à sa « tendre enfance » appuie la puissance de l’Evangile sur lequel se sont appuyés ses ancêtres, sa grand mère et sa mère. Ils ont connu, vécu l’Evangile et y ont cru. Leur foi leur a permis de persévérer. L’expérience de la foi de ses ancêtres est une certitude, la seconde est celle des Ecritures elles-mêmes.
L’invitation de Paul à « demeurer » n’a rien de statique, mais une invitation à fréquenter sans cesse l’Ecriture dans laquelle il puisse la stabilité de sa foi reçue au sein de sa famille. Paul fait comprendre à Timothée qu’il s’insère dans une Tradition basée sur la fréquentation des Écritures qui seront la base de sa foi, de sa persévérance.

L’écriture inspirée
Les « saintes lettres » sont les bases de la foi sur lesquelles Paul et Timothée puisent leur enseignement pour faire comprendre le mystère du Christ. Il s’agit certainement des écrits de l’Ancien testament et aussi de l’annonce du mystère pascal qui accomplit les promesses de l’Ancien Testament. Paul affirme que la connaissance des écritures est susceptible de conduire à la foi au Christ, ou à cette sagesse supérieure qui y conduit.
La sagesse telle que l’AT la présente est une des voies les plus intéressantes pour arriver au mystère du Christ. C’est ce qu’il dit au v 16 : « toute Ecriture est inspirée par Dieu et utile ». Elle constitue la norme principale de l’action de l’apôtre et pour tout chrétien sa nourriture.
Timothée a eu la chance d’en être nourri dans sa famille et d’en avoir reçu les enseignements des maîtres solides dans la foi et la doctrine. L’Ecriture c’est l’équipement de base de tout homme de Dieu qui veut faire du bon travail. L’apôtre doit se mettre au service de l’Ecriture et de la Parole, à l’imitation de ceux qui furent, dès le début témoins de la Parole de Dieu. Il ne doit pas se méprendre sur l’utilité de l’écriture et chercher à y trouver des justificatifs.
Les recommandations de Paul sont actuelles. On y retrouve les idées forces de Vatican II notamment sur la réforme de la liturgie et du lectionnaire : « l’Ecriture sera aux yeux de tous la source permanente de la vie spirituelle, la base essentielle de la transmission de la doctrine chrétienne, la moelle de toute formation théologique », et il faudrait ajouter de toute formation spirituelle.
« C’est dans la Parole que nous allons trouver l’humus pour enraciner notre foi et « offrir, pour sa croissance, la sève divine qui seule est capable de lui faire porter du fruit » Deleclos.
La fréquentation de la Parole, c’est le rendez-vous avec le Christ qui nous révèle le Père et l’Esprit. C’est elle qui suscite, nourrit notre prière, notre conversation avec le Seigneur.
C’est dans la Parole fréquemment ruminée, méditée que nous trouverons force et nourriture tant pour nous que pour le monde. C’est la Parole qui nous permet de rester sur la longueur d’onde de Dieu.
Chrétiens ou moines, nous sommes invités chaque jour à un temps de lectio, de lecture de la Parole, pour qu’elle devienne le lieu de rencontre intime avec notre Dieu et Père de toute miséricorde. Le Seigneur nous a confiés ces trésors pour que nous y trouvions pour nous même nourriture, force, vie. Les trésors bibliques sont là à notre disposition. Avons-nous commencé à goûter un peu les richesses de la Parole ?
Notre vocation est aussi une mission : toute notre vie, nos moindres actions ne sont pas sans répercussion pour l’Eglise et le monde. Ne dit-on pas « un moine, un chrétien qui s’élève élève le monde ». S’il ne faut pas en faire une maxime, nous ne pouvons douter de la répercussion de tout ce que nous faisons sur le Corps mystique.
Notre lectio fait partie de notre mission au cœur de l’Eglise, le Corps du Christ et du monde.
En ce temps de nouvelle évangélisation il est important que la Parole, « présence de Dieu » reprenne sa place d’honneur dans nos vie de chrétiens, de moines : que nous devenions des passionnés de la Parole de Dieu…que nous nous laissions passionner par elle…C’est bien là le désir du Seigneur. C’est une affaire de consentement de notre part.
C’est dans la fréquentation de la Parole que notre foi retrouvera un sang neuf, notre prière une spontanéité et nos communions sacramentelles tout son sens, leur valeur et leur efficacité, et notre vie fraternelle un souffle nouveau..

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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