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29e Dimanche C -1ère lecture : Exode 17/8-13

1ère lecture : Exode 17/8-13

17
1 Toute la communauté des fils d’Israël partit du désert de Sine, en observant les étapes prescrites par le Seigneur. Ils campèrent à Rephidim. Comme il n’y avait pas d’eau à boire, 2 le peuple chercha querelle à Moïse :
« Donne nous de l’eau à boire ! »
Moïse leur répondit :
« Pourquoi me cherchez-vous querelle ? Pourquoi mettez vous le Seigneur à l’épreuve ? »
3 Là, le peuple souffrit de la soif. Il récrimina contre Moïse et dit :
« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? »
4 Moïse cria vers le Seigneur :
« Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! »
5 Le Seigneur dit à Moïse :
« Passe devant le peuple, emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël, prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! 6 Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.
7 Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle), parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur, et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »
8 Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim.
9 Moïse dit alors à Josué :
« Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
10 Josué fit ce que Moïse avait dit : il mena le combat contre les Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline. 11 Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. 12 Mais les mains de Moïse s’alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil. 13 Et Josué triompha des Amalécites au fil de l’épée


A propos de cette lecture

 :
Pourquoi nous as-tu fait monter de l’Egypte ?

Il est bon de prendre le texte à partir du verset un.
Le peuple de Dieu a passé la Mer des Roseaux et se déplace vers le Sinaï où sera scellée l’Alliance de Dieu avec son peuple. C’est l’étape avant l’Horeb, un sommet autre que le Sinaï.
La route est jonchée d’embûches et de difficultés inhérentes au désert : la faim, la soif , autant d’épreuves de foi pour le peuple . La première avait été la pression de l’armée égyptienne devant la mer des Roseaux (Ex 14). A l’épreuve de la faim le Seigneur a répondu en donnant la manne quotidienne et les cailles. Chaque fois, Dieu est présent dans la marche de son peuple, il répond et manifeste sa présence continuelle alors qu’il est au désert en lui donnant l’eau vive, la manne.
Mais la répétition des épreuves a fini par exaspérer le peuple et failli provoquer une émeute contre Moïse et Aaron, leur reprochant de les avoir engagé dans une aventure sans suite.
V2 : ils cherchent querelle : en hébreux Mériba. Réphidim : se traduit « le lieu où l’on baisse les bras, le lieu où les mains faiblissent ».
Massa –Mériba : c’est le lieu où l’on cherche querelle à Dieu , le lieu où on le met au défi, tant la route est semée d’épreuves.
V3 : « le peuple murmura contre Moïse ». Le murmure décrit par Saint Benoît dans sa Règle est le poison d’une communauté, c’est le ver qui détruit le fruit de l’intérieur. C’est la tentation fondamentale du croyant à laquelle Dieu va répondre. Le miracle de l’eau jaillissante est la réponse de Dieu, la preuve de sa sollicitude et de sa toute puissance : « l’eau sortant du rocher ».
On appelle le lieu « Massa et Mériba » en souvenir de l’épreuve de foi où le peuple douta et se querella contre Moïse.
« Mara et Mériba » veut dire défi et querelle parce qu’ils avaient mis le Seigneur au défi disant : « le Seigneur est-il au milieu de nous oui ou non ? »
Derrière ce problème de manque d’eau il y a une question plus profonde : c’est la foi d’Israël dans la présence de son Dieu qui est en cause. A cette question Dieu répond au peuple en donnant ordre à Moïse de frapper le rocher avec le même Bâton qui a frappé le fleuve et ouvert un passage. Telle et la réponse de l’amour de Dieu qui est comme une provocation à la foi de son peuple. Moïse est le seul qui ne doute pas, il ne cesse de se référer au Seigneur, il sait qu’il peut compter sur lui.

V8. L’événement suivant , c’est l’épreuve de l’assaut soudain des Amalécites, redoutables guerriers du désert. « Le verset suivant, sans transition, nous apprend la conséquence fatale à ce doute ; Amaleq dont le nom signifie ‘le semblant de roi’, survient. Là où le soupçon capital s’installe, Amaleq intervient sans délai pour anéantir Israël. Il n’est à l’aise et ne se renforce qu’à l’instant où la foi de Jacob chancelle.1 »
L’attaque par les ennemis Amalécites n’est pas le fruit du hasard dit le Père Declais dans Ass du Sgr (16.14). « C’est Dieu qui par le moyen d’Amaleq, frappe Israël pour le ramener à de meilleurs sentiments .
Le lieu de l’escarmouche est nommé Réphidim…se situerait entre l’Egypte et le Sinaï. Les Amalécites sont le premier peuple qui livre bataille au peuple d’Israël. Le Juif, aujourd’hui, encore rappelle cette histoire : « Souviens-toi d’Amaleq » … (nous aurons toujours un ennemi qui nous combattra !). ».
Les Amalécites resteront un ennemi traditionnel même au temps de David.

Le personnage essentiel du récit est le « Bâton de Dieu » . C’est grâce à celui-ci, dans la main de Moïse, que se réalise la manifestation de Dieu auprès de son peuples, ici dans le combat, et la victoire contre les Amalécites. Dieu va guerroyer avec son peuple, « le combattant unique, le responsable de la victoire c’est Dieu » ; le vrai combat n’est pas dans la plaine mais sur la montagne, au sommet de la colline où Moïse invoque le Seigneur .
Les versets retenus pour la liturgie de ce dimanche disent combien, même pendant la bataille, le peuple doit regarder plus haut. Si rien n’est dit du combat comme tel, l’insistance porte sur le rôle tenu par Moïse durant la bataille. Le texte d’ailleurs ne décrit pas la bataille mais se centre sur l’essentiel : la persévérance de Moïse dans sa prière d’intercession avec et grâce au soutien d’Aaron et de Hour.
« L’homme qui, sur le terrain, mène physiquement le combat, c’est Josué, fils de Noun. Mais sans Moïse, Josué n’exercerait aucune influence décisive sur le destin d’Israël. Moïse lui-même, épuisé par l’effort de l’oraison perpétuelle, a besoin d’être renforcé dans son imploration par deux acolytes fidèles. Aaron le prêtre d’un côté, et Hour, un dignitaire civil, de l’autre, lui soutiennent les mains. Hour représente ici l’appui populaire, Aaron l’adhésion des hommes de foi et du clergé. Mais il faut en même temps un homme qui agisse, le glaive en main, sur le champ de bataille. Moïse, au centre, est l’intermédiaire de tout le peuple puisque, seul, il peut communiquer avec le ciel. C’est donc l’alliance du prophète, du représentant du peuple, du pouvoir sacerdotal et du héros combattant qui peut arracher la victoire à Amaleq. A l’inverse, Amaleq est l’incarnation historique du doute récurrent d’Israël, et l’expression destructrice de sa faiblesse spirituelle ».

Il y a certainement un lien intime entre l’intensité de la prière de Moïse et le combat dans la plaine puisque chaque fois que les bras de Moïse fléchissent Amaleq est le plus fort et inversement.
« Le personnage essentiel du récit est le Bâton de Dieu que Moïse dresse aux dessus des combattants, puisque l’issue de la lutte dépend de la position de ce bâton » Delais dans Ass du Sgr 60.56. C’est de la persévérance de Moïse et de ceux qui le soutiennent que dépend l’issue du combat. Nous voilà au cœur de la prière d’intercession et de la communion dans celle-ci.

Pour savoir si Dieu est oui ou non avec lui, le peuple est invité à regarder plus profond, au-delà de ce qui fait son existence quotidienne : il vit d’un don et non de l’œuvre de ses mains en laquelle il mettrait sa force et sa sécurité.

« Intercéder ne consiste pas à rappeler à Dieu ce qu’il aurait oublié de faire, mais à faire un pas qui nous porte au cœur d’une situations, au point de tension maximum, qui nous enfonce comme un coin entre les deux partis opposés par un engagement définitif »Mgr Bloom.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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