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29e Dimanche C

29ème Dimanche du T.O. –C-
Ex. 17, 8-13 2 Tim. 3, 14 à 4,2 Lc 18, 1-8

Coincés entre la Mer Rouge et l’armée égyptienne, les Hébreux furent pris de panique. Ils en arrivèrent à penser qu’il eût mieux valu être enterrés paisiblement en Egypte plutôt que d’être tués ou noyés. Sur l’ordre de Dieu, Moïse frappa la mer avec un bâton. Elle s’ouvrit et le peuple passa.
Après quoi, il fallut avancer sur une terre inconnue. Elle était désertique et les ennuis de Moïse ne faisaient que commencer.

Jusque là, les Hébreux avaient affronté la dureté de la vie au désert en se battant avec les éléments. Comme si cela ne suffisait pas, ils furent attaqués par les Amalécites, une tribu vivant dans le Néguev, au sud de la Palestine.
Ces Amalécites, aujourd’hui disparus de l’Histoire, étaient les lointains descendants d’Esaü, le frère jumeau de Jacob, deux frères qui eurent de nombreuses difficultés de relations. Leurs descendants héritèrent de leur hostilité.

Dans le texte d’aujourd’hui, les descendants de Jacob, perçus comme des envahisseurs, se heurtent aux descendants d’Esaü qui défendent leur territoire.

Ce qu’on observe dans ce récit :
1). Moïse, le chef, sait déléguer. Il charge Josué d’organiser une troupe pour affronter les Amalécites et lui laisse la direction des opérations.
Pendant que la bataille se déroule dans la vallée, Moïse monte sur la colline, le bâton de Dieu à la main, avec deux collaborateurs, Josué et Hour.
Ce bâton avait servi pour déclencher les plaies contre les Egyptiens, ouvrir une route dans la mer Rouge et faire jaillir une source du rocher.

2). Sur sa colline, Moïse tient le bâton, mais ce n’est pas suffisant. Il faut que le bâton soit levé vers le ciel. Selon la culture de m’époque, on peut comprendre qu’il s’agit d’une supplication adressée à Dieu ou d’une malédiction en direction des Amalécites. Le résultat souhaité est le même. De toute façon, quand le bâton est levé, les Israélites gagnent du terrain. Quand il est baissé, ils reculent.
La bataille se prolonge et la fatigue gagne Moïse. On imagine alors une astuce. On l’assoit sur une pierre et ses deux compagnons maintiennent ses bras en position levée. Le soir, les Israélites ont remporté la victoire.

De ce récit étonnant, on peut tirer quelques leçons :
1°. On ne sait rien de ce que disait Moïse dans sa prière. Il est là, les bras levés, le bâton de Dieu à la main. On ne prie pas seulement avec des mots ou des idées. On prie avec son corps.
Entrer dans une église, s’y asseoir ou s’y mettre à genoux la tête et le cœur vides parce qu’on est écrasé de soucis est déjà une prière.
2°. L’homme a besoin de Dieu et Dieu a besoin de l’homme. Ce bâton est le signe de la puissance de Dieu. Mais cette force de Dieu a besoin de l’homme.
Sans ce bâton, Moïse n’est qu’un homme comme les autres. Avec le bâton, il fait l’œuvre de Dieu. Sans Moïse, le bâton n’est qu’un bâton comme les autres.

3°. Moïse n’est pas planqué au haut de sa colline pendant que les soldats risquent leur vie dans la vallée.
La prière est nécessaire dans tous les combats de tous les temps qui concernent, d’une façon ou d’une autre, la dignité de l’homme et de tout homme.

4°. Personne n’est dispensé de la prière mais si toute l’humanité restait à genoux à longueur de temps, les choses n’avanceraient guère.
Il me revient la réflexion d’un officier, au matin d’une bataille. Il disait quelque chose comme ceci. « Mon Dieu, je vais être très occupé aujourd’hui, je ne vais pas pouvoir penser continuellement à vous. Vous du moins, ne m’oubliez pas. »
Commencer sa journée par un regard vers Dieu peut donner une certaine couleur à toutes les activités de la journée.

5°.Il faut du courage et de la persévérance pour se battre dans nos vallées de larmes. Il en faut aussi pour prier. La prière aussi est fatigante.
Faire le vide en soi, se débarrasser de nos paroles pour accueillir une Parole de Dieu demande aussi du temps, du courage et de la persévérance. L’histoire de la veuve de l’évangile en témoigne. Il y a tant de choses urgentes à faire par ailleurs.

6°. Il n’y a pas de honte à se faire aider dans la prière quand la fatigue nous gagne.
Nous avons une chance dans notre diocèse que d’autres diocèses n’ont pas. Notre diocèse accueille plusieurs communautés contemplatives. Le Carmel, la Coudre à Laval, l’abbaye N.D. de Port du Salut, à Entrammes ; les Bénédictines à Craon. Il y a aussi des communautés apostoliques qui consacrent du temps chaque jour à la prière et accueillent ceux qui veulent bien se joindre à elles.
Il y a des gens, croyants ou non, qui vont leur confier telle ou telle misère de leur vie.

7°. La prière de Moïse n’a pas supprimé l’affrontement avec les Amalécites.
La prière ne supprime pas nos difficultés. Elle nous donne le courage d’engager le combat qu’on estime nécessaire. Elle aide à trouver le bon chemin pour le conduire.
Dieu peut avoir une autre image de la victoire que nous. Tous les combats ne sont pas immédiatement victorieux. La prière aide à traverser les épreuves. S’il n’y a pas au bout la victoire que nous imaginions, elle permet de rester debout.
*
Le psaume 120 exprime une conviction que nous pouvons essayer de faire nôtre : « Dieu, notre gardien, ne dort pas, ne sommeille pas.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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