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29e Dimanche A 1 Thessaloniciens 1, 1-5b

1 Thessaloniciens 1, 1-7

1 Paul, Sylvain et Timothée à l’Église des Thessaloniciens qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous grâce et paix.
2 Nous rendons continuellement grâce à Dieu pour vous tous quand nous faisons mention de vous dans nos prières ; sans cesse,
3 nous gardons le souvenir de votre foi active, de votre amour qui se met en peine, et de votre persévérante espérance, qui nous viennent de notre Seigneur Jésus Christ, devant Dieu notre Père,
4 sachant bien, frères aimés de Dieu, qu’il vous a choisis.
5 En effet, notre annonce de l’Évangile chez vous n’a pas été seulement discours, mais puissance, action de l’Esprit Saint, et merveilleux accomplissement. Et c’est bien ainsi, vous le savez, que cela nous est arrivé chez vous, en votre faveur.
6 Et vous, vous nous avez imités, nous et le Seigneur, accueillant la Parole en pleine détresse, avec la joie de l’Esprit Saint : 7 ainsi, vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et d’Achaïe.


A propos de cette lecture.

Jusqu’à la fin de l’année liturgique, l’Église nous propose, comme deuxième lecture, des extraits de la première lettre de Paul aux Thessaloniciens.
Au temps de Paul, Thessalonique, la Salonique actuelle, était un port et un centre commercial important, la seconde ville de Grèce.
Cette première lettre est le plus ancien document attribué à l’Apôtre Paul. Elle reflète ce qu’étaient à l’origine : l’annonce, l’enseignement et l’activité apostolique de Paul et de ses disciples. Celles-ci ayant leur source en « Dieu Père et en Jésus-Christ, Seigneur, mort pour les péchés, ressuscité et vivant au ciel d’où Il reviendra en son jour pour y acheminer ceux qui auront foi en lui ». C’est pourquoi, elle est présentée parfois comme « le commencement du Testament de Jésus Christ ».

Lors de la fondation de la communauté de Thessalonique, Paul a connu bien des ennuis ; les Actes les rapportent en 17, 1-9. 4. « Quelques Juifs de la synagogue, ainsi qu’une multitude de Grecs qui adoraient Dieu, et maintes dames de qualité qui s’étaient laissées persuader provoquèrent la jalousie des Juifs et un tumulte dans la cité, et une persécutions contre Jason qui avait accueilli Paul et Sylvain dans sa maison […] 6. Ne les trouvant pas, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les magistrats, en criant : ‘ Ceux qui ont semé le désordre dans le monde entier, voilà qu’ils sont ici, 7. et Jason les accueille ! Ils contreviennent tous aux édits de l’empereur en disant qu’il y a un autre roi : Jésus. ‘ 8. Ces Juifs jetèrent ainsi le trouble parmi la foule et les magistrats, qui entendaient cela. 9 On fit payer une caution à Jason et aux autres avant de les relâcher. »
Avec ses compagnons Paul dut fuir Thessalonique pour que la paix revienne dans la cité. Mais il laissait la toute jeune communauté à elle même avant qu’elle n’eût que le temps de recevoir les rudiments de la Bonne Nouvelle. Son séjour fut court et son départ si précipité qu’on peut comprendre son souci pour ceux qu’ils laissent à eux-mêmes en pleine persécution. C’est pourquoi, il leur envoie Timothée pour y recueillir les nouvelles. A son retour Timothée le rejoint à Corinthe avec de bonnes nouvelles.

Au retour de Timothée Paul laisse éclater sa joie à la mesure de l’attente des nouvelles. Il souhaite à la communauté « Grâce et Paix », v.1, il rend grâce à Dieu, v.2 et relève la foi bien vivante de la communauté, son amour effectif, et leur persévérance dans le Seigneur.
Chacune de ces vertus est précisée par un terme qui exprime leur rayonnement.
« L’activité de la foi ». La foi n’est donc pas un bien que nous possédons une fois pour toutes et qu’il nous faut essayer de conserver pour nous seuls. La foi n’est pas un musée de vérités dont nous sommes les gardiens. Elle doit être active, sans cesse en recherche de Jésus Christ. Chaque jour, nous sommes appelés à opter à nouveau pour le Christ ressuscité Pour cela, nous avons besoin les uns des autres.
« L’amour qui se met en peine ». Vivre de la charité est dès lors bien plus qu’être gentil avec son petit camarade, son voisin. Sans cesse le Seigneur nous appelle à avoir un amour inventif, créateur et dès lors à une charité laborieuse et fatigante. Dans le domaine de l’amour nous ne verrons jamais la fin. Il nous faut nous laisser désinstaller par l’amour du Christ qui nous invite à nous interroger sur son rayonnement.
« Votre persévérante espérance ». Dans les moments de découragement que nous connaissons tous, nous sommes tentés de laisser tomber les bras. Persévérer dans l’espérance, c’est s’engager à se remettre en piste les uns les autres. Nous n’avons pas le droit d’espérer à certains moments et de désespérer à d’autres.
Cette triple tâche est difficile sinon humainement impossible. Heureusement, l’apôtre nous encourage en nous affirmant que l’activité de la foi, le labeur de la charité et la constance de l’espérance sont l’œuvre de notre Seigneur Jésus Christ. C’est dans la célébration eucharistique que nous pouvons en trouver la source. C’est dans une commune écoute de la Parole de Dieu et dans le partage fraternel de l’Eucharistie qu’est donné l’élan de toute vie chrétienne. N’oublions pas que nous sommes l’objet d’un choix, d’un appel du Seigneur !
Ces vertus résument ce qui devrait caractériser toute cellule de l’Église : la foi, l’espérance et la charité.

« Cas unique dans toute la littérature paulinienne, 1 Th contient deux actions de grâce, 1,2 et 2,3, et les auteurs de la lettre se déclarent eux-même incapables de rendre à Dieu l’action de grâce qui conviendrait, tant abondent les motifs de leur joie. » Cahiers Évangile 39

Donc une lettre toute pleine d’action de grâce pour la puissance de l’Esprit qui est à l’œuvre dans la communauté de Thessalonique. Joie de voir l’Église, qui est en Dieu et en Jésus Christ, vivre l’essentiel ; et c’est de la condition nouvelle que vivent les premiers chrétiens, que Paul rend grâce : « il s’agit de la foi, de l’amour, de l’espérance, triade qui deviendra célèbre dans la théologie et la catéchèse sous la forme des « trois vertus théologales. »
Cahiers Évangile.
L’action de grâce de Paul se fonde sur la praxis chrétienne de la communauté. La foi communicative et missionnaire des Thessaloniciens s’est répandue autour d’eux et a fait de nombreux fidèles. Leur charité qui s’est donnée de la peine : car un amour ne reste pas utopique et donne des preuves concrètes de sa réalité profonde, témoigne de sa source. Leur persévérance patiente qui tient le coup : « ce thème de l’endurance est une ligne de force des évangiles en voie d’élaboration orale seulement. »
Paul conclut ce passage, v. 5 : « notre annonce de l’Évangile chez vous n’a pas été seulement discours, mais puissance, action de l’Esprit Saint, et merveilleux accomplissement ». Ce que Paul a vécu avec les Thessaloniciens peu avant et leur fidélité, manifeste l’œuvre de l’esprit et est source d’action de grâce.

Une communauté à cette image est signe de la présence de Dieu, elle annonce Jésus Christ et manifeste l’Esprit ; à son tour elle appelle à la foi. L’évangélisation est bien Dieu à l’œuvre à travers une communauté, l’Église, dans laquelle l’homme est au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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