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28e Dimanche - Sagesse 7, 7-11

Sagesse 7,7-11

7 Aussi j’ai prié,
et le discernement m’a été donné.
J’ai supplié,
et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.
8 Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ;
à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;
9 je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ;
tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable,
et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.
10 Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ;
je l’ai choisie de préférence à la lumière,
parce que sa clarté ne s’éteint pas.
11 Tous les biens me sont venus avec elle
et, par ses mains, une richesse incalculable.

A propos de ce texte :

La recherche de la Sagesse est propre à toutes les cultures de l’Ancien Orient. Elle a une visée pratique : il s’agit, pour l’homme, de se conduire avec habilité et avec prudence pour réussir dans la vie.
Sous le mot ‘sagesse’, le dictionnaire énumère : prudence, circonspection, bonne conduite dans le cours de la vie. …’Il agit selon sa sagesse ordinaire.’ ‘Il a trop de sagesse pour s’embarquer dans cette affaire.’ ‘Il s’est toujours conduit avec beaucoup de sagesse.’ ‘Il a une grande réputation de sagesse.’ Le mot sagesse signifie aussi, modération, retenue. ‘Il faut beaucoup de sagesse pour ne pas s’emporter en pareille occasion’. ‘Dans ses plus grandes prospérités, il a toujours conservé beaucoup de sagesse.’
La Sagesse c’est aussi les choix que l’on fait sachant qu’on ne peut tout avoir : la première des richesses est de savoir qu’on ne peut tout posséder, c’une prise de distance par rapport à certaines tendances naturelles qui entraînent dans des excès et provoquent toutes sortes de déséquilibres.

Les Juifs, n’envisageant qu’une rétribution possible en cette vie voient, dans la possession des biens terrestres (santé, puissance, fortune), un signe de bénédiction. A ses concitoyens qui pensent de la sorte, le Sage affirme la « priorité » de la Sagesse.
Elle ne provient pas de ce que je peux acquérir par expérience, par éducation. C’est un don de Dieu qui est le Sage par excellence. La Sagesse, don de Dieu, est la juste appréciation des choses, des événements, des personnes et la capacité d’y conformer sa manière d’agir. Salomon l’a obtenue par la prière qui lui permettra de faire des choix justes. Sa sagesse était proverbiale, la reine de Saba était venue dans le but de la constater et elle en fut émerveillée, au delà de ce qu’elle avait pu imaginer. Les écrits bibliques nous révèlent la Sagesse tout au long de chacun des livres et tout spécialement dans le livre de la Sagesse.

L’auteur du livre de Salomon est un anonyme, qui se donne pour nom Salomon, c’est un juif resté fidèle aux traditions des ancêtres alors qu’ils vivent au milieu de civilisations de cultures religieuses toutes différentes. Sa culture religieuse est nourrie de la fréquentation de la traduction grecque de la bible, d’autant plus qu’ « Israël n’a jamais détaché la sagesse de la révélation et il a même pensé que la sagesse de la révélation était le privilège de Dieu et de ceux à qui il la communiquait ». (Signes 96)
Et cependant, il est ouvert au milieu dans lequel il vit, soucieux de partager les valeurs du monde cultivé qui peuvent parfois se trouver en contradiction avec celles que le Seigneur leur a confiés. En posant un regard positif sur les réalités de la vie à la lumière de la Parole et en discernant, le sage réagit aux influences néfastes que connaissent les fidèles à l’Alliance et qui les détournent de la crainte de Dieu, de sa justice et de la paix.
Sachant, que par lui même l’homme ne peut arriver à cette Sagesse toute divine, il sait qu’il serait vain d’aller chercher dans les sagesses humaines ce que la Sagesse divine révèle. N’oubliant pas que le peuple de Dieu a pour mission de proclamer, annoncer aux nations « l’impérissable lumière de la foi » Sag.18,4. Il doit sans cesse s’éclairer de cette sagesse toute divine. Le début du livre de la Sagesse ne fait pas allusion à Dieu, ce n’est qu’à partir du chapitre 11, qu’elle s’efface pour laisser la place à Dieu.
Divo Barsotti écrit dans ‘ Le livre de la Sagesse ‘ : « Salomon est le type du roi parce qu’il est le type du juste et qu’il est le type du sage, de l’homme qui vit avec la Sagesse. Et il vit l’union avec la Sagesse parce que, connaissant sa propre faiblesse et impuissance, il demande la Sagesse à Dieu. Vivant le sentiment de sa propre insuffisance, il s’ouvre à Dieu dans la prière…La Sagesse est le fruit de la prière, elle est donnée dans la mesure seulement où l’homme l’implore : ‘Aussi j’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.’ Si.7,7. « Sans nommer son Dieu, la prière apparaît ici comme la source d’un choix préférentiel qu’il a fait de Lui : les valeurs humaines dont il se voit gratifié laissent pressentir qu’il s’agit là d’un humanisme qui puise son inspiration dans la Foi au Dieu de l’Alliance » A. Ruelle.

« Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse » Si.7,8. Salomon se présente comme un homme ordinaire, mais « la Sagesse donne le pouvoir royal, mais l’homme ne doit pas vouloir la royauté en soi, même si la royauté suit la possession de la Sagesse. Et il ne doit pas demander la richesse, mais avec la Sagesse viendra toute richesse. Avec la Sagesse tous les biens seront donnés. L’homme recevra par la Sagesse toutes choses ; mais ce qu’il ne pourra posséder deviendra pour lui une cause de ruine s’il ne désire pas la Sagesse pour elle -

Plusieurs verbes expriment les étapes qui ont précédé le choix et le discernement :
« j’ai prié…j’ai supplié
« Je l’ai préférée…, j’ai tenu pour rien la richesse…je ne l’ai pas comparée…
« je l’ai aimée…je l’ai choisie de préférence à la lumière…
Trois étapes qui laissent croire que la Sagesse est purement œuvre de l’effort humain. L’auteur exprime clairement, d’une manière balancée, à chaque fois ce qui lui a été donné : en réponse à sa prière, le discernement et la Sagesse ; à son choix préférentiel, la préférence de la Sagesse à toute richesse ; et à son amour, tous les biens lui furent donnés.
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Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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