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28e Dimanche C

28ème Dimanche du T.O. –C-

La 2ème lettre de Paul à Timothée parle du « salut qui est dans le Christ Jésus avec la gloire éternelle. Un chemin fascinant ! Mais ce chemin, il faut le par-courir : « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. »
Si la gloire éternelle est pour plus tard, le 2ème livre des Rois et l’évangile de Luc nous ramènent à une réalité toujours inquiétante, la lèpre !
Selon Internet, plus de 760.000 nouveaux cas de lèpre ont été déclarés en 2002 et 210.000 nouveaux cas en 2010 à travers le monde. Aujourd’hui, on peut en guérir si elle est détectée à temps. Ce n’était pas le cas aux temps bibliques. Exclure les lépreux de la société a été une manière rude de réduire sa propagation.
La Parole de Dieu nous parle donc d’un Général syrien devenu lépreux, et de 10 individus également lépreux.

Au cours de sa carrière, le général syrien a eu l’occasion de se battre en terre d’Israël et il a ramené à la maison une jeune esclave israélite. Un jour, elle lui souffle qu’un prophète de son pays guérit la lèpre.
Dans un cas de détresse absolue, n’importe qui est prêt à faire n’importe quoi pour en sortir. Le Général se rend près du prophète qui ne le reçoit pas. Il lui fait dire de se baigner sept fois dans le Jourdain. Le Général n’apprécie pas ce man-que de civilité et des fleuves, il y en a dans son pays ! En colère, il veut rentrer chez lui. Ses serviteurs arrivent à le convaincre de se conformer aux indications du prophète. Se baigner dans le Jourdain, c’est quand même pas trop difficile ! Et il est guéri.
*
Dans l’évangile de Luc, voici dix lépreux. Parmi eux un indésirable, un Samaritain. Mais dans le récit, Juifs et Samaritains, sont d’abord lépreux. Ils ont en-tendu dire qu’un certain Jésus a un pouvoir de guérison efficace. Ils décident de risquer ensemble la rencontre.
Il est arrivé à Jésus de toucher un lépreux. Il n’a pas été contaminé, c’est le lé-preux qui a été guéri. Ce jour-là, il garde la distance. Il leur dit simplement d’aller se montrer aux prêtres. Tout mais pas cela !
Cela (se montrer aux prêtres), ils l’ont déjà fait pour être exclus. Que peuvent-ils attendre des prêtres sinon la confirmation de leur exclusion ? Leur tête dit non mais leurs cœurs et leurs pieds disent oui. Ils retournent vers les prêtres et, en cours de route, ils sont guéris. Un des lépreux revient dire merci. C’est le Samaritain. Les autres, on ne les a pas revus.

On peut noter, dans ces deux récits,
* La force de la parole : Qui a parlé ? 1). La servante du Général. Elle lui donne une information. 2) Les serviteurs de ce même Général. Ils ont affronté la colère de leur maître pour lui suggérer de faire ce que le prophète a dit. 3) Un prophète qui ne respecte pas les convenances. 4). Jésus, le Serviteur.
Il y a des paroles dans notre vie qui nous blessent. Nous les ruminons pendant des années et il y a des paroles qui nous construisent et nous font du bien. Ces paroles
peuvent être dites par des personnes qui habituellement n’ont pas la parole.

* Le réflexe de la reconnaissance. Le Général païen revient vers le prophète. Il découvre un Dieu qu’il ne connaissait pas et désormais, il ne veut servir que lui.
Un seul des dix lépreux revient vers Jésus, le Samaritain. Les neuf autres guéris n’ont pas jugé utile de revenir dire merci. La reconnaissance ne nous est pas naturelle. Elle s’apprend.

Voici un jeune enfant de 4 ou 5 ans qui a grand faim. Il agace sa maman jusqu’à ce qu’elle lui donne une tartine de beurre. Dès qu’il l’a en main, il la dévore et il a déjà oublié sa maman. Il a ce qu’il voulait et ça suffit. Mais la maman n’en reste pas là. « Qu’est ce qu’on dit ? « Merci » -. « Merci qui ? » - « Merci, ma-man ! » Combien de fois faudra-t-il répéter la leçon ?

*L’essentiel de ces récits se passe sur la route. Les acteurs principaux ne bougent pas. Informé de la visite d’un personnage important, le prophète Elisée ressemble à un médecin qui, par son secrétaire, transmettrait son ordonnance à un malade qu’il n’a pas pris la peine de consulter.
Jésus entrait dans un village. Il ne fait pas un pas vers les lépreux.
La confiance des personnes en détresse est mise à l’épreuve. Se sont-elles dé-placées pour rien ? En fait, le Général a pris la route pour se baigner. Et c’est en marchant que les lépreux ont été guéris. Tous ont reçu plus qu’ils ne deman-daient.
Le Général découvre le Dieu unique : retourné dans son cœur, il retourne vers le prophète et proclame sa foi au Dieu d’Israël. « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que le Dieu d’Israël. » Jésus ne dit pas au Samaritain : « Ta foi t’a guéri. » Il lui dit : « Relève-toi : ta foi t’a sauvé. » Jésus n’est pas seulement un guérisseur mais le Sauveur. Le Samaritain entre dans une relation personnelle avec Jésus.

Pour conclure.
Là où nous en sommes dans notre cheminement de foi, pourrions-nous nous souvenir que l’Eucharistie est d’abord une action de grâce. Nous sommes venus pour remercier. Jésus nous invite à prendre une route difficile qui conduit à une vie avec Lui. « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. »

La foi ne se construit pas seulement avec le cerveau mais avec le cœur et les pieds !
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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