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28e Dimanche B

11 octobre 2009

28ème Dimanche du T.O. - B-

Sag. 7,7-11 Hé. 4,12-13 Mc10, 17-33

« Donne-moi un cœur attentif pour que je sache gouverner ton peuple et discerner le bien du mal. » C’est une parole du roi Salomon.
Un cœur attentif pour gouverner en sachant discerner !
Il y a des paroles qui ont été dites une fois et elles traversent les siècles parce qu’elles sont source de sagesse.

Aujourd’hui, la première lecture est tirée du Livre de la Sagesse, un livre qui a donc été écrit à Alexandrie, en Egypte, quelques dizaines d’année avant J.C. au sein d’une communauté juive implantée depuis trois siècles et affrontée à la cul-ture égyptienne.
Quelques pages de ce livre invitent à réfléchir tous ceux qui ont un pouvoir. Il peuvent être fiers d’avoir hérité d’un trône, de dominer les foules sur de vastes territoires. Un jour, ils auront à rendre des comptes. La Sagesse dit ceci :
« Le petit, lui, est excusable et digne de pitié mais les puissants seront examinés avec vigueur (…) Aux forts, une dure enquête est réservée. » (Sag 6, 6…8)

Pour illustrer son propos, l’auteur évoque la mémoire de Salomon qui vécut quelque 900 ans auparavant. Quand il fut appelé sur le trône, à la mort de son père David, il fut pris d’inquiétude. Il se sentait bien jeune et inexpérimenté.
Ses nuits en étaient troublées. Dans un songe, il entendit le Seigneur lui faire une proposition hasardeuse : « Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai. »

La perspective des facilités que donne la gloire pouvait le tenter mais la res-ponsabilité lui faisait peur. Il répondit : « Donne-moi un cœur attentif pour que je sache gouverner ton peuple et discerner le bien du mal. »

Avoir un cœur attentif pour gouverner en sachant discerner ! Pour les hommes de la Bible, la Sagesse est un art de vivre. Elle concerne tout homme.
Etre sage, c’est prendre le temps de la réflexion. Ce n’est pas toujours se taire ou toujours parler. Ce n’est pas être toujours partout et touche à tout.
Est sage celui qui conduit bien sa vie, qui assume ses responsabilités, qui fait le choix le meilleur ou le moins mauvais dans une circonstance donnée.
Pour un roi, cela équivaut à faire une bonne politique. Que dit le texte d’au-jourd’hui ?

« J’ai prié. J’ai supplié » Le Sage se découvre démuni, en situation de deman-deur. La Sagesse n’est pas héréditaire. Elle n’est pas liée non plus au fait que le pouvoir est donné par le peuple. Les urnes ne sont pas obligatoirement une sour-ce de sagesse. Il faut voter et recevoir le pouvoir avec modestie.

« J’ai préféré la sagesse au trône et au sceptre. » Il faut savoir accepter les res-ponsabilités sans s’accrocher au pouvoir. Quand on défend le droit et la justice, il n’y a pas de honte à ne pas être réélu. Etre déchargé d’une mission peut être u-ne exigence de la Sagesse.
Celui qui reçoit le pouvoir évolue dans les mondanités dorées. Mais il n’échappe pas aux contraintes du protocole.
La fonction doit recevoir de marques de respect. Tant mieux si la personne qui accède au pouvoir est ajustée au respect qui est dû à la fonction Il faut faire honneur à la charge qui est confiée. La sagesse aide à subir les honneurs of-ficiels sans y attacher trop d’importance.

« Tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable et en face d’elle l’argent sera regardé comme de la boue. » L’argent, c’est le sujet de chaque jour. Il y a ceux qui se battent pour en avoir un peu, ceux qui se battent pour augmenter à l’infini leur magot et ceux qui, à la suite de l’homme de l’évangile, sont paralysés par l’épaisseur de leurs biens. Quand viendra-t-il le temps où cha-cun sera satisfait d’avoir seulement ce qui lui est nécessaire.
J’ai retenu cette remarque cueillie au hasard d’une lecture : « Quand toutes les rivières auront été polluées. Quand le dernier poisson aura été mangé, alors on s’apercevra que l’argent ne se mange pas. » Quand tous les coffres forts seront pleins devant une terre que l’argent aura rendu stérile, à quoi servira l’argent ?

« J’ai aimé la Sagesse plus que la santé et que la beauté » Parole étonnante. La santé est sans doute ce à quoi on tient le plus. « Tant qu’on a la santé !! »
En fait, imposer des conditions de travail inhumaines, se laisser aller aux excès de table, de boisson, s’adonner à la drogue pour avoir un peu de gloire dans le sport, tout cela a sa source dans un mépris de l’homme, manifeste un manque de sagesse et détruit la santé.
Une conduite sage n’élimine pas toute maladie mais peut diminuer le risque. Par ailleurs, la maladie ne détruit pas la sagesse. Quand on ne maîtrise plus sa santé on peut encore grandir en sagesse. Des malades nous donnent des leçons de sa-gesse.
Un mot sur la beauté ! Pourquoi toujours confondre ce qui est beau avec ce qui est jeune ? Il est sage celui qui accepte son âge.

Préférer la sagesse à la lumière ! La clarté de la sagesse ne s’éteint pas !
Pourquoi ? Parce que la sagesse est un autre nom de la vérité. Parce que la vérité peut être combattue, ridiculisée. Elle ne meurt pas. Elle finit toujours par surgir de tous les décombres. La Sagesse, c’est Jésus imperméable aux idées évidentes et fausses de son temps. C’est Jésus ressuscité après sa mort sur la croix.

Conclusion. Nous avons tous besoin d’être rassasiés. Rassasiés de quoi ? de pou-voir, d’argent, de confort, de bien être. Quelques mots du Ps. 89 sont inté-ressants.
« Que nos cœurs pénètrent la Sagesse ! Seigneur rassasie-nous de ton amour au matin ! »
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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