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27e Dimanche C

27e Dimanche TO C

Habacuc.1,2-3 ;2, 2-4 2 Timothée 1, 6-8, 13-14 Luc 17, 5-10

Nous sommes au 8ème s. av. J.C., Les Assyriens (Irak du nord), dominent le Moyen-Orient. Ils ont occupé entre autres le royaume d’Israël (capitale Samarie). et se laissent prendre par les charmes de la victoire. Ils ne voient pas qu’au fil des années leurs voisins du sud, les Chaldéens (Irak du sud), développent leur goût de la conquête.
Pendant ce temps-là, la triste situation des Juifs dans le Royaume d’Israël laisse in-différents les gens du royaume de Juda. A Jérusalem, aussi bien au palais que dans la population, on vit dans l’insouciance. On s’enrichit et on s’amuse. Et le temps passe.

Un siècle plus tard, le prophète Habacuc se désole de cette situation qui dure. Il de-mande à Dieu d’intervenir. En vain ! « Combien de temps, vais-je t’appeler ? » Finalement, Dieu intervient et de manière brutale. Il se sert des Chaldéens qui envahissent l’Assyrie et continuent leur route vers l’Egypte. En passant, ils détruisent Jérusalem et déportent une partie de la population. Habacuc ne comprend pas ce qui se passe : « Devant moi, pillage et violence. » Ce n’est pas ce qu’il attendait.
Faire les gros yeux à Dieu n’est pas la bonne méthode. « Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité. »
Qu’on le sache ! Le salut est en marche.

Croire en Dieu quand les justes sont récompensés et les méchants punis,
Croire en Dieu quand l’ordre règne dans la justice et quand le droit est respecté, c’est facile. Mais dans ces situations, qui a besoin de Dieu ?
La fidélité se vérifie et se manifeste dans les moments difficiles, dans les temps où Dieu reste silencieux sans pour autant être absent.
*
Quelques siècles plus tard, Jésus aussi est déroutant. Après la parabole de Lazare et de l’homme riche, Jésus aborde le sujet des relations humaines. Durer dans l’harmonie en famille, dans la communauté, la paroisse, la commune, l’entreprise, telle ou telle association, n’est pas facile. Toujours et partout, il y a et il y aura des occasions de disputes, de chutes, de scandales.
Le support mutuel, la correction fraternelle sont un devoir qui demande du courage, du bon sens, du tact et de la patience. Et il faut accompagner celui qui doit changer de conduite (ou accepter d’être accompagné !). Quand Dieu reste indifférent, quand la prière semble ne servir à rien, l’envie de tout laisser tomber nous envahit et s’impose.
Ces situations sont vécues par les parents, les instituteurs, les professeurs, les éducateurs spécialisés, sans oublier tous ceux qui, dans les prisons, essaient de reconstruire une humanité bien abîmée.

On comprend la réaction des Apôtres : « Augmente en nous la foi. » Croire en quoi ?
A la conversion possible des autres. Cela demande au préalable notre propre conversion, qui commence par un changement de regard sur Dieu et sur soi-même.
Selon la formule habituelle, il ne faut pas dévisager l’autre, autrement dit, le mépriser mais continuer de croire en lui et envisager avec lui une autre vie.
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Jésus nous présente un maître exigeant et méprisant. Après sa journée de travail dans
les champs, son serviteur doit en plus, se rendre propre pour faire la cuisine et s’habiller correctement pour servir son maître qui ne montrera aucune reconnaissance. Qui peut avoir envie de servir un tel maître ?
On raconte que Ste Térèse d’Avila s’est plainte dans sa prière de la manière dont Jésus la traitait. Réponse de Jésus : « C’est ainsi que je traite mes amis ». Réplique de Thérèse d’Avila : « ça ne m’étonne pas que vous en ayez si peu ! »

Ce que nous disons de Jésus, Jésus pouvait le dire de son Père. En l’envoyant sur terre pour sauver l’humanité, il ne lui a pas facilité le travail. Jésus a affronté le mon-de de son temps comme Monsieur Toutlemonde, sans garde du corps, sans privilège.
Jésus devait vivre, sans tricher, la vie humaine et en même temps ne rien perdre de sa divinité. Quelquefois intransigeant et quelquefois très tendre, il est resté fidèle à son Père. Il a été le Serviteur parfait et c’est ainsi que son humanité a été divinisée.
En nous mettant à la suite de Jésus, nous sommes invités à servir là où la vie nous a plantés en étant unis à lui pour devenir pleinement humains.

Nous vivons dans un monde où chacun veut se construire en dominant. Les disciples de Jésus sont invités à se construire en servant.
Dire ce qui doit être dit, faire ce qui doit être fait, accepter les conséquences et de-mander à Dieu de durer dans la fidélité, voilà le programme.
Etre nourris de la Parole et de l’Eucharistie nous éclaire et nous donne la force.

On peut maintenant ruminer quelques réflexions de Paul.
De sa prison, il encourage son disciple Timothée :
« Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné
mais un esprit de force, d’amour et de pondération. »

« N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur. »

« Prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’évangile »

Un poème de l’Eglise dit ceci :
L’humble serviteur a la plus belle place !
Servir Dieu rend l’homme libre comme lui.

« Pour que l’homme soit un fils à son image »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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