Accueil > Prier avec nous > Homelies > 27e Dimanche B

 

27e Dimanche B

« Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux de-viendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux mais une seule chair. Donc ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas ! »
C’est ainsi que Jésus répond aux Pharisiens qui le questionnent sur la stabilité du couple. Cette réplique fait écho aux premières pages du livre de la Genèse qui ne sont pas un reportage mais un récit qui s’enracine dans une situation historique.
Il est banal de dire que les relations entre Dieu et son peuple ont toujours été conflic-tuelles. Les difficultés ont commencé dès la sortie d’Egypte. Au bout du compte, à part Moïse et quelques autres, toute une génération a disparu dans le désert.
Quelques siècles plus tard, les Hébreux sont devenus des Juifs. A la suite d’infidélités tenaces, ils sont déportés de la Samarie vers l’Assyrie (Irak du nord), de la Judée vers la Chaldée (Irak du sud). Beaucoup furent séduits par la religion des vainqueurs. A la fin d’un exil de près de 50 ans, une autre génération avait disparu de l’Histoire.
Au retour, les rescapés de la Chaldée cherchent à repartir sur une base solide. On la trouve dans le livre de la Genèse : pour construire un peuple qui tienne la route, il faut assurer la solidité de l’institution familiale.

Il y a toujours eu des difficultés dans tous les couples. Autrefois, la rupture était vécue comme un échec religieux et social. Tout enfant ayant besoin d’une sécurité affective, la famille reste le lieu où les enfants peuvent le mieux grandir en humanité. Quand je recevais des fiancés, je leur posais la question : « Avez-vous le souvenir d’avoir été témoins de tensions entre vos parents ? » J’ai retenu cette réponse d’une jeune femme : « Oh oui ! Quand je sentais que ça allait venir, je me cachais dans un placard. » Les parents doivent régler leurs problèmes en l’absence des enfants.

Aujourd’hui, la mentalité a changé. On s’accommode de l’échec devenu banal. La rupture est même vue comme un progrès de société. Parfois la fidélité conjugale est devenue comme une étrange anomalie. On arrive à ceci : il y a environ un mois, j’en-tendais à la radio cette affirmation péremptoire : « Il faut en finir avec la famille qui est à la source de toutes nos névroses. »

Quelques observations :
1. Y a-t-il eu des enquêtes pour étudier la relation entre la stabilité familiale et le succès scolaire ? Si oui, les résultats ont-ils été publiés ? Je n’en sais rien. Comment l’instituteur peut-il intéresser des enfants à la règle de trois ou aux règles de la gram-maire quand ils sont angoissés en quittant la maison le matin et se demandent avec quel monsieur ils vont trouver leur maman le soir ?

2. Instinctivement toute entreprise aimerait bien que tous ses salariés soient entière-ment disponibles. Productivité oblige ! A la limite, pour qu’une entreprise fonctionne bien, il ne lui faudrait que des célibataires. Mais il faut quand même des enfants pour assurer l’avenir de la société. Et de fait, il y en a. Si la famille est dépossédée de sa mission d’éducation, d’autres vont s’en occuper. Par exemple :
- le pouvoir avec les objectifs politiques qu’il ne peut pas ne pas se donner. .
- la mafia. Dans les quartiers sensibles, les enfants sont de bons guetteurs qui se trou-vent pris dans une nasse tendue par les trafiquants.
- Les réseaux sociaux. Autrefois, les Sœurs de St Vincent de Paul recueillaient les enfants abandonnés dans la rue. Dans beaucoup de familles aujourd’hui, les enfants ont leur chambre. On les croit en sécurité mais ils sont souvent captivés (rendus captifs) par des réseaux sociaux qui les font rêver de toutes sortes de manières.

3 De toute façon, les enfants restent une préoccupation. Il arrive heureusement que des parents ne pouvant poursuivre leur projet conjugal s’organisent pour assurer un projet parental dans les meilleures conditions possibles.

4. Jésus n’a pas créé l’industrie de la boulangerie. Il a choisi le pain pour qu’il de-vienne le signe de la vie nouvelle qu’il nous offre.
Il n’a pas inventé la famille. Il a choisi l’amour conjugal pour manifester l’alliance qu’il conclut avec son Eglise. L’amour est devenu un sacrement pour les baptisés.

5. Ceux qui façonnent aujourd’hui l’opinion publique selon leur idée ne feraient-ils pas de nous des suiveurs, des esclaves inconscients. Le peuple de Dieu d’aujourd’hui se trouve dans la situation du peuple de Dieu autrefois. Il piétine dans un désert, ou bien il se cherche un avenir au bord des fleuves de Babylone (Ps 136). Ceux qui s’acharnent à lire l’Evangile ne seraient-ils pas les rescapés qui savent que Dieu reste fidèle. Un chemin de vie est ouvert. Ils le cherchent !
Dans la situation actuelle, qu’est-ce qu’on fait ? C’est la question du pape François au synode sur la famille. Comment l’Eglise peut-elle aider la société à sortir des impasses où elle est engagée sans ajouter des blessures aux blessures ?

Peut-être, ces réflexions peuvent donner un contenu à la prière d’ouverture de cette messe :
Dans ton amour inépuisable, Dieu éternel et tout puissant,
tu combles ceux qui t’implorent,
bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs ;
répands sur nous ta miséricorde
en délivrant notre conscience de ce qui l’inquiète
et en donnant plus que nous n’osons demander.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>