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27e Dimanche A Philippiens 4, 6-9

2ième lecture : Philippiens 4/6-9

6 Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute occasion, par la prière et la supplication accompagnées d’action de grâce, faites connaître vos demandes à Dieu.
7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ.
8 Au reste, frères, tout ce qu’il y a de vrai, tout ce qui est noble, juste, pur, digne d’être aimé, d’être honoré, ce qui s’appelle vertu, ce qui mérite l’éloge, tout cela, portez-le à votre actif.
9 Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi, observé en moi, tout cela, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

A propos de cette lecture :

La thèse traditionnelle veut que Paul ait écrit cette lettre aux Philippiens quand il avait les cheveux blancs. Or, la vieillesse est très souvent le moment de la vie où l’on retrouve l’essentiel car l’accessoire se décante.
Paul a connu une vie difficile : il a connu beaucoup de souffrances tant physiques que morales et cependant il écrit : « ne soyez inquiets de rien. » L’on reconnaît ici l’un des messages essentiels du Christ. Il nous faut avec son aide exorciser l’angoisse. Même si l’inquiétude est inscrite dans notre nature, il reste vrai que la foi en Christ ressuscité est une arme efficace contre l’angoisse.

Le Christ est toujours proche de ceux qui le cherchent, de ceux qui l’appellent, de ceux qui le prient. Vivre dans la foi, c’est conserver la sérénité. Autre chose est de subir les événements parce qu’il n’y pas d’autre solution, autre chose de les assumer dans la liberté de l’amour vécu. Ne pas se faire de souci n’est pas une invitation à l’insouciance, c’est, en ne sombrant pas dans la hantise du lendemain, une invitation à se libérer des soucis qui risquent d’entraver la liberté du disciple.

Cette exhortation trouve son illustration dans la parabole des oiseaux du ciel et de lys des champs. (Mt 6,25-34). Une telle sérénité est le fruit de l’abandon à la providence qui va bien au-delà de nos prévisions.

R. Guelluy disait : « Le choix fondamental auquel chaque chrétien est invité est celui-ci : vouloir nous réaliser par nous-mêmes et arriver à être contents de nous, ou faire confiance à Dieu en étant contents de lui quelles que soient nos limites. Faire confiance envers et contre tout à l’affection divine, et notamment dans nos épreuves et nos fautes, c’est faire dans le présent, œuvre d’éternité. C’est cheminer dans la paix vers la définitive rencontre ».

La foi dans le Seigneur qui vient est une arme efficace contre l’angoisse et, à celle-ci, Paul en ajoute une seconde : la prière. Il ne fait pas de distinction : tous les genres de prière y passent : supplication et action de grâce, en toute circonstance.
Il précise : « n’oubliez pas l’action de grâce », n’oubliez pas de dire merci, c’est ainsi que vous verrez mieux ce que Dieu vous donne. A force d’oublier de dire merci on oublie ce qu’on a reçu.
C’est la prière qui apportera une paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer en renouvelant notre attachement au Christ et en nous faisant mieux saisir que les épreuves sont à vivre à la lumière de celles du Christ.

Paul nous invite à un optimisme sans illusions puisque fondé sur la certitude de l’espérance chrétienne qui ne peut pas tromper ceux qui sont dans le Christ.
Elle ne peut pas nous tromper car elle est fondée sur le don de l’Esprit Saint qui nous constitue enfants adoptifs du Père et cohéritiers du Christ.
Dès ici bas nous participons à sa vie, prélude de la récompense éternelle dont l’Esprit Saint nous en donne les arrhes. Le Christ vient en nous sans cesse, en attendant le jour où il nous prendra avec lui. Cette perspective confère à l’espérance chrétienne une fermeté inébranlable. Elle apporte à celui qui sait comprendre une joie qui persiste même au milieu des épreuves. Le Seigneur nous a promis que personne ne pourra nous la ravir.

« Par la prière, faites connaître vos demandes ». En d’autres termes, « vous avez des soucis, partagez-les avec Dieu ! ». Il faut oser empoigner cette promesse du Christ : « Je serai avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin ». Si Paul ajoute que la supplication doit être accompagnée d’action de grâce : il ne faut pas oublier de dire merci, il va encore plus loin, il demande de « porter à notre actif tout ce qui est juste, noble, digne d’être aimé ». Toutes ces vertus païennes, il faut les pratiquer. Il nous est demandé de collaborer, sans arrière-pensée et sans illusions à tout ce qui est vrai.

Le Christ nous a confié la Vigne. L’important est de porter le fruit que Dieu attend de chacun et de son Peuple.

P.S . Suggestion : en lien avec les deux autres lectures lire Romains 11/1-6

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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