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275 4e Dimanche de Pâques- Actes 13, 14.43-52

Actes 13:13 . 43-52

13 Paul et ses compagnons embarquèrent à Paphos et gagnèrent Pergé en Pamphylie. Et Jean se sépara d’eux pour retourner à Jérusalem.
43 Quand l’assemblée se fut dispersée, un bon nombre de Juifs et de prosélytes adorateurs accompagnèrent Paul et Barnabas qui, dans leurs entretiens avec eux, les engageaient à rester attachés à la grâce de Dieu. 44 Le sabbat venu, presque toute la ville s’était rassemblée pour écouter la parole du Seigneur. 45 À la vue de cette foule, les Juifs furent pris de fureur, et c’était des injures qu’ils opposaient aux paroles de Paul. 46 Paul et Barnabas eurent alors la hardiesse de déclarer : « C’est à vous d’abord que devait être adressée la parole de Dieu ! Puisque vous la repoussez et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, alors nous nous tournons vers les païens. 47 Car tel est bien l’ordre que nous tenons du Seigneur : Je t’ai établi lumière des nations, pour que tu apportes le salut aux extrémités de la terre. » 48 À ces mots, les païens, tout joyeux, glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui se trouvaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. 49 La parole du Seigneur gagnait toute la contrée. 50 Mais les Juifs jetèrent l’agitation parmi les femmes de haut rang qui adoraient Dieu ainsi que parmi les notables de la ville ; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas et les chassèrent de leur territoire. 51 Ceux-ci, ayant secoué contre eux la poussière de leurs pieds, gagnèrent Iconium ; 52 quant aux disciples, ils restaient remplis de joie et d’Esprit Saint.

Actes 13, 14. 43�52 ( dans Paroles sur le chemin -Feu Nouveau pp 100-102)

Tout le livre des Actes cherche à nous faire revivre l’histoire des premières communautés chrétiennes, l’expansion progressive de la mission, depuis Jérusalem, centre du judaïsme (Ac 2) jusqu’à Rome, cœur du monde païen (Ac 28).
C’est cela même le plan du second livre de Luc. Mais c’est aussi la thèse qu’il déroule lentement pour justifier, au terme de ce livre, l’appel des païens dans l’Eglise.
En cela, son oeuvre est d’un bout à l’autre révélatrice d’une question fondamentale que se posèrent longtemps les jeunes Eglises : devaient�elles ou non admettre les païens, ouvrir la promesse de salut réservée à Israël, à ceux de la gentilité ?
La question était importante et Luc n’allait pouvoir y répondre qu’en dégageant le sens même des événements dans lesquels l’Eglise allait être plongée : refus réitéré d’une part d’un certain nombre de membres du peuple juif ; accueil d’autre part que bon nombre de païens réservaient à l’annonce de Jésus Christ. Voilà ce qui permit à l’Eglise de découvrir, étape par étape, la dimension universelle de sa mission. Le passage des Actes que nous lisons aujourd’hui va nous jeter au plein cœur de ce débat.
Partis d’Antioche (de Syrie), Paul et Barnabé entament une tournée de prospection apostolique au large des côtes de Syrie et de Cilicie, passent par l’île de Chypre, patrie de Barnabé (13, 4) avant de remonter, par Pergé, jusqu’à Antioche de Pisidie (13, 14). Nous sommes aux environs de 46 et c’est le premier voyage missionnaire de Paul.
Dans cette ville, comme dans bien d’autres du haut plateau d’Asie mineure, existe une communauté juive importante. Paul, qui n’a renié ni ses origines juives, ni sa formation de docteur de la Loi reçue auprès de Gamaliel, y pénètre avec son compagnon pour participer à l’office du sabbat. Aux termes des lectures, il est d’ailleurs invité par les responsables juifs à prendre la parole. Ce qu’il n’hésite pas à faire (13, 16�41), profitant de l’occasion non seulement pour annoncer les mystères du salut aux Juifs de naissance mais aussi aux < craignant�Dieu » c’est�à�dire à ces païens acceptant certaines observances religieuses juives. On reconnaît là la plus ancienne méthode d’évangélisation chrétienne : aborder le monde des païens par le biais d’un enseignement synagogal. La prédication de Paul eut son effet. On en redemandait et le sabbat suivant, toute la ville s’assembla pour entendre à nouveau la parole de Dieu... Les effets allaient cependant être différents (13, 49s)...

La première prédication de Paul à Antioche connut un tel retentissement que, le sabbat suivant, presque toute la ville s’assembla (v. 44). On pourrait penser que Luc exagère. Certes, il a tendance à généraliser mais il est important de savoir que ce trait et d’autres que nous trouverons dans cette chronique extrêmement vivante, sont là pour fixer des < attitudes > face à l’annonce de la parole de Dieu. Luc a hâte de les signaler globalement, venant de rapporter le premier discours de Paul et désirant ainsi, sans plus attendre, justifier et décrire les missions de l’Apôtre auprès des Gentils.
Devant ce succès de masse, les Juifs furent remplis de rage et répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul (v. 45). Ces notes ne sont pas nouvelles. Déjà Jésus, entamant son ministère public, avait rencontré la fureur de ses coreligionnaires, à Nazareth (Le 4, 28). L’apôtre n’est pas au dessus de son maître, voilà ce que Luc cherche avant tout à relever (voir encore Ac 5, 17 ; 17, 5). Quant aux blasphèmes, ils sont plus que des injures personnelles ; ils touchent à la réalité même de Dieu.
Le motif de la hardiesse (parrèsia) (v. 46) est typique chez Luc pour caractériser l’une des vertus fondamentales de tout apôtre et de Paul en particulier (9, 27. 28�29 ; 13, 46 ; 14, 3 ; 19, 8 ; 26, 26 ; 28, 31) : c’est le courage de tout dire, d’annoncer en son entier le message, quels que soient les obstacles et les difficultés que puisse rencontrer le porteur du témoignage 33.
Ce courage de tout dire conduit Paul à réaffirmer que la parole de Dieu, l’annonce de la Bonne Nouvelle, allait de droit aux Juifs. Par priorité et en vertu de l’élection d’Israël, ils étaient bénéficiaires de la promesse. Maintenant que cette fin de non�recevoir les juge face à la vie qui leur était offerte, Paul et l’Eglise n’ont plus à hésiter. Ils peuvent résolument se tourner vers les païens qui, eux, attendent cette révélation de la vie en Jésus Christ (remarquer le parallélisme des expressions : v. 46 et 48).
Les paroles de Paul sont très semblables à celles qu’on retrouvera dans sa bouche au terme du livre des Actes (28, 26s). De part et d’autre, elles sont appuyées par une citation scripturaire (Ac 13, 47 : Is 49, 6 ; Ac 28, 26�27 Is 6, 9�10) empruntée dans les deux cas au prophète Isaïe. Cela prouve à suffisance l’importance que Luc (et les jeunes Eglises) accordait à cette question de l’orientation missionnaire. Remarquons cependant bien que cette option n’est pas dictée par des goûts personnels, mais par des situations de fait ; qu’elle n’est légitimée finalement ni par le seul refus des uns, ni par la seule attente des autres mais, fondamentalement, par l’urgence qu’il y a à porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre (13, 47 ; Is 49, 6).
La finale (v. 48�52) a les allures d’un sommaire. On y observera une série de notations caractéristiques de toute annonce de Jésus Christ
Joie et action de grâce chez ceux qui reçoivent la Bonne Nouvelle et le don de la foi, gage de la vie éternelle (13, 48 à comparer à 4, 21 ; 8, 8.39 ; 11, 18 ; 15, 3 ; 16, 34).
Joie du disciple (13, 52), conséquence de la présence et de l’action de l’Esprit Saint en lui. Joie qui demeure malgré les épreuves et les persécutions inhérentes à tout apostolat et dont le témoin est l’objet à l’égal de son maître (cfr 13, 50 qui établit à nouveau le parallèle avec Jésus : on chassa du territoire Paul et Barnabé à la suite de cette première prédication comme on chassa Jésus hors de la ville après son discours inaugural à Nazareth : Le 4, 29).
Contagion que déclenche toute authentique annonce de Jésus Christ, la parole de Dieu étant par elle�même efficace et génératrice de vie (13, 49 à rapprocher de 2, 41 ; 6, 7 ; 12, 24 ; 19, 20).
Dans l’optique générale des lectures de ce jour, il serait bon de reprendre conscience des dimensions universelles du salut en Jésus Christ. C’est lentement que les jeunes Eglises chrétiennes l’ont réalisé en dégageant le sens des événements qu’elles vivaient.
Dieu veut que cette Bonne Nouvelle soit proclamée à toute chair. Dans quelle mesure la mission confiée aujourd’hui aux chrétiens (prêtres et laïcs) en tient�elle compte ? Comment, sur le terrain concret qui est le leur, cette exigence se réalise�t�elle ? A quels obstacles se heurte-t-elle ? Dans la communauté chrétienne elle�même ou en dehors d’elle ?

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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