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26e Dimanche C

26ème dimanche du T.O. –C-

Au plus profond de lui-même, chacun de nous a un désir d’indépendance. Nous exi-geons une certaine liberté de mouvement et de décision pour conduire notre vie à notre idée. Mais ce désir est grignoté par la peur d’être exclu. Chacun se sent plus ou moins contrôlé par le regard des autres et alors la tentation nous guette de vouloir devenir conforme, de s’aligner.
Quelquefois, nous nous écrasons pour faire plaisir et quelquefois nous nous écrasons pour ne pas se faire remarquer. Nous devenons banals et la banalité nous entraîne par-fois vers des excentricités. Cela s’observe dans les cours d’école et dans le monde des adultes.
Si ce regard sur notre société est pertinent, que peut-on tirer de la lettre de Paul à Timothée ?
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Quand on envoie une lettre à quelqu’un, c’est pour établir une relation aussi claire que possible. Avec Paul, on est bien servi : Il commence sa 1ère lettre à Timothée ainsi : « Moi, Paul, qui suis apôtre du Christ Jésus, » et nous lisons aujourd’hui un passage de sa conclusion qui commence ainsi : « Toi, l’homme de Dieu. »

« Moi, Paul ! Toi, l’homme de Dieu. » Qui donc est Timothée ? Il est né dans une fa-mille bourgeoise à Lystres (Turquie actuelle). Il est situé au carrefour de trois traditions. Son père est païen, sa mère est chrétienne mais d’origine juive. Lui, il est de santé dé-licate. D’allure plutôt timide et réservée, il est un négociateur efficace ; il a un bon ju-gement.
Jeune, il est devenu un collaborateur de Paul, un collaborateur estimé. Il a été envoyé dans plusieurs communautés chrétiennes pour observer ce qui se passe et finalement Paul lui a confié l’Eglise d’Ephèse (Turquie).

Timothée a été formé par Paul mais il n’est pas sa copie. Paul et Timothée sont deux personnalités différentes, au service du même Dieu.
« Toi, l’homme de Dieu ». C’est à cet homme, qui doit assumer la complexité de ses racines, son tempérament, ses fragilités et développer ses capacités, que Paul écrit.

Ce que Paul demande à Timothée, il le demande à tout chrétien mais encore plus à ceux qui sont appelés à exercer des responsabilités. On peut retenir quelques expressions : « Cherche à être juste et religieux ; vis dans la foi et l’amour, la per-sévérance et la douceur ».
Le monde dans lequel a vécu Timothée avait sûrement quelques ressemblances avec le nôtre. A travers les siècles, le choix des chrétiens est simple : ou bien ils font com-me tout le monde, ou bien ils s’opposent à ce qui est contraire à l’évangile, sans for-cément se faire provocant.
D’une manière ou d’une autre, ce qu’on appelle « le monde » est toujours hostile aux chrétiens. Ici, cette hostilité est ouverte et brutale, ailleurs elle est souterraine. Au-jourd’hui, dans notre pays, on dirait volontiers aux chrétiens : « Devenez invisibles et nous vous respecterons. »
Le lieu de ce combat est toujours le choix entre deux routes. En deux mots, l’une va vers l’enfer et l’autre vers le paradis. L’enfer, c’est la haine de Dieu, la haine de soi et la haine des autres. Que ceux qui sont intéressés lèvent le doigt ! Ils peuvent encore changer d’avis et prendre l’autre route, celle qui conduit à un épanouissement person-nel en Dieu.
« Continue à bien te battre pour la foi et tu obtiendras la vie éternelle ; c’est à elle que tu as été appelé. » Pour atteindre ce but, il faut être juste et religieux dans un monde conduit par l’astuce et l’argent. Il faut s’aligner sur Jésus, serviteur, dans un monde qui méprise pour dominer. Il faut résister à la tentation de la violence.

Ce qui est demandé aux chrétiens, c’est d’être cohérents. Que leur vie soit accordée à leur foi ! Cela suppose que chacun puisse dire sa foi.
Il y a des années de cela, une jeune fille me racontait qu’elle était allée à Rome avec sa jeune sœur. Les voilà sur la place St Pierre devant la basilique. Et sa jeune sœur lui demande brusquement : « Au fond, ta foi, c’est quoi ? » L’aînée me dit avoir été dés-tabilisée par la question et elle ajouta : « Finalement, j’ai récité le « Je crois en Dieu. »
Les décisions que nous prenons disent quelque chose de notre foi mais arrive un mo-ment ou la foi doit être dite et il faut des mots pour la dire. L’Eglise nous les donne dans le Credo. Ces mots, il faut les habiter. Autrement dit, il faut une cohérence entre ce que nous faisons et ce que nous disons.

« Toi, l’homme de Dieu. » St Paul nous invite aujourd’hui à exister avec toutes les joies et les épreuves qui ont marqué notre vie. Il faut exister quel que soit notre âge, notre situation familiale, célibataire ou marié, grand-père ou grand’mère, veuf ou veuve, malade ou bien portant.
Paul nous invite à exister aussi bien devant les hommes que devant Dieu.

Cette recherche est personnelle mais elle ne fait pas du chrétien un vagabond spiri-tuel. En même temps qu’il dit sa foi au sein d’une communauté, cette communauté nourrit sa foi. L’eucharistie du dimanche est un moment privilégié.
Nous y recevons la lumière par la parole de Dieu. Cette parole de Dieu, nous sommes invités à la ruminer, à l’introduire dans toutes les situations que nous sommes appelés à vivre.
Dans l’eucharistie, nous recevons le Corps du Christ, mort et ressuscité. Au fil du temps, il nous donne la force pour rester ou redevenir « irréprochables et droits. »

Sans se lasser, que le Seigneur nous accorde sa grâce ! (Prière d’ouverture)

. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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