Accueil > Prier avec nous > Commentaires 1ére lecture > 25e Dimanche B Sagesse 2, 12. 17-20

 

25e Dimanche B Sagesse 2, 12. 17-20

Sagesse 2, 12. 17-20

12 Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie,
il s’oppose à nos entreprises,
il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu,
et nous accuse de manquer à nos traditions.
13 Il prétend posséder la connaissance de Dieu,
et se nomme lui-même enfant du Seigneur.
14 Il est un démenti pour nos idées,
sa seule présence nous pèse ;
15 car il mène une vie en dehors du commun,
sa conduite est étrange.
16 Il nous tient pour des gens douteux,
se détourne de nos chemins comme de la boue.
Il proclame heureux le sort final des justes
et se vante d’avoir Dieu pour père.
17 Voyons si ses paroles sont vraies,
regardons comment il en sortira.
18 Si ce juste est fils de Dieu,
Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires.
19 Soumettons-le à des outrages et à des tourments ;
nous saurons ce que vaut sa douceur,
nous éprouverons sa patience.
20 Condamnons-le à une mort infâme,
puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui, »

à propos de cette lecture :

On pourrait regretter l’introduction du texte liturgique de ce dimanche, car elle évoque « ceux qui méditent le mal », se référant à 1.16, ‘aux impies’ des fils d’Israël. « Les impies sont avant tout des renégats qui après avoir trahi leur foi, persécutent leurs frères et renient Dieu... Les impies sont « la part » de la mort comme Israël est « la part de Yahvé », comme Yahvé est la part du fidèle ». Osty.
Les impies dont il est question dans cette lecture sont sans doute des croyants juifs qui, en exil, loin de leur milieu cultuel et culturel, se sont mis à vivre comme tout le monde et ont abandonné leurs pratiques ancestrales, leur foi. L’éclat de la culture ambiante les ayant séduits dans en esprit d’arrivisme, ils en viennent à trahir leurs frères en même temps que leur foi
La bible de Jérusalem écrit à propos de ce passage : « La religion, la loi faisaient des juifs un groupe séparé, un étranger dans le monde oriental, unifié et hellénisé depuis la conquête d’Alexandre. L’assimilation qui donnait les avantages humains de la civilisation nouvelle, ne pouvait se faire qu’en brisant les cadres qui assuraient la fidélité de la foi...C’est le mouvement des juifs philhellènes ».
Dans ce cadre et ces conditions, quelle peut être la foi de ces juifs face aux justes ? C’est la question qu’on peut se poser ! Pour ceux qui vivent « comme tout le monde », disant « elle est courte notre vie... jouissons donc des biens de la création »(v.1, 6), la vie des justes qui ne désirent vivre qu’une vie calme, ne peut que provoquer et déranger. Pour ces impies, le juste, le croyant resté fidèle, devient un gêneur parce qu’il ne s’est pas laissé manipuler. « En quoi le juste est-il devenu un gêneur ? Tout d’abord parce qu’il s’élève contre notre conduite et qu’il nous reproche nos manquements à la loi et nous accuse de trahir notre éducation » Gilbert dans Ass du Sgr 56

Duesberg écrit dans ‘Les scribes inspirés’ : « ces lignes ont été écrites au fond du ghetto, par un juif frémissant, un soir d’émeute, où la rue hostile avait couru sus aux enfants d’Israël... ». Il semble que l’auteur se trouve dans une situation de persécution, comme on peut en imaginer aujourd’hui, dans les pays qui connaissent des violences et dans lesquelles sont mêlées des questions religieuses et provoquent des situations de persécution ( par ex :Égypte et Syrie).
Éclairés sur ceux qui « méditent le mal », nous évoquerions aujourd’hui ceux qui prétendent être dans la vérité.

Le juste s’en étant pris aux impies et les ayant accusés, c’est de bonne guerre, qu’à leur tour ils attaquent et accusent le juste.
2, 12-20. « La connaissance de Dieu dont se targue le Juif est une injure pour ces gentils qui le considèrent si volontiers comme venu d’une race d’athées ». Duesberg. Ne tolérant pas l’attitude du juste, qui accuse leurs pratiques perverses, ils vont mettre sa fidélité à Dieu à l’épreuve et surtout celle de Dieu vis à vis de son peuple : « voyons si ses dires sont vrais… expérimentons ce qu’il en sera de sa fin » v. 17, comme si l’œuvre de Dieu allait modifier leurs comportements. Les apparences leurs donnant raison, Dieu ne les empêchera pas de conduire leur projet à son terme, jusqu’à la mort du juste ! Le juste semble, de fait abandonné de Dieu, et en conséquence leur donner raison.

On ne peut guère contourner l’interprétation courante de la tradition chrétienne qui a vu dans ce passage une préfiguration du complot ourdi contre le « fils de Dieu », le Christ. Chaque verset semble faire écho à l’attitude des ennemis de Jésus face à sa Parole qui les met en question.
Il leur a reproché, en effet, d’être infidèles à la Loi et à la Tradition ; aussi ont-ils projeté de lui faire subir outrage et torture, et de le faire périr. Les propos de Jésus sont une condamnation des responsables religieux. Le scandale de la croix du Christ a été précédé du rejet par les autorités religieuses, prêtres, anciens, scribes : « il a compté sur Dieu, que Dieu le délivre ». Mt 27,43.

Ce passage de Sagesse est la préfiguration du conflit contre Jésus, regardé comme un gêneur dont le comportement dérange : « il est devenu un reproche vivant et son genre de vie est tellement différent, autre ».
Nous avons bien ici une annonce prophétique des souffrances du Christ,

Les moqueries sous la croix ressemblent aux paroles que les blasphémateurs profèrent dans notre texte. Si le juste est vraiment fils de Dieu, celui-ci viendra à son secours. Nous voulons le mettre à l’épreuve et voir si une intervention divine aura lieu en sa faveur. Si Dieu intervient dans le mal que nous commettons pour le supprimer à coups de baguette magique, les adversaires de Jésus ont raison de demander un miracle pour reconnaître en lui le Fils de Dieu. Mais le Mystère de la croix contredit leurs railleries. Elle est un mystère d’amour et de confiance en lesquels, Jésus puise endurance et sérénité pour traverser la violence qui lui est faite.

Il aura fallu attendre le Christ, et son mystère de mort-résurrection, pour connaître l’issue que Dieu réserve à son Fils et à tous ceux qui lui sont restés fidèles face aux outrages des « impies ».

Le chrétien d’aujourd’hui est toujours au carrefour des deux mondes : appelé à être fidèle à Jésus-Christ sans ignorer le monde dans lequel Dieu l’a placé et où il vit.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>