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24e Dimanche C

15 septembre 2013
24ème dimanche du T.O. -C-

De la lettre à Timothée, je retiens quelques expressions :
« Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ, notre Seigneur. »
Chaque fois que des parents donnent quelque chose à leur enfant, dès le plus jeune â-ge, ils attendent une réponse. Et comme elle ne vient pas, les parents insistent : « Qu’est-ce qu’on dit ? »-« Merci ! »-« Merci qui ? »-« Merci papa, merci maman ». Dire merci ne nous est pas naturel.

Paul dit sa reconnaissance envers Jésus Christ. Dans notre relation à Dieu, quelle est la place de la demande et quelle est la place de la reconnaissance ?
On dit quelquefois que la messe du dimanche devient ennuyeuse à partir de la Prière Eucharistique or, c’est justement pendant cette prière que nous disons notre recon-naissance envers Dieu, par Jésus Christ.
L’Eucharistie est d’abord une action de grâce. Quand nous venons à la messe le di-manche, de quoi sommes-nous reconnaissants envers Dieu ?

Nous aimerions que Dieu trouve une solution à nos problèmes. Paul n’est pas recon-naissant à Jésus Christ d’avoir supprimé ses difficultés ; il lui est reconnaissant de lui donner la force de les affronter.
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Qu’a donc fait Jésus pour provoquer la reconnaissance de Paul ?
« Le Seigneur m’a fait confiance en me chargeant du ministère, moi qui autrefois ne savait que blasphémer, persécuter, insulter. »
Ou bien on fait confiance à quelqu’un à cause de… son expérience, de sa compé-tence.
Ou bien on fait confiance malgré …un passé équivoque.
Dans n’importe quelle organisation humaine, avant de confier une responsabilité à quelqu’un on regarde son passé, ses diplômes et, au besoin, son casier judiciaire.
On dirait que Dieu ne connaît pas les dossiers. Il confie des responsabilités à des gens humainement douteux : Moïse a tué un Egyptien, David (le saint roi David !) a fait tuer le mari de sa maitresse.
Jésus ne fait guère mieux. Il choisit Pierre qui l’a renié et Paul qui s’est démené pour étouffer l’Eglise naissante.
En fait, Dieu connaît le passé de chacun et, s’il cherche quelqu’un de bien, il ne trou-vera personne. Il n’a que des rebelles à sa disposition. Cela fait penser à un chef d’ar-mée qui n’aurait à envoyer au combat que des soldats éclopés : malades, infirmes, blessés ou traîtres. Il doit faire avec.

Dieu pourrait alors choisir des gens qui, à ses yeux, ont fait moins de bêtises. Mais en choisissant Paul, un rebelle de haute pointure, il montre la force de sa miséricorde. Il ne regarde pas son passé qui est chargé, il lui ouvre une route vers l’avenir.
Est-ce que Paul méritait cette faveur de Dieu ? Pas du tout ! S’il y avait quelqu’un dont Jésus aurait pu dire : « Celui-là, je ne peux pas le sentir. Ce qu’il fait est im-pardonnable », c’est bien à Paul qu’on aurait pu penser.
Il a été renversé sur le chemin de Damas. Ayant retrouvé ses esprits, on peut imaginer que Jésus aurait pu lui dire : « Maintenant, tu rentres à la maison et tu restes tran-quille ! » Mais Paul a été renversé, si on peut dire, une deuxième fois. Il est recon-naissant envers Jésus parce que Jésus lui a fait confiance.

Faire confiance est une démarche gratuite. C’est donner à quelqu’un une responsabi-lité pour lui permettre de se construire ou de se reconstruire, de se mettre au service d’une cause. Avoir la confiance de quelqu’un donne de la force et développe le sen-timent de responsabilité.
Pour construire une personnalité, il faut donner des responsabilités. Il y a des réussi-tes et des échecs. Dieu avait des raisons de ne pas faire confiance à Paul.
Il ne lui a pas fait confiance à cause de …mais malgré.

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« Le Christ m’a pardonné : ce que je faisais c’était par ignorance car je n’avais pas la foi. » Paul, un ignorant ! C’était quand même un homme cultivé, intelligent, enga-gé mais il n’était pas sur la même longueur d’onde que Jésus. Il prenait ses décisions avec comme repère la logique de la Loi juive. La foi en Jésus ressuscité l’introduit dans une autre logique. Il ne devient ni moins intelligent, ni moins raisonnable.
La foi éclaire la raison sans la supprimer.
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_ « Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; et je devais être le pre-mier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. »

Si le Christ donne son pardon à Paul, ce n’est pas pour qu’il puisse recommencer les mêmes fautes. Il a été à la tête de ceux qui voulaient détruire l’Eglise. Il a découvert que Jésus n’est pas venu pour condamner mais pour sauver. Il a découvert qu’il était pécheur et pardonné. Il se veut désormais à la tête de ceux qui témoignent de la puissance de la miséricorde de Jésus. Il se sent obligé de dire ce bonheur qu’il a reçu. Cette réflexion de Paul interroge notre manière de vivre le sacrement de pénitence.
On connaît bien Jésus quand on a fait l’expérience de son pardon.

« Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange. » Ps 50

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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