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24e Dimanche B - Isaïe 50, 4-9a

3e poème du serviteur du Seigneur

Isaïe 50,4-9a

4 Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
5 Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
6 J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
7 Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.
8 Il est proche, Celui qui me justifie.
Quelqu’un veut-il plaider contre moi ?
Comparaissons ensemble !
Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ?
Qu’il s’avance vers moi !
9 Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ;
qui donc me condamnera ?
Les voici tous qui s’usent comme un vêtement,
la teigne les dévorera !

Le livre d’Isaïe présente quatre chants d’un Serviteur, parfait serviteur du Seigneur « rassembleur de son peuple et lumière des nations, qui prêche la vraie foi, qui expie par sa mort les péchés du peuple et est glorifié par Dieu » Bible de Jérusalem.
Israël n’ayant pas répondu au Seigneur a été rejeté. En exil à Babylone il crie au Seigneur sa plainte. Les exilés crient vers le Seigneur et le prophète ne peut se soustraire à cette plainte et la reçoit comme une Parole de Dieu à déchiffrer, à mettre en rapport avec l’histoire du peuple et à exécuter.

La liturgie de ce dimanche, retient pour la première lecture, un des trois poèmes du Serviteur du Seigneur, en Isaïe, appliqué dans le Nouveau Testament à la personne de Jésus. Ce Serviteur est investi d’une tâche, d’une mission spirituelle pour le peuple de Dieu et les nations. Il rencontre non seulement l’opposition mais l’hostilité croissante de poème en poème. « Le serviteur silencieux du première poème, épuisé et humilié du second, est maintenant un serviteur maltraité » Cazelles.

Isaïe lui donne la parole pour se présenter lui-même comme serviteur maltraité à qui le Seigneur donnera sa force pour qu’il réalise la mission confiée auprès de ses frères. Il ne pourra la réaliser qu’avec Lui.

Selon la TOB le chapitre 50 d’Isaïe contient deux procès : le premier 50,1-3 a lien entre Dieu est les israélites incrédules à qui Dieu répond que l’origine de leurs malheurs vient de leur péché, leur incrédulité. Mais que Dieu va les libérer. Il invite le peuple à ne pas douter : « ma main serait-elle trop courte ? »
.
Ensuite le second procès introduit, au verset 4, ce qui se passe entre le prophète et les israélites récalcitrants. Le prophète retrace les différentes étapes de son existence : accueil de la parole …
Le poème est divisé en quatre parties, chacune introduite par : « le Seigneur mon Dieu » v.4, 5, 7. 9. Elles explicitent et précisent que c’est bien le Seigneur qui est la source, et l’origine de la vocation prophétique et que le prophète y puise sa force.
Regardons la personnalité du Serviteur, son attitude est totalement à l’opposé d’Adam « le soupçonneux qui suspecte les intentions de Dieu et qui croit avoir tout compris en écoutant la petite voix qui lui susurre que Dieu est jaloux de sa créature » MN Thabut.

Tout au contraire d’Adam qui s’est égaré dans son écoute, préférant l’interprétation du serpent , il est disciple : au v 4 : « il éveille chaque matin, il éveille mon oreille,.. le Seigneur m’a donné un langage de disciple pour soutenir l’épuisé »

Comment le Seigneur prépare-il son Serviteur à sa mission ? Pour proclamer la Parole du Seigneur, il reçoit de Lui « la langue des disciples ». Le langage des disciples trouve sa vigueur dans l’Ecoute du Seigneur. C’est le Seigneur qui est à l’origine, prend l’initiative et qui, non seulement invite à l’écoute mais plus encore ouvre l’oreille et rend disponible à celle-ci.

« L’action du Seigneur à l’égard du serviteur est donc décrite comme une éducation
v. 4-5. Or l’éducation n’est pas seulement d’ordre intellectuel ni encore d’ordre affectif mais d’ordre pratique, vital » Maggiore –Ass du Sgr 19
La mission du prophète est tout simplement de soutenir les épuisés, de réconforter ceux qui n’en peuvent plus et ne perçoivent plus Dieu dans leur vie.
On comprend en quoi l’Ecoute de Dieu est importante pour remplir la _ mission : l’écoute doit capter la lumière pour ceux qui ne la perçoivent pas clairement.
La Parole de Dieu éveille notre oreille et devient lumière sur notre route.
Le Seigneur éveille notre sensibilité, « m’ouvre l’oreille » : faut-il y voir un procédé pédagogique de Dieu ? Il nous éveille en vue de nous rendre pleinement attentifs, pour que nous soyons pleinement à son Ecoute. Tel est le souhait du Seigneur.

v.5 : rester à l’écoute du Seigneur telle est l’attitude du Serviteur qui suppose et nécessite l’attention soutenue d’un cœur attentif, ouvert aux messages du Seigneur quels qu’ils soient, doux ou amers et à la différence d’Israël qui longtemps fut rebelle et refusa d’obéir au Seigneur.

v.6 : Vient alors une énumération d’outrages qui vont crescendo, en face desquels le Serviteur reste patient, quasiment impassible. « Arracher la barbe était une injure d’autant plus grave que, pour un oriental, la barbe était un signe de virilité » Osty
Qui sont ceux qui affligent coups et blessures au Serviteur ? « Il est plus simple de penser à Israël lui-même, incapable d’accepter la mission que lui assigne la prédication du prophète ». Maggioni. On ne peut que s’étonner de l’extrême patience et douceur opposées par le Serviteur, à l’extrême violence de ses bourreaux. Ne peut-on voir ici l’image de Dieu dans ses relations face à l’homme : il ne se dérobe pas quoique fasse l’homme.

v.7 : Le Serviteur a la certitude de la présence du Seigneur qui ne saurait l’abandonner. C’est, dans la confiance que le Seigneur lui manifeste, que le Serviteur va trouver son assurance, sa force. « Cette assurance du Serviteur achèverait de nous convaincre que sa souffrance est celle d’un juste et non d’un coupable : la persécution qu’il endure ne trouve pas son explication dans une faute, ni simplement dans une situation politique. Il s’agit d’une persécution liée à sa vocation prophétique et missionnaire, à sa fidélité totale à Dieu » Maggioni
Le Seigneur assistera son Serviteur même si, en attendant, il doit s’accrocher et « rendre mon visage comme le silex » pour supporter l’épreuve.
Au cœur de sa souffrance il garde une foi inébranlable. C’est, parce qu’il a supporté ces outrages et injures, qu’il peut à son tour réconforter celui qui n’en peut plus. En restant chaque matin à l’écoute de la Parole : « la parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille ». C’est dans cette attention quotidienne que le Serviteur trouvera une force toujours nouvelle et retrouvera l’amitié de son Dieu pour remplir sa mission.

C’est parce que le prophète s’est laissé faire et ne s’est pas rebellé qu’on constate que la Parole du Seigneur a porté fruit et qu’il est prêt à endurer toutes les conséquences de sa mission de serviteur souffrant car qu’il a la conviction que le Seigneur ne l’abandonnera jamais.

Y-a-t-il un lien avec l’évangile de ce jour où Jésus révèle qui il est et que les apôtres soupçonnent « légèrement » le vrai sens de la parole de Pierre : « tu es le Christ. »
« L’originalité la plus remarquable se trouve dans la manière dont le Serviteur en méditant les Ecritures, a su interpréter et mettre en rapport avec l’histoire du salut la destinée du prophète persécuté. Le Christ fera de même en se référant justement à ces textes, au moment de vivre sa propre destinée de Messie rejeté » Maggioni dans Assemblée du Seigneur n°19.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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