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24e Dimanche B


24ème dimanche du T.O. –B-

I
En 587 av J.C., les habitants de Jérusalem ont donc été emmenés en exil en Chaldée (Irak du sud) par Nabuchodonosor. Dans le peuple, c’est la consternation.
Évidemment, il y a un responsable. Évidemment, c’est Dieu ! On le lui fait savoir. Evidemment, Dieu refuse l’accusation. Il n’est pour rien dans la catastrophe : le refus du peuple de tenir compte de ses avertissements est la cause de son malheur : « A mon appel pourquoi nul n’a-t-il répondu ? » (50,2) Lui, Dieu, n’a rien perdu de sa puissance. Elle s’exerce en douceur. Il change les cœurs.
Si la plupart des exilés s’enfoncent dans l’amertume, certains essayent de comprendre et acceptent une remise en cause. L’un d’eux, un disciple du prophète Isaïe, se fait leur porte-parole. C’est le texte d’aujourd’hui : « Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté. » Autrement dit, ce qui est arrivé est justice.

Mais Dieu n’en reste pas là. Il invite les exilés à exister au cœur de leur épreuve. Est humilié, celui qui accepte de se sentir humilié. « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours : c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages. »
Dieu reste fidèle. « Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense, qui donc me condamnera ? » Les exilés qui se remettent en cause prennent l’épreuve comme un temps de purification. Elle a un sens, une signification, une direction.
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Au temps de Jésus, ce sont les Romains qui occupent la Palestine. Le peuple de Dieu est comme en exil sur sa propre terre. Si on peut dire que Jésus est venu parmi les hommes pour partager leur exil et leur souffrance, on ne peut pas dire qu’il a été perçu comme un exilé malheureux.
Nous avons spontanément dans le cœur une image positive de lui : un homme proche des petites gens et qui leur veut du bien, un homme en qui on peut avoir confiance et donc qui va arranger nos affaires et nous rendre la vie agréable ou au moins supportable. Le texte de Marc, déconstruit cette image et nous laisse perplexes. Par quelle i-mage la remplacer ? Qui donc est Jésus ?

Sur une route de Galilée, Jésus pose la question à ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Les réponses fusent spontanément et dans toutes les directions : Jean Baptiste, Élie, tel ou tel prophète… « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Silence dans les rangs !
Chacun reçoit en pleine figure la question qu’il ne s’était pas posée. Pour répondre, il faut des mots. Lequel conviendrait le mieux ? De bavards, les disciples sont devenus muets. Acceptons la question.
Quel est le mot qui, pour nous, serait le plus juste ? Nous avons le choix dans le catéchisme : Fils de Dieu, Sauveur, Rédempteur, Christ, Fils de Marie…
Quel est le mot qui serait le plus adapté pour dire l’état de notre relation avec Jésus, aujourd’hui. Avons-nous une idée sur la réponse. ? Oserions-nous la dire ?
Et si on a trouvé le mot, la question n’est pas épuisée. Jésus n’est pas seulement ce que le mot qui me convient exprime. Jésus ne se réduit à aucune de nos définitions.

Devant le silence des disciples, Pierre prend la parole : « Tu es le Christ ». Il a visé juste ! Le mot christ veut dire oint, du verbe oindre. Jésus est celui qui a reçu l’onction de Dieu, ce qui veut dire qu’il a une relation privilégiée avec Dieu et donc une mission particulière et donc une protection particulière.
Dans le texte de Marc, Jésus ne commente pas, ne nie pas, ne confirme pas la parole de Pierre. Il enregistre et donne une consigne. « Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. »
Parce que ce qu’on attend de Jésus est toujours ambigu, il faut, du moins pour l’instant, ne pas lancer des mots qui conduisent à des impasses.
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Pierre a donc dit « Tu es le Christ. » Oui, Jésus a une relation privilégiée avec Dieu. Or à côté du mot « Christ » il colle le mot « Fils de l’homme », un mot qui rappelle son origine humaine et donc sa fragilité, sa vulnérabilité.
Et il annonce qu’il va souffrir. Il sera rejeté par ceux qui représentent l’autorité de Dieu sur terre. Sa mort sera violente. Et il ressuscitera ! Mais que veut dire ce mot ! ?

Tout est remis en question. Comment un homme qui a une relation particulière avec Dieu peut-il envisager une mort violente ? Pierre ne peut supporter un tel langage et Jésus ne peut supporter le langage de Pierre : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. »

« Pour vous qui suis-je ? » Jésus a reçu une éducation juive. Joseph et Marie ont fait le nécessaire pour lui inculquer les obligations de la foi juive. Il a retenu et rejeté. Il a accepté et rectifié. Comme tous les jeunes à l’adolescence, il a filtré. La fidélité de Jésus à son Père reste la première exigence. Cela l’a conduit à la croix.
Qui est Jésus ? Il n’y a qu’un chemin pour le savoir : se mettre à sa suite. Par quel chemin notre fidélité à Jésus nous a-t-elle et va-t-elle nous faire passer ? Notre route n’est pas finie !

L’image que nous avons de Jésus a été construite à partir de l’éducation reçue en fa-mille, au catéchisme. Elle est corrigée, purifiée, précisée, enrichie par les aléas de notre vie. La recherche pour mieux connaître Jésus a des points communs avec la recherche scientifique. Chaque découverte apporte de nouvelles satisfactions et de nouvelles questions. Le désir de mieux connaître Jésus n’a pas de limite. Psaume 114
Il a gardé mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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