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23e Dimanche C - Sagesse 9, 13-18

1ère lecture     Sagesse 9, 13-18

9
1 « Dieu de mes pères et Seigneur de miséricorde,
par ta parole tu fis l’univers,
2 Tu formas l’homme par ta Sagesse
pour qu’il soit maître de tes créatures,
3 qu’il gouverne le monde avec justice et sainteté,
qu’il rende, avec droiture, ses jugements.
4 Donne-moi la Sagesse, assise auprès de toi ;
ne me retranche pas du nombre de tes enfants :
5 je suis ton serviteur, le fils de ta servante, +
un homme frêle et qui dure peu,
trop faible pour comprendre les préceptes et les lois.
6 Le plus accompli des enfants des hommes,
s’il lui manque la Sagesse que tu donnes,
sera compté pour rien.
7 Tu m’as choisi pour régner sur ton peuple,
pour gouverner tes fils et tes filles ;
8 tu m’as ordonné de bâtir un temple sur ta montagne sainte,
un autel dans la ville où tu demeures,
imitation de la demeure sainte que tu fondas dès l’origine.
9 Or la Sagesse est avec toi, elle qui sait tes œuvres ;
elle était là quand tu fis l’univers ;
elle connaît ce qui plaît à tes yeux,
ce qui est conforme à tes décrets.
10 Des cieux très saints, daigne l’envoyer,
fais-la descendre du trône de ta gloire.
Qu’elle travaille à mes côtés
et m’apprenne ce qui te plaît.
11 Car elle sait tout, comprend tout,
guidera mes actes avec prudence,
me gardera par sa gloire.
12 Alors mes œuvres te seront agréables,
je jugerai ton peuple avec justice,
et serai digne du trône de mon père.
13 Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ?
Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?
14 Les réflexions des mortels sont incertaines,
et nos pensées, instables ;
15 car un corps périssable appesantit notre âme,
et cette enveloppe d’argile
alourdit notre esprit aux mille pensées.
16 Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre,
et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ;
ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ?
17 Et qui aurait connu ta volonté,
si tu n’avais pas donné la Sagesse
et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ?
18 C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre
sont devenus droits ;
c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît
et, par la Sagesse, ont été sauvés. »

A propos de cette lecture :

Le découpage liturgique qui isole les v. 13-18 de leur contexte immédiat , les coupe de la dynamique d’intercession qui les traverse et empêche de voir qu’il s’agit d’une prière pour obtenir la Sagesse ce qui risquerait de le réduire à une méditation moralisante. Aussi une lecture des premiers versets du chapitre donne une meilleure compréhension. Il s’agit d’abord d’une prière typiquement biblique en son point de départ. Elle s’inspire directement de la prière de Salomon, telle que nous la découvrons dans I Rois 3 /4 -14 et II Chroniques 1/8-10. Salomon inspiré par Dieu n’a rien demandé d’autre que la Sagesse : « 1, 8 Salomon répondit à Dieu : « Tu as traité David, mon père, avec une grande fidélité, et tu m’as fait roi à sa place. 9 À présent, Seigneur Dieu, la parole que tu as adressée à David mon père se vérifie, car c’est toi qui m’as fait roi sur un peuple aussi nombreux que la poussière de la terre. 10 Maintenant, Seigneur, donne-moi sagesse et connaissance, pour que je sache comment me comporter à la tête de ce peuple. Qui, en effet, peut gouverner ce grand peuple qui est le tien ? »

« Un juif d’Alexandrie, vers 50 av. J-C., montre aux croyants fascinés par la philosophie(« amour de la sagesse ») et la culture grecque que la révélation de Dieu à Israël est la Sagesse suprême. Il vient de prier pour demander cette Sagesse (9, 1-12). Faibles et limités, les hommes sont incapables de connaître le Dieu transcendant ; lui seul peut se révéler. » Cah. Evangiles 100 p 59.
Ce juif d’Alexandrie, qui s’identifie au roi Salomon (7, 17-21) par sa « sagesse encyclopédique avoue avoir fait le tour de toutes les sciences de son temps, guidé par la Sagesse de Dieu. A travers ses recherches dans la structure du monde et l’activité des éléments, il a découvert avant tout un Dieu présent au monde et aux hommes. La Sagesse est cette présence agissante de Dieu.

_ C’est la prière d’un sage de l’AT, quelques décennies avant Jésus, qui demande comment faire le bon choix, comment discerner la volonté du Seigneur et la mettre en pratique.
« C’est une des prières les plus précieuses de la Bible, enrichie de toute la tradition sapientielle et de l’expérience spirituelle du judaïsme alexandrin. Située exactement au centre du livre, la prière de Sg 9, annoncée en Sg 7-8, en forme aussi la charnière. Au début, elle parle de la création et du projet créateur de Dieu comme en Sg 1-6, et, en finale, elle évoque le salut accordé qui sera le sujet de Sg 10-19.
Nous sommes d’emblée devant l’homme face au mystère de Dieu, ses volontés et ses intentions : « qui peut comprendre ? ». L’homme se retrouve tout petit, impuissant.

Les versets 1-3 évoquent un mémorial qui est une louange à Dieu, créateur de l’univers, façonneur de l’être humain qu’il a conçu pour l’associer à son œuvre. Assortie de reconnaissance à celui qui est la source de tout don, une intercession en découle (v. 4 et 10). Les demandes ne cessent de faire rejaillir l’action de grâce du priant.
Cahiers Evangiles écrit : « Dans cette prière, l’auteur identifie clairement la Sagesse au logos créateur (9,1-2) mais aussi à l’Esprit Saint de Dieu qui redresse les sentiers des humains, les instruit de ce qui plaît à Dieu et les sauve (9,17-18). L’action de la Sagesse en l’homme semble être une œuvre de régénération morale de l’homme.

Dans les versets qui suivent, une prière d’intercession « donne-moi », est assortie d’une reconnaissance envers Celui qui est à l’origine de l’homme et ce qu’il est cad « ton serviteur ».
Tu m’as choisi…tu m’as ordonné de bâtir un temple. C’est la Sagesse de Dieu, qui est à l’origine, qu’il demande.

« Salomon implore humblement le Dieu des Pères (v.4). Elle lui permettra d’accomplir sa vocation d’homme (Gn 1/28) et de roi (I R 3/6) en accord avec la volonté du Seigneur de miséricorde. Les versets 7-12 renvoient à la mission spécifique de Salomon, roi, juge et constructeur du Temple. La demande du v.10 concerne le discernement pour connaître ce qui est agréable au Seigneur et ainsi assumer la royauté telle qu’elle est écrite dans Sg 1/1-15 et 6/1-21.

Les v. 13-18 reviennent sur la faiblesse humaine (…) Ainsi est affirmée l’impossibilité pour l’homme de connaître la volonté de Dieu sans le don de la Sagesse et de l’Esprit, considéré ici comme source de renouvellement et de vie intérieure dans la ligne d’Ez. 36/26-29 ».
V13 : Les limites humaines - on retrouve ici l’influence de la culture grecque où le corps est le tombeau de l’âme car il alourdit notre marche, empêche de rejoindre la volonté de Dieu. Sans cette Sagesse, l’homme qui veut comprendre ne le peut. Il sent trop ses faiblesses et les difficultés à se libérer des limites imposées par son corps. Il insiste sur la distance entre Dieu et l’homme qui justifierait l’impossibilité pour l’homme d’entrer dans le projet de Dieu.
Dieu seul possède la Sagesse et lui seul peut suppléer et nous la donner puisqu’elle est à l’origine de tout : v 1-2 « par ta parole tu fis l’univers ... Tu formas l’homme par ta Sagesse »
Déjà au verset Salomon demande la Sagesse : « donne moi la Sagesse qui est près de toi, elle qui sait tes œuvres »Il reconnaît que la Sagesse est au cœur du monde et au départ, au début de la création (v9).
_ On peut mettre en relation les versets 2 « par ta Sagesse tu as créé l’homme » et le v 18 « par ta Sagesse les hommes furent sauvés ». Les deux pôles de l’histoire du salut, c’est la Sagesse à l’œuvre déjà bien avant la venue du Christ. La Sagesse participe à la création et à la rédemption.
C’est cette Sagesse qui a créé l’univers que Salomon demande « qu’elle travaille à mes côtés » v 10c., Salomon ne demande ni « sagesse et intelligence » mais il demande au Seigneur SA SAGESSE. Il ne peut la recevoir que gratuitement.
« L’homme doit prier pour recevoir la Sagesse ; il le doit faire personnellement : Salomon prie pour lui. Car la Sagesse est pour lui d’une nécessité absolue : ne pas être exaucé c’est être rejeté du nombre des enfants de Dieu ».
Cette Sagesse n’est rien d’autre que l’Esprit Saint, qui nous fait connaître la volonté de Dieu.

Dalmazio dans Ass. du Sgr. 54 p.56 écrit : « A notre avis il faut lire les versets de la première lecture dans le contexte de tout le chap. 9 du livre de la Sagesse. Ils apparaissent alors comme une magnifique prière par laquelle on demande à Dieu la grâce et le don de la Sagesse avec la conviction profonde de pouvoir les obtenir puisque l’auteur sacré en a été gratifié au terme de ses instantes demandes…Le chrétien doit également demander cette même Sagesse en faveur de ceux qui ont la responsabilité de l’ordre temporel…. »

Même si le sage a l’audace de croire en une affection divine, même s’il fait confiance sans s’appuyer sur ses propres titres, sa prière de demande concerne avant tout le souci qu’il a de se conduire avec prudence et habilité en vue de réussir sa vie. Il faudra Jésus Christ pour nous révéler que la sagesse du croyant ne se réduit pas à une philosophie mais qu’elle est don de Dieu, présence de Dieu dans une vie où tout peut être bousculé par elle. Les prophètes, et plus tard Jésus, s’élèveront contre la fausse sagesse. Ils repousseront la tentation d’un prétendu humanisme qui se suffit à lui-même. Selon Jésus, la vraie sagesse se trouve dans le courage de faire face à ses responsabilités au cœur des contradictions qui jalonnent l’existence.
Depuis plusieurs semaines, le Christ dans les évangiles insiste sur les exigences pour le suivre une suite qui ne peut se faire sans un choix radical, mais alors comment ? Cette prière est la nôtre aujourd’hui nous y aidera : "envoie ton Esprit St".

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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