Accueil > Prier avec nous > Homelies > 23e Dimanche C

 

23e Dimanche C

23ème Dimanche du T.O. –C-

Au lendemain de chaque manifestation importante, les médias évaluent la foule. La foule, c’est n’importe qui au milieu de tout le monde. Les gens se côtoient sans se connaître. Ils sont là pour partager le recueillement, l’enthousiasme ou la colère.
Il est arrivé à Jésus d’affronter la foule. Un jour, elle est sur la plage, au bord du lac de Tibériade et lui, il lui parle, assis dans une barque. Un autre jour, quand la nuit vient, il la nourrit pour ne pas qu’elle tombe en défaillance en rentrant à la maison.
Dans le récit d’aujourd’hui, « de grandes foules faisaient route avec Jésus. » La phrase est au pluriel. On imagine beaucoup de monde en mouvement. On peut y trouver côte à côte ceux qui, sans trop se l’avouer, espèrent voir un miracle, (un de plus !), ceux qui sont prêts à accueillir sa Parole et ceux qui guettent dans son discours le mot qui permettra de contester son enseignement et donc sa compétence.

Jésus cherche le contact avec les gens. Mais ce jour-là, on le sent agacé. Trop, c’est trop ! Il ne veut pas à sa suite des rêveurs. Il faut que chacun sache ce que « marcher à sa suite » veut dire. Une sélection est inévitable. Jésus n’exclut personne. C’est à chacun de décider.
*
Dans notre société, il y a beaucoup de monde pour trouver une place quelque part dans la vie active. Arrive toujours le moment où il faut passer des examens ou subir des tests pour vérifier l’aptitude des candidats à répondre aux exigences de l’emploi qu’il postule.

Il est vrai que Jésus cherche des disciples, mais honnêtement, chacun doit clarifier ses motivations. « Jésus se retourna. » Il ne veut pas enfermer les suiveurs dans des situations qu’ils ne pourront supporter.

Quel est le critère pour devenir disciple ? « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » Devant une telle exigence, on peut se gratter le menton ! Et il faut ajouter que le verbe préférer dé-plait aux spécialistes. A leur avis, il ne s’agit pas de préférer, il faut haïr. Ce mot qui fait peur souligne la radicalité du choix entre Jésus et les membres de la fa-mille.

Pour éclairer la situation, on peut rappeler l’ambigüité du verbe aimer dans notre langage courant. Un père de famille aime ses enfants et il aime aussi le chocolat. On aime parfois les choses et les gens pour le plaisir qu’ils nous donnent. Si le choix s’impose, entre haïr ses enfants et le chocolat que va faire le père de fa-mille ?

Jésus veut l’épanouissement complet de la personne qu’il aime et pour cela il est capable de se sacrifier jusqu’à donner sa vie.
Celui qui aime à la manière de Jésus veut le bonheur de ceux qui l’entourent dans le banal quotidien. En fait, tous ceux avec qui nous vivons ont tout à gagner quand nous apprenons auprès de Jésus à aimer en vérité et de manière absolue.
Aimer à la manière de Jésus donne à notre amour un mélange où se combinent harmonieusement la solidité, la durée et la prudence, autrement dit la Sagesse.

Avant de s’engager à la suite de Jésus, il faut entendre les deux petites histoires qu’il raconte à la foule qui avance avec lui sur la route. Avant de s’engager dans une aventure risquée, il est bon de s’asseoir.

La sagesse populaire dit qu’il ne faut pas courir plusieurs lièvres à la fois. S’il y a des gens qui n’ont le goût de rien, il y en a d’autres qui s’engagent dans plusieurs projets. Les appétits de l’homme sont multiples. Il faut établir des priorités.

L’Evangile nous invite aujourd’hui à mettre des mots sur l’objectif qui habite le fond de notre cœur. Voulons-nous réussir dans la vie ou réussir notre vie ? Parmi toutes les choses qui nous paraissent importantes ou simplement séduisantes quelle est celle qui est vraiment le socle indiscutable de notre vie ?

On entend parfois cette question : « Si un jour, vous devez partir seul sur une île déserte quel est le livre que vous choisirez d’emporter ? »
Les actualités nous ont présenté cet été des familles obligées de quitter leur maison pour cause d’incendie de forêts ou de tremblements de terre. Tous les jours, des familles choisissent la route de l’exil pour éviter une mort certaine. Il faut quitter la maison. Si un jour nous nous trouvons dans cette situation, qu’allons nous emporter ?

Ce choix qui nous interpelle était déjà celui des communautés juives installées en Egypte et séduites par la culture de leur pays d’accueil.
Entre une société qui offre des satisfactions immédiates et un Dieu qui nous emmène sur des chemins que nous ne connaissons pas, le choix est difficile.
« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? »
Notre choix dit la mesure de notre foi.

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœur pénètrent la sagesse. »
Ps 89

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>