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238 17e Dimanche B -II Rois 4/42-44

1ère lecture : II Rois 4/42-44

42 Un homme vint de Baal-Shalisha et, prenant sur la récolte nouvelle , il apporta à Élisée, l’homme de Dieu, vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac.
Élisée dit alors :
« Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent. »
43 Son serviteur répondit :
« Comment donner cela à cent personnes ? »
Élisée reprit :
« Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent, car ainsi parle le Seigneur : On mangera, et il en restera. »
44 Alors, il le leur donna, ils mangèrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur

A propos de cette 1ère lecture :

Avec Elie et Elisée, nous abordons une période nouvelle de l’histoire biblique, située aux environs de 800 avant J.C. par les exégètes, dont les récits semblent avoir été mis par écrit 50 ans après les faits. Elie et Elisée ont ceci de particulier, c’est que leur parole n’a pas été mise par écrit comme pour d’autres prophètes. Mais leur action fut tellement marquante en Israël (et parfois spectaculaire) qu’elle a laissé des traces profondes dans la mémoire du peuple. Ce sont ces souvenirs fabuleux qui ont été mis par écrit, embellis sans doute mais chargés d’enseignements.

Deux mots sur Elisée, successeur d’Elie. Elisée, son nom signifie « Dieu a sauvé », est fils d’un riche propriétaire terrien. Sa vocation s’accomplit en deux étapes. Un jour, tandis qu’il labourait, Elisée se voit appelé par Elie qui, passant, jette son manteau sur lui. Se sentant appelé par ce geste, Elisée abandonne ses bœufs, sacrifice son attelage en le brûlant et, laisse tout pour suivre le prophète, et se faire son serviteur. 1R. 19,19
Au moment de l’enlèvement d’Elie, Elisée lui avait lui demandé : « puissé-je avoir double part de ton esprit ». Et après qu’un char de feu et des chevaux de feu les eurent séparés l’un et l’autre, Elisée ramassa le manteau d’Elie qui était tombé sur lui ; il avait reçu les pouvoirs d’Elie. 2 R 2,9.

Si Elisée n’a pas écrit cependant les Ecritures rapportent nombre de miracles : le premier se produit lorsqu’il frappe les eaux avec le manteau d’Elie : les eaux « se divisent de part et d’autre et Elisée passa. Les frères prophètes le reconnurent alors : « l’esprit d’Elie s’est reposé sur Elisée.2 R 2,14.

_1 R. 4, 42-44. Le texte se situe de suite après le récit d’un bouillon immangeable qu’Elisée purifie en lui enlevant toute nocivité en ajoutant de la farine qui le rend comestible. A ce propos, Bressan dans Assemblée du Seigneur n°48, note que la seule difficulté du texte réside dans deux mots hébreux du v 42 traduit par la bible de Jérusalem par « du grain frais en épi ». Il s’agirait d’une plante, une céréale à épis mais encore verte.

Cet épisode de la multiplication des pains ne mentionne ni l’endroit, ni le nom de l’offrant, ni celui de l’homme de Dieu mais sans doute, selon le contexte, s’agit-il d’Elisée.
En tout cas, il s’agit d’une offrande de prémices et la pointe du récit est bien dans la disproportion entre les vingt pains et la foule qui a été non seulement est rassasiée mais la quantité fut telle qu’il en reste : « ils mangèrent et il en resta ».
Si l’homme de Dieu est l’intermédiaire c’est la « parole de Yahvé » parole créatrice par excellence, qui annule la disproportion : les vingt pains suffisent.
Alors que la Parole de Yahvé est déterminante, la réticence de l’offrant est explicite, elle souligne sa conscience de la disproportion entre la capacité de l’offrande et la foule à nourrir. L’insistance sur l’invitation à donner aux gens, à se dépouiller de son offrande, souligne l’exigence du don et l’abandon qu’il exige.
D. Dufrasne fait remarquer le parallèle avec l’évangile de ce jour : le récit est caractérisé par trois traits essentiels qu’on retrouve dans le récit :
*L e miracle est un signe de la maîtrise que Dieu confie à l’homme sur création.
*Ce sont les pauvres qui sont bénéficiaires du pain multiplié.
*La surabondance des restes.

Que nous dit le récit de ce dimanche ? « On mangera, et il y aura des restes ». Il s’agit avec évidence, d’une préfiguration de la multiplication de pains opérée par Jésus et racontée ce même jour dans l’évangile de Jean. Plusieurs détails, dans les deux récits, sont comparables : le « trop peu » apporté pour nourrir la foule ; l’ordre de donner à manger, le repas, et la présence de « restes » à la fin de celui-ci (« selon la Parole du Seigneur » chez Elisée). L’importance du miracle dans le Livre des Rois est relative : il y a davantage de nourriture apportée par un homme ; le nombre des personnes est moins élevé ; le miracle s’opère sur base d’un oracle de Dieu et non par un acte de puissance. Que l’Evangile fasse signe ainsi vers les pains offerts par Elisée ne signifie-t-il pas que Jésus –comme en d’autres circonstances aussi d’ailleurs – n’agit pas par fantaisie mais par obéissance à la Parole déjà à l’œuvre dans le Premier Testament ? La dernière parole du Christ en Croix est significative : « Tout est accompli » (de l’Ecriture).

L’œuvre commencée par Dieu dans le Premier Testament grâce aux Prophètes, sera conduite à son plein achèvement et accomplie par son Fils dans la Nouvelle Alliance. Le pouvoir du Fils est le fruit de son obéissance au Père.
Ce récit dit la disponibilité de la foi d’Elisée à la Parole de Dieu. Dieu invite le prophète à relever un défi, en dépit des moyens dérisoires dont il dispose : quelques pains d’orge, le pain des pauvres ! Aussi pouvons-nous dire que lorsque Dieu agit, il le fait avec une prodigalité extraordinaire avec le concours et la foi de son prophète.
« Contre l’avis de son serviteur, Elisée maintient sa décision. La sollicitude de Dieu lui a donné raison ». MN Thabut
Dans sa foi le prophète sait que tout va se passer selon la Parole du Seigneur.

Nous nous sentons souvent démunis devant les faims de toutes sortes et l’immensité de certaines détresses qui nous interpellent. Même si parfois le découragement nous guette, il nous est demandé de répondre aux appels qui nous sont faits, à la mesure de nos moyens.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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