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22e Dimanche C

22 août 2010

21ème dimanche du T O C
Isaïe 66, 18-21 Hé 12, 5-7 Luc 13, 22-30

Par la parole des prophètes, Dieu s’est continuellement adressé à un peuple pré-cis qui ne devra pas avoir d’autre Dieu que lui. Cette originalité a été dure à vi-vre. Bien souvent, les idoles des pays étrangers, parfois victorieuses, ont été préférées au Dieu unique qui refusait toute représentation, image ou statue.

Nous lisons aujourd’hui les dernières ligne d’un livre écrit par un lointain dis-ciple d’Isaïe. En 538 av. J.C., le roi de Perse, Cyrus, a autorisé toutes les popula-tions de tout pays déplacées par Nabuchodonosor à regagner leur terre.
Des Juifs restent sur place. D’autres prennent la route pour découvrir une terre qu’ils connaissent par entendre dire. Naturellement, ils rêvent de vivre comme on leur a dit que les choses se passaient avant ! Et là, ils se font illusion. Le peuple de Dieu va devoir franchir une nouvelle étape. Toute idée de reconquête guerrière est désormais hors sujet. Sa relation à Dieu devra être plus spirituelle.

Vaille que vaille, les Juifs reconstruisent le temple. Mais le culte aussi ne sera plus comme celui d’avant et le prophète émet quelques doutes. « Le ciel est mon trône et la terre l’escabeau de mes pieds. Quelle est donc la maison que vous bâtiriez pour moi ? » (66, 1)
En plus, les juifs ne vont tout de même pas prétendre enrichir Dieu en lui offrant tous leur animaux. Ils sont déjà à lui. C’est le cœur humilié que Dieu regarde, celui qui a l’esprit abattu. (66,2)

Le peuple est donc revenu d’exil. Lui aussi, Dieu, est revenu avec des projets stupéfiants : « Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. Ils viendront et ils verront ma gloire : je mettrai un signe au milieu d’eux »

Après une telle entrée en matière, on peut s’attendre à la mise en place d’un plan d’action vigoureux, soutenu par des moyens appropriés C’est tout faux !
« J’enverrai des rescapés de mon peuple vers les nations les plus éloignées. »
Autrement dit, c’est une armée d’éclopés que Dieu va envoyer vers les nations !
*
Après chaque catastrophe, les médias nous parlent des rescapés quand il y en a :
…une cellule psychologique a été mise en place,… des installations de secours ont été montées sur les lieux du drame….
Les médias passent à autre chose mais les survivants mettront du temps à se re-construire. Ils ont besoin de repos. Ils disent qu’ils vivront désormais avec, dans la tête, la violence de quelques images.
Or ce sont des rescapés qui seront le signe envoyé par le Seigneur vers les na-tions les plus éloignées. Rescapés de quoi ? De la colère de Dieu ! Ces rescapés de la colère ont découvert qu’une certaine manière de vivre éloigne de Dieu et conduit à la déchéance, à la catastrophe. Ils découvrent qu’ils sont pécheurs.
Or, il n’y a que Dieu qui puisse rendre possible le retour à Dieu, et ce retour à Dieu dépend uniquement de son pardon donné sans aucun mérite leur part. Ils étaient hors d’état de négocier quoi que ce soit en échange d’un pardon.
En face de la colère de Dieu ils n’ont à présenter que l’aveu de leurs fautes, leur cœur humilié, leur esprit abattu.

Autrement dit, c’est ce pardon reçu qui ouvre un avenir nouveau. Les rescapés sont chargés de l’annoncer à tous les juifs dispersés à travers le monde. Le Dieu unique est un Dieu qui pardonne quand on reconnaît ses fautes.
Ils savent de quoi ils parlent. Ils sont les mieux placés pour parler à leurs frères dispersés dans le monde. « Ils annonceront ma gloire parmi les nations ? »
Résultat : le plan du Seigneur sera réalisé : « Je viens rassembler les hommes de toutes les nations et de toute langue. Ils viendront et ils verront ma gloire. »
*
Notre monde est loin de Dieu. C’est avec les rescapés d’aujourd’hui que Dieu va faire connaître sa gloire au monde d’aujourd’hui.
Question ! Qui a une expérience du pardon reçu, de l’amitié de Dieu retrouvée qui donne du tonus à la vie ?
Question mal venue ! Pourquoi parler de pardon puisque nous n’avons rien à nous reprocher ? Nous n’avons rien à nous reprocher puisque, dans le quotidien de la vie, nous faisons comme tout le monde.
L’air que nous respirons est pollué pour tout le monde mais nous nous en ac-commodons. L’individualisme rend difficile toute vie sociale et chacun se dé-fend comme il peut. Nous, comme les autres ! Comment pourrions-nous an-noncer aux autres le pardon de Dieu si nous ne savons pas de quoi il s’agit ?

Si les chrétiens font tout comme tout le monde, ils sont anonymes dans la masse, impossibles à repérer. Dieu ne dispose plus de signe pour se faire connaître.
*
L’évangile parle d’une porte étroite. Elle sera toujours trop étroite pour ceux qui veulent passer avec toutes leurs valises remplies de choses sans valeur.
Ceux qui se sont débarrassés de tous les accessoires inutiles la passent sans au-cune difficulté.

Pour faire le tri entre ce qui est encombrant et ce qu’il faut garder, il faut se lais-ser patiemment éduquer par l’évangile. Le sacrement de pénitence est un des lieux de cette éducation. On vient le recevoir avec une parole d’évangile qui nous a interpellés. Dans sa lettre pastorale, notre évêque dit : « On ne vient pas au sacrement de pénitence pour se mettre en règle mais pour se mettre en route. »

Jérémie (15, 19) disait : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est méprisable tu seras comme ma propre bouche. »
Débarrassés de toute mauvaise graisse spirituelle, revenus à des repères qui ne dépendent pas des fluctuations idéologiques, les chrétiens deviendront signes. Ils ne passeront pas inaperçus. Ils feront envie.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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