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22e Dimanche A -Romains 12, 1-2

Romains 12:1-2

1 Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre.
2 Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.

A propos de cette lecture.

Ces deux versets résument ce que doit être la vie du chrétien, du moine en particulier : une vie offerte à Dieu en sacrifice spirituel et une transformation intérieure qui permet à l’authentique disciple du Christ de discerner ce qui plait à Dieu et l’accomplir. Voilà la vie chrétienne définie et comment la réaliser concrètement.

Dès le début Paul en appelle à la miséricorde de Dieu, qu’il vient d’exalter au chapitre 11, car l’amour de Dieu sera toujours le modèle auquel l’homme devra se référer. Il ne se borne pas à un « il faut que ça change », mais il se réfère au nom de la miséricorde de Dieu, au nom des entrailles de Dieu. C’est la miséricorde de Dieu qui est le fondement de son exhortation. Elle résume tout ce qu’il a dit à propos de l’élection, de la justification, de la grâce et de la vie donnée par le Christ. La miséricorde de Dieu ouvre les yeux sur l’œuvre de salut de Jésus-Christ, le point culminant de l’histoire. Il faut se souvenir de ces dons de Dieu avant de parler de la vie concrète du croyant ! Le « don » devient une tâche à accomplir, car il faut concrètement réaliser le don reçu. : le don ne sera pleinement reçu que dans la mesure où on l’offre, où il est « donné », rendu spontanément, gratuitement, généreusement.
Pas de culte sclérosé, mais un culte vivant ! L’expression prend le contre-pied du culte païen ou juif. Il suffit de relire Osée : « c’est l’amour que je veux et non les sacrifices, la connaissance de Dieu et non les holocaustes ». Rien qui ait référence au temple. C’est le quotidien qui est cultuel !!! Ce n’était pas neuf puisque le Deutéronome demandait déjà : « aimez donc l’étranger, comme vous avez été aimés quand vous étiez des étrangers au pays d’Egypte ». C’est dans la miséricorde, à laquelle le sermon sur la montagne invite « soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux », c’est dans cette miséricorde que s’enracine le culte, que l’homme manifeste à Dieu son offrande, son don. Rappelez-vous : « lorsque tu présentes ton offrande à l’autel et si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va te réconcilier avec lui ».
Tout le nouveau testament nous révèle jusqu’où cette miséricorde peut et doit aller : le bon pasteur ne se contente pas d’aller à la recherche de sa brebis, mais il abandonne les 99 autres, il panse celle qui est blessée, il guérit celle qui est malade. Le bon pasteur est allé jusqu’à donner sa vie, et s’offrir en sacrifice pour tout le troupeau.
C’est avec ce même amour, cette même miséricorde que le chrétien, celui qui met ses pas à la suite du Christ et qui marche à sa suite, derrière lui, est appelé à donner lui aussi sa vie.
Ce sera « votre culte spirituel » : il n’y en a pas d’autre sans doute. On n’est plus sous le régime des animaux offerts. Mais sous celui de la suite du Christ, il est offrande de nos vies de chaque jour, de nos vies de charité, d’amour à l’image de ce que furent celles du Christ.
Il ne s’agit pas seulement d’une invitation mais de la force d’une exhortation au nom de la tendresse de Dieu, afin que nous répondions à cette tendresse.
Ce culte spirituel est caractérisé par la liberté : la liberté de l’homme qui s’offre à Dieu, de l’homme qui s’offre librement à Dieu. La liberté est sans doute ce que nous avons de plus cher, ce que nous revendiquons le plus et que comme moines nous offrons spontanément dans l’obéissance.

L’A T utilisait déjà la même terminologie pour parler de la vie morale conforme à la loi : « Observer la loi c’est multiplier les offrandes ; s’attacher aux préceptes c’est offrir des sacrifices de « communion. Se montrer charitable c’est faire une oblation de fleur de farine, faire l’aumône c’est offrir un sacrifice de « louange, ce qui plait au Seigneur c’est qu’on se détourne du mal, c’est offrir un sacrifice expiatoire que fuir l’injustice » Si 35,1-3. Ces offrandes spirituelles accompagnées de pratiques rituelles ne sont pas moins agréables à Dieu : « L’offrande du juste réjouit l’autel son parfum s’élève devant le très Haut. Le sacrifice du juste est agréable son mémorial ne sera pas oublié »’ v. 5-6. Dans L’A.T. la vie morale conforme à la loi est un culte spirituel qui s’ajoute à l’autre.
Dans le N.T. la vie de charité est un culte qui se substitue à l’autre.
« Dans le NT la terminologie en question quand il s’agit du Christ ou des chrétiens désigne exclusivement soit le sacrifice du Christ qui a précisément consisté à offrir sa propre personne dans un acte suprême d’obéissance et d’amour, soit la vie de charité des chrétiens, participation à cette même charité du Christ : ainsi le ministère apostolique de Paul , les aumônes fournies par les Philippiens et apportées par Epaphrodite, la collecte des églises à la gentilité en faveur des pauvres de Jérusalem… Non que la nouvelle religion fut privée d’un culte proprement dit : prières, si souvent mentionnées dans les lettres de Paul et notamment le culte spécifiquement chrétien : l’Eucharistie. Mais justement il s’agit d’un culte si intimement lié à la vie chrétienne qu’il forme avec elle une unité indissoluble : ‘ communion fraternelle ‘ et ‘ fraction du pain ‘ s’impliquent l’une l’autre ; l’Eucharistie est à la fois l’expression et la source de cette charité qui construite la communauté ; elle est selon le mot de St Thomas, le sacrement de la charité, comme le baptême le sacrement de la foi…Offrir vos personnes (littéralement = vos corps) c.à.d. toute notre vie, tout notre être, ce qui touche notre vie, toutes nos actions, eh bien que tout cela soit ordonné vers la charité, que toute notre vie soit consacrée au service du prochain…tout cela devient la matière de notre offrande continuelle à Dieu, comme le Christ a fait de toute sa vie une offrande qui s’est terminée à la dernière cène et à la croix. » Lyonnet
Ainsi vécue la vie est un constant renouvellement. La miséricorde de Dieu ouvre les yeux sur le salut de Jésus-Christ auquel nous avons accès par le baptême et par l’Esprit d’où jaillit la vie.

Les conséquences ?
v. 2 : « ne vous laissez pas séculariser à outrance ». Veillez à ne pas absolutiser les valeurs du monde et à en faire le but de la vie. Allez à contre-courant. Le « monde présent » ce sont les forces qui empêchent l’épanouissement de la vie du baptisé. La foi est un dynamisme. Conduits par l’Esprit les chrétiens sauront discerner comment vivre au quotidien l’engagement total.
Ce culte spirituel arrache aux idées toutes faites, produit un renouvellement des manières de penser pour répondre sans cesse à la volonté de Dieu, ne voulant faire que ce que Dieu veut.
C’est le culte nouveau déjà annoncé par Jérémie complétée par la prophétie d’Ezéchiel : « cœur nouveau, esprit nouveau » 36,25-27

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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