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21e Dimanche C - 25 août 2013

21ème dimanche du T O  C

Le texte de la lettre aux Hébreux, lu ce matin, fait suite au texte lu dimanche dernier.
Les Hébreux traversent des épreuves qui minent leur courage. Pour les réconforter, l’auteur ne recourt pas à des consolations faciles. Il les invite à l’endurance, à la suite de Jésus qui a enduré dans la paix l’épreuve de la croix.
Il les invite à regarder de manière positive leurs ennuis. Aucune vie humaine ne s’é-coule sans qu’interviennent des contretemps, des contrariétés, des épreuves lourdes. Il y a deux manières de réagir, ou bien on fait une colère, on se replie sur soi, on en veut à la terre entière, ou bien on essaie d’intégrer dans notre vécu ce qui se présente com-me un obstacle. On peut même parfois en tirer profit.

En effet, le succès est rassurant mais peut devenir dangereux. On s’endort sur les lau-riers. L’échec est déstabilisant mais si on en cherche les raisons, on peut corriger les trajectoires. Personne ne désire souffrir mais la souffrance peut aider à mûrir. Person-ne ne souhaite un échec, mais si on accepte de l’analyser, il donne de bonnes leçons.
Toute personne qui rêverait d’une vie humaine qui ne connaîtrait que caresses et suc-cès ne fera pas grand’chose de sa vie.

Le texte des Hébreux dit : « Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? » Mettre cette parole en face de ce que notre société donne à voir aujour-d’hui invite à quelques réflexions.

- On veut ou ne veut pas de police de proximité. En fait d’éducation, les parents sont aux premières lignes. Ils sont par nature les premiers agents de la police de proximité parce qu’ils sont les premiers à inculquer aux enfants les notions de permis et de dé-fendu.
- Les prisons sont surpeuplées. Les délinquants sont de plus en plus jeunes. En face de cette situation, des solutions sont proposées : durcir les peines, construire de nouvel-les prisons, augmenter les effectifs de police, aménager les peines. Il y a débat mais ce qui est étonnant, c’est que personne ne se pose la question de savoir pourquoi il y a de plus en plus de jeunes délinquants. Il y a sûrement plusieurs pistes de réponses.

Quand les parents sont au chômage, ils doivent se débrouiller pour survivre. Cela ab-sorbe beaucoup d’énergie. Quand ils ont un emploi, ils se doivent être entièrement au service de l’entreprise pour sa survie ou son développement. Le rendement au travail est d’une priorité absolue.

La vie de famille se trouve ainsi fragilisée. Je me souviens d’une mère de famille qui avait donc son mari et trois garçons. Elle me dit un jour : « Je nourris mes hommes quand ils traversent la salle à manger. Chez nous, il n’y a plus de repas. »
Par ailleurs, des familles sont disloquées pour toutes sortes de raisons. Beaucoup d’enfants n’ont que des parents provisoires, alternatifs, à temps partiel,

Tous les enfants ont besoin qu’on prenne le temps de les écouter, qu’on les reprenne, qu’on les cadre et les recadre, qu’on les accompagne. Si l’éducation des enfants était une science, on connaîtrait les solutions. L’éducation est un art. Dans cet accom-pagnement, il faut de l’autorité et de la subtilité.

Quand la famille est stable, il y a toujours des moments difficiles à traverser. Quand elle est déstabilisée, les enfants sont fragilisés. Au pire, ils ne sont pas construits.
Quand ils n’ont que leurs pulsions comme repères, ils finissent par venir frapper à la porte de la prison. Il n’est pas sûr qu’ils en sortent reconstruits.
Observer le quotidien de la vie de famille, la rétablir dans son rôle d’éducation rap-prochée pourrait être une piste à explorer pour avoir moins de prisons à construire.

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Autrefois, dans la relation père-enfant, on évoquait facilement un scénario en 3 actes.
1er acte : Sur la cour de l’école deux enfants se chamaillent. Exaspéré, l’un dit à l’au-tre : « Arrête ! Si tu continues, je vais le dire à mon père ! » Réponse : « Je m’en fi-che ! Mon père est plus fort que le tien ! » C’est l’âge de la confiance absolue dans le père.
2ème acte, à l’adolescence : L’enfant, (gars ou fille), est révolté. « Mon père est impos-sible. Il ne comprend rien. Il est vieux jeu. » Il arrive qu’il y ait des fugues.
3ème acte : L’adolescent est devenu adulte. Il a fait sa vie, fondé une famille. A son tour, il a des enfants qui ont grandi et il dit : « Mon père avait raison ! ».

Ces étapes se retrouvent aussi dans notre relation à Dieu.
Dans un 1er temps, nous ne connaissons que le bon Dieu.
Dans un 2ème temps, nous découvrons qu’il ne supprime pas nos difficultés. Puisqu’il n’est plus le tout-puissant, on l’évacue de notre vie.

Le texte dit : « Quand on vient de recevoir une leçon, on ne se sent pas joyeux, mais plutôt triste. Par contre, quand on s’est repris grâce à la leçon, on trouve la paix et on devient juste. »
Dans un 3ème temps, il arrive qu’on découvre que la seule puissance de Dieu est d’ai-mer. Jésus, Fils de Dieu, devient notre compagnon fidèle sur une route toujours diffi-cile qui nous conduit vers le Père.

Une expression du texte sonne comme un coup de trompette : « Redonner de la vigueur aux mains défaillantes » Défaillantes, nos mains le sont parfois.
Que cette eucharistie, que notre prière nous aide à voir clair dans ce qu’il faut faire et nous donne le courage de le faire. Et alors, nous chanterons le psaume : « Son amour envers nous s’est montré le plus fort. Eternelle est la fidélité du Seigneur. »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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