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218 3e Dimanche de Carême -B Exode 20,1-17

1ère lecture : Exode 20/1-17

1 Alors Dieu prononça toutes les paroles que voici :
2 « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.
3 Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.
4 Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par�dessous la terre.
5 Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ;
6 mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération.
7 Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom.
8 Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. 9 Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; 10 mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. 11 Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.
12 Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
13 Tu ne commettras pas de meurtre.
14 Tu ne commettras pas d’adultère.
15 Tu ne commettras pas de vol.
16 Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
17 Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »

A propos de la 1ère lecture :

Le Décalogue, les Dix Paroles, les Tables de l’Alliance, sont les éléments fondamentaux de l’Alliance entre Dieu et son peuple. L’arche contiendra les Tables de l’Alliance et sera appelée Arche de l’Alliance.
Ce passage inséré dans la grande scène de l’Alliance au Sinaï commence par « je suis le Seigneur ton Dieu. « Moi le Seigneur, je suis ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison des esclaves ». L’autorité de ces commandements est ainsi affirmée lourdement dès le début : « moi le Seigneur ». Le Dieu qui parle est celui qui a libéré son peuple de l’esclavage.

Le décalogue existe sous deux formes, celle de l’Exode, la plus connue et celle du Deutéronome ch.5. C’est la rédaction d’Exode 20 qui a la primauté dans la tradition biblique et qui fut insérée dans la révélation du mont Sinaï. Maillot en relève deux originalités ; la première, le décalogue est remis à un laïc et, la seconde que « la sobriété de ce décalogue et tout particulièrement sa sobriété rituelle ou culturelle [qui] tranche avec la prolixité et la complexité des autres recueils de la Loi. »

Les dix commandements …le déca-logue, le texte est familier. Comme on se trouve en terrain connu, la tentation pourrait être de passer au-delà. Prenons le temps de relire ces commandements qui malgré le temps ne passent pas : ils sont à bien comprendre et vont nous permettre de nous ajuster à Dieu et à ce qu’il a voulu nous dire. Nous avons beaucoup à apprendre de ces Dix Commandements, de ces Paroles, de ces "dire" de Dieu" dont on ne peut en oublier aucun.
« Le décalogue est pour ceux qui ont déjà entendu la Parole du Seigneur qui délivre et ont adhéré. Il est pour ceux qui ont décidé que pour eux il n’existerait aucun autre Dieu que celui-là. »
Ces dix paroles nous mettent devant le Dieu de l’Alliance qui commence par se définir lui-même. Il ne se présente pas comme une grandeur devant qui il faut se plier ou trembler, mais comme une force libératrice et dès lors comme le Dieu unique. « C’est moi le SEIGNEUR, ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison de servitude ».

Notons avant de commencer la lecture la forme négative des commandements à l’exception de l’honneur dû aux parents et le respect du sabbat.

L’invitation est faite à la forme négative des commandements. Cette forme suffit-elle pour baser une alliance solide ?
André Wénin écrit : « Que ce soit exprimé négativement n’est pas un hasard, Dieu ne trace pas notre chemin à l’avance. C’est à nous de l’inventer et c’est risqué. Quelqu’un a dit : le Décalogue ne fait qu’interdire des choses, mais il ne dit pas encore ce qu’il faut faire. C’est vrai car ce qui dit ce qu’il faut faire c’est l’alliance. Et c’est dans l’amour avec Dieu que vous inventez votre route : c’est la fidélité. »
Il y a un autre avantage et il cite le Père Beauchamp : « la vertu du négatif est justement qu’il empêche la Loi d’être mercenaire. Il n’attache pas de récompense au fait de ne pas faire et, après tout, ne pas tuer n’est ni une prestation ni un mérite. La sublimité vraiment divine du décalogue est de ne pas dire en quoi le bien consiste…Les interdits laissent vide et libre la place des actions qui se font dans l’alliance, pour ne nommer que celles qui en font sortir. Le décalogue ne comporte même pas le commandement d’aimer Dieu » Beauchamp, L’un et l’autre testament p55.

« Le programme est bien un programme de liberté, de libération des faux dieux (ces absolus masqués qui asservissent) libération du temps (le sabbat, un temps libre) libération de toute oppression (affirmation des droits fondamentaux de la personne), libération du cœur (liberté des convoitises). Supplément à Célébrer 209-25

V.2 : Ici est proclamée l’initiative de Dieu lui qui les a fait sortir d’Egypte à main forte. C’est lui qui s’adresse à eux aujourd’hui. Il rappelle qu’il leur a ouvert un chemin de liberté et que ces dix paroles les garderont dans la liberté de l’Alliance avec lui.
Si dès le début Dieu dit : « moi je suis », c’est aussi le mot « toi » qui revient tout au long du récit. C’est une continuelle mise de l’homme face à Dieu et Dieu face à l’homme. C’est bien en vue de l’Alliance et pour que celle-ci puisse être possible, que Dieu donne ces commandements.
Il s’agit d’éviter au peuple de retourner à la servitude et ces dix paroles viseront surtout à les préserver des impasses dans lesquelles ils pourraient se fourvoyer ; elles seront « comme un repérage des routes qui reconduisent à la servitude, à l’esclavage ou à la mort (Egypte) » Wénin.

V.4-6 : A l’accusation d’enfreindre la loi de Moïse Jésus répond : « je ne suis pas venu abroger la loi mais l’accomplir. » Au temple la colère de Jésus sera un avertissement pour ceux qui défigurent le vrai culte, qui trahissent l’esprit de la religion.
C’est pourquoi il ne peut tolérer qu’on adore ou qu’on se représente d’autres dieux que lui. Il est un Dieu « jaloux ». Le terme hébreu, qu’on traduit « jaloux » en français, signifie « aimant avec passion », en fait, un Dieu exclusif.
Parce que « jaloux », il exigera de son peuple, qu’il a fait passer de l’esclavage à la liberté et avec qui il a conclu une Alliance, de se comporter en peuple libéré des fausses représentations de Dieu. On ne peut comprendre le partenariat de Dieu avec l’humanité que dans la perspective de cette 1a libération opérée par Dieu car on n’a plus à s’imaginer Dieu. C’est pourquoi il ne s’agit pas tellement de « commandements » (mot absent dans le texte) mais de « paroles » en vue d’une vie libérée et heureuse.

V.7 : Le troisième commandement :
Même si le ton est catégorique et impératif, il ne s’agit pas d’un code de préceptes ou d’interdits à observer. Nous ne sommes pas devant des barrières que Dieu aurait mises en travers de nos routes pour faire de nos vies de croyants une espèce de course d’obstacles qui élimineraient les moins performants. Les Dix Paroles sont proposées à un peuple que Dieu vient de libérer. Maintenant que ce peuple est en route à travers le désert, Dieu vient baliser le chemin en vue d’écarter les obstacles et de poursuivre la route vers une terre de liberté.

V.8 : Pour se le rappeler et en vivre, il est important d’observer le sabbat, le jour de repos signe de la liberté de Dieu. En ce jour de repos où l’on reprend souffle, le peuple est invité à raviver sa conscience d’être le peuple libéré par un Dieu qui devient ainsi une force libératrice de sa vie au jour le jour. « Dieu invite l’homme à mettre une limite à sa capacité créatrice, comme il le fit lui-même en se « reposant le 7e jour ».

Faire mémoire du décalogue, c’est l’accueillir comme une alliance de liberté et une alliance de vie. C’est donc se demander quel style de vie adopter pour mettre en œuvre la liberté reçue.

Il nous faut relire sans cesse ce texte décisif pour notre vie de croyants comme une révélation du Dieu de l’Alliance. Nous avons à « chanter la Loi du Seigneur sur la terre de notre exil » parce que le Dieu de l’Alliance, par sa Parole, nous aide à poursuivre la route pour que nous puissions fêter notre Pâque au désert.

« Liberté et vie sont vraiment au cœur du Décalogue. C’est pour cela que le Décalogue est dans le droit fil de l’Exode. A l’Exode, Israël a reçu la liberté ; libéré par rapport à Pharaon et à son esclavage, et il reçut la vie ( le passage à travers les eaux est une réelle naissance). Le Décalogue donne un peu le mode d’emploi de cette liberté et de cette vie reçues. Il trace un chemin pour l’épanouissement de cette liberté et de cette vie afin de ne pas retourner en Egypte, vers la mort » Wénin –Crefot 89

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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