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209- 29e Dimanche A

29ème Dimanche du T.O. -A- (TOL)

Les pharisiens écoutent ce que raconte Jésus et ils sont agacés ! A partir d’histoires bien construites (sur le thème de la vigne et des vignerons par exemple), ce Jésus, non seule-ment détruit leur autorité mais il les condamne. Ils ne peuvent rester sans réagir. Ils prennent contact avec des partisans du roi Hérode (les Hérodiens) et, après avoir bien ré-fléchi, ils vont lui poser une question claire. « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »

Pourquoi cette question plutôt qu’une autre ? Parce qu’elle habite la conscience du peuple juif depuis environ cinq siècles. Au temps des rois Saül, David, Salomon et de leurs successeurs, les sujets payaient l’impôt au roi, représentant légitime de Dieu.

Mais il y eut les invasions par les Assyriens et les Chaldéens qui emmenèrent en exil les habitants de Samarie et de Jérusalem.
Un disciple d’Isaïe (1ère lecture) nous parle de Cyrus. C’était un petit roi qui a su profiter de l’affaiblissement de ses voisins pour agrandir son royaume. Il battit les Chaldéens qui avaient battu les Assyriens et finalement, il devint l’empereur des Mèdes et des Perses. Tout païen qu’il était, il accomplit la volonté de Dieu en autorisant tous les peuples déportés à rentrer chez eux (538 av. J.C.). Le texte parle de lui comme d’un messie. Les Juifs purent revenir à Jérusalem et reconstruire leur temple.

Ils avaient donc à nouveau une terre et un temple mais toujours pas de roi. Ils restaient sujets de Cyrus, un païen.
Le vent tourne. Au fil des siècles, les Perses fut battus par les Grecs qui furent battus par les Romains et nous voilà au temps de Jésus.

Dans une société naturellement religieuse, tout empereur se considérait comme un dieu ou tout au moins au service du dieu de son peuple. Evidemment, tous les sujets de l’empire devaient payer l’impôt à l’empereur. C’était une démarche qui ne choquait pas les peuples païens. Ils pensaient que leur dieu, ayant été battu par un dieu plus puissant, il valait mieux être du côté de celui qui a le pouvoir.

Mais pour les Juifs la situation était différente. En exil en Chaldée, les plus fidèles s’étaient organisés pour redécouvrir la Loi de Moïse et se démarquer de la religion officielle. Revenus sur leur terre, pouvaient-ils rendre gloire à Dieu en allant au temple, et rendre gloire à l’empereur (et donc à son dieu) en payant l’impôt. Ne pas payer l’impôt, c’était se mettre hors la loi. Et le payer c’était trahir sa foi. Que faire ?

Comme tout le monde, le charpentier Joseph a été affronté à cette situation. Il allait à la synagogue et devait payer l’impôt au publicain du secteur ? Situation inconfortable ! Sans doute, Jésus a-t-il été témoin de discussions en famille et dans son village ! On ne pouvait pas à la fois payer et ne pas payer l’impôt.

Toute intéressante qu’elle soit, la question des pharisiens était piégée. Au plus près de la mentalité des gens, celui qui paie l’impôt est collaborateur de la puissance occupante et celui qui ne le paie pas devient complice des résistants qui mettent en danger la sécurité du peuple.
Jésus demande qu’on lui montre une pièce et il conclut « Rendez-donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Avec cette réponse, les pharisiens et les Hérodiens s’en retournèrent chez eux.

Quelques réflexions
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1). D’une part, aucune société ne peut vivre sans quelqu’un qui exerce le pouvoir. On dit même que le pouvoir ne reste jamais sans quelqu’un qui le prenne et d’autre part, la foi en Dieu a ses exigences. Il faut donc trouver la bonne formule pour vivre en-semble. Chaque pays a sa constitution qui définit ce qui est obligatoire, permis et dé-fendu. Il faut rendre à César ce qui est à César.
Dans notre société, les élus savent qu’ils auront à rendre compte à leurs électeurs qui leur demandent de défendre leurs intérêts, quitte à leur reprocher de les avoir conduits à la catastrophe. En fait, tous ceux qui exercent une responsabilité, à quelque niveau que ce soit, doivent se souvenir qu’ils auront des comptes à rendre à Dieu. Le pouvoir n’autorise pas à décider n’importe quoi pour être réélu.

2. La réflexion d’un politologue à la télé a retenu mon attention. Il disait que, d’après les sondages, la majorité des chrétiens d’aujourd’hui pense et réagit comme tout le monde devant l’évolution de la société. J’ai rapproché cette remarque d’une Parole de Paul dans sa lettre au Thessaloniciens. Il les félicite d’avoir une foi active. Ils ont une manière de vivre qui se remarque alors que les chrétiens qui font tout comme tout le monde deviennent invisibles.

Une foi ne peut être active que si elle est nourrie. De même qu’on mange ce que les magasins nous proposent, de même notre esprit et notre cœur se nourrissent de ce que les médias, toutes catégories, donnent à voir, à lire et à entendre. Goutte à goutte, notre esprit est imprégné par ce qui se dit et se répète à longueur de journée et de nuit.
Et on arrive à ceci que des chrétiens disent, par exemple, qu’une messe par mois, c’est suffisant. D’autres se contentent d’une messe à Noël. Cela veut dire que l’événement de la Résurrection n’est plus le repère de beaucoup de chrétiens et que le dimanche est en train de devenir, par touches successives, un jour comme les autres.

Le contrepoison est la Parole de Dieu lue, relue et rabâchée. Au cours d’une semaine, combien de temps sommes-nous branchés sur les médias et combien de temps sommes-nous branchés sur la Bible ?
Le Dimanche des Missions veut nous ouvrir à l’universel. Il faut porter l’évangile à toutes les nations… Il y a des chrétiens partout dans le monde. Sont-ils témoins des idées à la mode ? ou de l’évangile ? Quel est leur message ?
Et s’il fallait commencer par accueillir soi-même la Parole de Dieu !
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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