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200 Dimanche de Pâques

20 avril 2014

Dimanche de Pâques

Cette année-là, le vendredi qui avait précédé la fête de la Pâque, il y avait eu à Jérusalem trois crucifixions. Deux concernaient des condamnés de droit commun. La sentence et leur exécution n’avaient posé aucun problème. Le troisième était un nommé Jésus, un charpentier devenu suspect puis dangereux. Il avait quitté son atelier de Nazareth pour parcourir les routes et ameuter les foules en annonçant un nouveau royaume. Il se disait fidèle à la Loi de Moïse mais en pratique il prenait beaucoup de liber-tés à son égard, en particulier avec les règles du sabbat. Et cela créait du désordre dans les esprits.
Finalement, son comportement était devenu un danger pour la cohésion de la société juive. Pour l’éliminer, il avait fallu manœuvrer pour obtenir la complicité active de Pilate, et la condamnation à la Croix.
Les quelques juifs qu’il avait ralliés à sa cause avaient consciencieusement disparu dès son arrestation. Après sa mort, la mise au tombeau avait pu se faire avant que commence le sabbat. Les fêtes de la Pâque allaient pouvoir se dérouler selon la tradition. Tout est bien qui finit bien.
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Une femme remet tout en question, Marie, originaire de Magdala, un village au nord-ouest du lac de Tibériade.
Connue sous le nom de Marie Madeleine, sa rencontre avec Jésus avait transformé sa vie. Elle l’avait suivi jusqu’à Jérusalem et jusqu’au pied de la croix avec Marie, la mère de Jésus, Jean et quelques autres.
Dès la fin du sabbat, alors qu’il fait encore nuit, elle se rend au tombeau. Jean n’en donne pas la raison. Peut-être, voulait-elle simplement être encore près de Jésus, essayer de réaliser ce qui s’est passé, évoquer des souvenirs !

Le choc ! Elle voit que la pierre qui ferme le tombeau a été enlevée. Une conviction s’impose : on a enlevé le corps. Tant de haine a entouré la mise à mort de Jésus qu’on s’en prend maintenant à son corps ; on veut enlever toute trace de son passage sur terre, anéantir tout souvenir. Aussitôt, elle court informer Pierre et Jean.

En se penchant, Jean, arrivé le premier, voit que le linceul est resté là. Pierre entre dans le tombeau ; il regarde le linceul resté là et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part, à sa place. La conclusion de Marie Madeleine n’est pas bonne. Il ne s’agit pas d’un vol de cadavre. Mais alors de quoi s’agit-il ?

Voilà donc une femme et deux hommes devant le tombeau vide. Le vide ne s’explique pas. Que vont-ils faire ?
Marie Madeleine reste à pleurer. Pierre, un peu assommé par cette situation, peut se souvenir de son reniement. Si Jésus revient, comment se situer devant lui ?
La première lueur de Pâques surgit finalement du cœur de Jean. Quand il entra à son tour dans le tombeau, il vit et il crut. Ce qu’il a cru n’est pas précisé mais nous pouvons comprendre qu’il se trouve en face d’une réalité invisible aux yeux du corps mais visible aux yeux du cœur.
Si Jésus n’a plus besoin des linges qui enveloppent les morts, c’est qu’il est vivant mais qu’est ce que cela veut dire maintenant ? Lazare, ressuscité par Jésus, est sorti du tombeau encombré de ses bandelettes et il a rejoint ses sœurs. Mais si Jésus est sorti du tombeau laissant sur place sa garde-robe de mort, qui l’a ressuscité ? Où est-il ? Où le chercher ? Comment le rejoindre ?
Laissant sur place Marie Madeleine, Pierre et Jean ne vont pas chez les officiels du Temple pour faire une quelconque déclaration. Ils rentrent chez eux.
Dans les siècles qui ont suivi, les artistes peintres ont mis beaucoup de force et de lumière dans leurs présentations de la Résurrection de Jésus et les musiciens ont fait sonner les trompettes dans les orchestres. Ce matin, nous n’en sommes pas là.
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Nous pouvons noter l’importance des verbes voir et regarder dans le texte. Les trois premiers témoins ont vu ce qui est observable par n’importe qui : le tombeau est vide. A partir de là, l’imagination, l’intelligence peuvent élaborer des hypothèses. Mais il y a aussi l’intelligence du cœur.
Quand un jeune homme s’intéresse à une jeune fille ; il observe avec ses yeux son physique. En parlant avec elle, il peut évaluer son niveau intellectuel.. Ce n’est pas ce qui va le décider à la demander en mariage s’il veut fonder une famille. C’est l’intelligence du cœur qui décide. Le cœur, est le lieu de nos décisions libres. C’est avec le cœur qu’on fait ou ne fait pas confiance.
Durant toute sa vie publique, Jésus s’est adressé au cœur des gens, qu’ils soient savants ou ignorants. L’intelligence du cœur apprécie les événements au-delà des apparences et des raisonnements. Le cœur peut s’ouvrir ou rester imperméable.

On peut noter la présence du verbe voir dans la dernière phrase du texte :: « Jusque là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que d’après les Ecritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » En suivant Jésus, les disciples n’avaient vu que la surface des choses qu’il avait faites et, sur cette base, ils avaient rêvé leur avenir. Le tombeau vide les déstabilise.

Pour nous révéler son projet, Dieu emploie une pédagogie que l’Église va déployer au fil des dimanches à venir. Ce dimanche qu’on appelle le Dimanche de Pâques est le premier d’une série de sept dimanches qui vont explorer l’événement.
Jésus va se manifester à ceux qu’il a choisis. Il montrera ses plaies. Il aura du mal à les convaincre. Enfin, ils sauront que Jésus est ressuscité mais n’oseront pas le dire.
Il faudra que l’Esprit de Pentecôte les envahisse pour atteindre leur cœur. Ils parleront. C’est leur témoignage qui interroge notre cœur.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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