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2 Janvier Epiphanie

2 janvier 2011

Epiphanie
Isaïe 60, 1-6 Ephésiens 3, 2-3a. 5-6 Matthieu 2, 1-12

Le Fils de Dieu ne s’est pas fait homme seulement pour tirer d’affaire le peuple juif. Il est venu pour sauver (pour humaniser !) tous les hommes. Encore faut-il qu’ils le sachent et qu’ils l’accueillent ! Pour la plupart, nous sommes des non-juifs et donc la fête de l’Epiphanie nous concerne.

Le passage de la lettre aux Ephésiens que nous lisons aujourd’hui commence par ces mots : « Vous avez appris »
Il m’est arrivé de passer un dimanche en famille à l’île de la Réunion.
Ce dimanche-là, la paroisse célébrait la première évangélisation de l’île et j’ai vu, au dé-but de la célébration, une barque traverser l’assemblée. Dans la barque, il n’y avait personne mais un livre ouvert, l’Evangile. L’évangile vient toujours d’ailleurs. Un jour, quelqu’un a pris un bateau pour apporter l’Evangile à la Réunion.

Jésus, Fils de Dieu, est venu sur terre apporter la Bonne Nouvelle. L’homme ne l’invente pas. Il y a dans l’homme une capacité de refus et une capacité
d’accueil. Comment devient-on chrétien ?

Première réponse que les plus anciens ont connue. On devient chrétien, en
allant au catéchisme, en apprenant les vérités qu’il faut croire. C’est le chemin qu’a suivi le peuple juif. La loi lui a été révélée. Les juifs l’ont apprise. Les
spécialistes pouvaient la réciter par cœur. L’histoire a montré que ce système a con-nu des déviances.
Parfois, on pratique la Loi simplement pour pouvoir dire qu’on l’a appliquée.

* Deuxième réponse : On devient chrétien en faisant la rencontre personnelle de Jésus, Christ. Il y a des rencontres qui bouleversent des vies.
St Paul avait appris beaucoup de choses sur ce que disaient les chrétiens de
Palestine. Cela ne l’a pas rendu chrétien. Au contraire ! Il est devenu persécuteur.
Il a basculé dans la foi le jour où le Christ l’a renversé sur le chemin de Damas.

Apprendre ou rencontrer ? Les deux réponses s’appellent mutuellement.
L’apprentissage doit conduire à la rencontre, sinon la foi devient du formalisme.
Des personnes fatiguées de tourbibouillonner dans le vide, fatiguées de leur vie qui n’a pas de sens, découvrent au hasard d’une rencontre ou au fil d’un cheminement un Dieu qui leur parle. Un nouveau chemin peut s’ouvrir.
De toutes façons, pour devenir chrétien, il faut apprendre et rencontrer ou bien rencontrer et apprendre.
Si l’apprentissage est toujours organisé, les rencontres sont variées et pleines d’imprévu.
*
Une étoile inhabituelle dans le ciel ! Pour des mages d’Orient, elle annonce la naissance d’un roi. Les voilà en route. Ils arrivent à Jérusalem. Dans une capita-le, ils se croient au bout du chemin. Naïvement, ils posent une question. « Où est le roi des Juifs qui vient de naître. »
Question qui dérange ! L’opinion publique de Jérusalem est troublée. Le roi Hé-rode a peur ? Les scribes consultent leurs dossiers.
En professionnel qui veut garder le pouvoir, Hérode se renseigne sur le lieu au-près des spécialistes. Puis, des mages, il va faire ses complices. Au retour, qu’ils lui disent la date exacte de la naissance !

Ils arrivent sur le lieu où se trouvait l’enfant. L’imprécision est volontaire. Il n’y a pas d’endroit sacré au monde où il faudrait absolument aller pour trouver Jésus. Il fait signe à chacun là où il se trouve. Et chacun peut se mettre en route, s’il le veut !
En entrant dans la maison, ils observent le rituel royal. Ils tombent à genoux, se prosternent et offrent des cadeaux, de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Pour les mages la rencontre a été le fruit d’une recherche ponctuée de beaucoup de questions.
Pour St Paul, la rencontre s’est passée autrement. Il allait à Damas en chasseur de chrétiens. Sur la route, le Christ le bouscule. « Je suis celui que tu persécu-tes. » A partir de là, Paul a apprécié toutes les situations qu’il rencontrait à la lumière de la mort et de la résurrection de Jésus.

Ce qui est appris doit être transmis aux autres. Les Ephésiens « ont appris » de Paul ce que lui-même a appris. Juif, il apprend aux païens une chose incroyable.
« Les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ, par l’annonce de l’évangile. »

Les païens associés au même héritage que les juifs ! Cette déclaration peut apparaître comme irrecevable au peuple Juif toujours fermé aux autres cultures. L’héritage du peuple de Dieu, c’était la terre de Canaan, signe visible de la fidé-lité de Dieu. Cette terre a donné au monde Jésus, le Messie.
Désormais, l’héritage n’est plus une terre avec ses frontières mais le Royaume de Dieu ouvert à tous.

Associés au même Corps. Ce Royaume est anticipé dans la réalité de l’Eglise qui est comme un Corps avec une Tête, le Christ et des membres différents qui gardent leur originalité. Il n’est pas demandé aux Ephésiens de ne plus être Ephésiens.

Associés à la même promesse : C’est Abraham qui le premier a cru à la pro-messe. « En toi, seront bénies toutes mes familles de la terre. » (Gen 12,3) Le peuple juif a été le premier à bénéficier de la bienveillance de Dieu. Le moment est venu d’ouvrir les porte à toutes les nations. C’est dans le Christ que Dieu dit OUI à toutes ses promesses.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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