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2 Corinthiens 12,7-10

2 Corinthiens 12:7-10

7 Et pour que l’excellence même de ces révélations ne m’enorgueillisse pas, il m’a été mis une écharde en la chair, un ange de Satan chargé de me souffleter - pour que je ne m’enorgueillisse pas ! 8 À ce sujet, par trois fois, j’ai prié le Seigneur pour qu’il s’éloigne de moi. 9 Mais il m’a déclaré : " Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. " C’est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. 10 C’est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ ; car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

Paul est en butte à la communauté de Corinthe, elle-même étant divisée par des difficultés.
On veut faire taire Paul et éviter qu’il s’immisce chez eux et pour cela on l’accuse , on s’en prend à sa qualité d’apôtre authentique.
Les Corinthiens se croient forts et se prennent au sérieux, ils se permettent de soupçonner Paul d’être un loup dans la bergerie, un faux apôtre et vont jusqu’à lui demander de rendre compte de l’argent de la collecte.
Dans les chapitres 10-13 il met les choses au point.
On l’accuse de faiblesse, il y répond proclamant son appartenance au Christ au même titre que les autres. On l’accuse d’ambition, il y répond en se recommandant de mettre sa fierté dans le Seigneur, citant Jérémie 9,22-23 : « 22 Ainsi parle Yahvé : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le vaillant ne se glorifie pas de sa vaillance, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse ! 23 Mais qui veut se glorifier, qu’il trouve sa gloire en ceci : avoir de l’intelligence et me connaître, car je suis Yahvé qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre.
Oui, c’est en cela que je me complais, oracle de Yahvé ! »
Devant ce déferlement de critiques Paul se laisse aller, comme transporté dans son élan presque naturel, à révéler le secret de l’ expérience exceptionnelle et mystique connue après sa conversion. Il parle d’une vision qu’il a eue il y a quatorze ans et qu’il décrit en détails pour attester la force d’amour que le Christ lui a témoigné.
« Mais pris de regret devant cette forme de délire qui est un aveu de faiblesse plutôt qu’une » démonstration de force il fait marche arrière et nous offre ce passage de toute beauté » M. Hubaut
_ Paul ne parle plus de ses exploits mais témoigne en être venu à découvrir que toute la force de Dieu se déploie dans et à travers ses insuffisances. Il reconnaît toute sa faiblesse qui n’est pas que passagère cependant puisqu’il avoue avoir dans sa chair une « écharde » ( un pieu de bois) qui l’empêche de se vanter de quoique ce soit et le tenaille sans cesse.
On a essayé de donner à cette écharde des interprétations, des sens divers : aveu de sa faiblesse, toutes sortes d’explications qui resteront toujours des suppositions. Paul lui-même ne l’explique pas et ne donne pas davantage de détails. Certains ont suggéré la souffrance ressentie par Paul face à l’opposition quasi constante rencontrée dans son apostolat et particulièrement de la part de ses frères dans le judaïsme.
C’est un fait : il est placé là devant sa faiblesse imparable, inscrite au cœur même de son ministère. Il y a en lui comme un rappel permanent de sa petitesse.
Lorsque Paul a prié par trois fois, comme son maître à Gethsémani pour que cette souffrance s’éloigne de lui , il lui a été répondu : «  : « Ma grâce te suffit, ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ».

Il est expérimente la faiblesse nécessaire pour que s’opère le retournement permettant d’entendre le Seigneur lui dire : « Ma grâce te suffit » et laisser ainsi la puissance du Seigneur éclater à travers sa faiblesse.
2 Corinthiens 11:30 "30 S’il faut se glorifier, c’est de mes faiblesses que je me glorifierai."
On dirait qu’il s’en vante : c’est cependant vrai puisque ces épreuves sont le lieu même où se manifeste la vraie source de sa force, non en lui-même, mais dans le soutien permanent du Christ en lui. Paul est configuré à son Maître qui a connu le rejet, la condamnation, la mort et la résurrection.
_ Le contraste faiblesse-force des apôtres tourne à la gloire de Dieu, puisque dans l’extrême faiblesse c’est la force de la résurrection du Christ qui est manifestée.
Pour le Christ l’aboutissement de sa vie a semblé un échec , mais pour lui et à partir de lui on pourra dire que l’échec est la clé du salut. La vie du Christ, vue à partir de sa fin, semble bien ratée or c’est bien dans et au delà de cet échec apparent que s’enracine pour nous un avenir de résurrection.
_ Comment relire et vivre ce « ma grâce te suffit ? »
Il est incontestable que l’Eglise aux moyens forts paraît bien mise aujourd’hui en échec par une société de la réussite à tout crin où toute faiblesse doit être camouflée et où il n’est pas de bon goût d’être fragile. On se demande ce qui pourrait sauver la situation ?
Ne serait-ce pas de reprendre au sérieux les paroles de Paul : laisser la force de l’Esprit se manifester à travers et au-delà de nos faiblesses, reconnues et lues à la lumière de l’Evangile.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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