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1er Janvier Fête de Marie Mère de Dieu

Homélie de la fête de Marie, Mère de Dieu

C’est une coutume en début d’année de présenter ses vœux, des vœux de bonne santé, de bonheur. Quel sens peut avoir les vœux que nous formons alors que nous savons bien qu’ils ne pourront se réaliser pleinement ?
C’est Marie, celle qui a fait l’expérience de Dieu la plus intense, la plus intime, qui nous ouvre l’année et nous accompagnera dans notre chemin de miséricorde.
_Le nom Marie-Myriam signifie « la voyante » ; elle est celle qui voit et donne à voir le mystère de Dieu.
Dans tous les tableaux, les statues de Marie, nous la voyons porter son Fils né de sa chair, son fils, Parole de Dieu faite chair.
Son fils Jésus qui est dans ses bras c’est la Parole de Dieu faite chair, la Parole de Dieu devenue enfant, devenue homme et donnée à voir aux bergers et ensuite à tous les hommes.

C’est sans doute la plus prodigieuse nouvelle : Dieu a voulu se faire homme, né d’une femme (et pas d’un couple) ; « or avant qu’ils aient habité ensemble elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint » Mt.1

Sainte Marie, Mère de Dieu.
Il y a la quelque chose d’incompréhensible : Marie une femme, mère de Dieu. Qu’une femme enfante Dieu a provoqué un achoppement pour les chrétiens, au tout début du christianisme.
En 431 le concile d’Ephèse proclame Marie, Mère de Dieu pour affirmer l’unité de la personne de Jésus.
Jésus est né de la Vierge Marie = il est homme.
Jésus existe éternellement dans la Trinité = il est Dieu.
Le christianisme repose sur cette foi dans l’unité humaine et divine de Jésus.
Dans quel but Marie devient-elle mère et enfante Jésus le Fils de Dieu ? Paul dans la deuxième lecture nous donne réponse.
La grande bénédiction de Dieu pour les hommes fait de nous ses fils adoptifs par Jésus-Christ, né d’une femme, inscrit dans notre humanité, enraciné dans un peuple.
Vrai homme, Jésus peut sauver, et apprendre aux hommes non seulement comment vivre la relation à Dieu mais aussi comment être ce que nous sont réellement, « tu n’es plus esclave mais fils » v.7. Nous sommes entrés dans une relation toute nouvelle avec Dieu : de peureux nous devenons des fils de Dieu à la suite de Jésus. Pour vivre ce nouvel état il envoie dans nos cœurs l’Esprit. C’est l’Esprit de ce Fils qui nous est donné pour vivre notre relation avec Dieu, une relation filiale grâce à l’Esprit qui nous fait sans cesse crier « Abba, Père ». Maintenant nous devenons capables de nous tenir devant Dieu, en vis à vis comme des fils et audace suprême de lui dire « Abba » ; c’est pour le prouver que Dieu nous a donné l’Esprit.
Ce qui change aussi c’est notre relation entre nous : elle devient relation de frères, relation d’amour à l’image de l’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit : nous en sommes sans doute loin mais déjà nous pouvons nous tenir devant nos frères, eux aussi fils de Dieu et animés du même Esprit.
Telle est notre condition d’homme et aussi notre grandeur de fils de Dieu par la liberté que nous acquiert Jésus Christ, réalisée par son Esprit.
Voilà ce qui change tout : Dieu est désormais de notre côté et cela Marie l’a compris ; voilà la Bonne Nouvelle pour le pauvre : il sait désormais que Dieu est de son coté et fera quelque chose pour lui.

Année de la miséricorde : tel est le cadeau que Dieu nous fait, et à toute l’Eglise : une miséricorde à recevoir et à partager avec toute l’humanité en particulier les grands blessés de l’amour.
Telle est la lumière qui nous illumine pour cette année qui s’ouvre : nous sommes des fils et filles de Dieu, illuminés par l’Esprit du Christ, « miséricordiés » par l’amour infini du Père.
Nous sommes arrivés à un stade de la violence et de l’agression sans doute jamais encore atteints à ce point. Il ne faut pas seulement voir les attentats provoqués par des terroristes odieux ; même sur notre lieu de travail, dans nos familles la violence se pointe et parfois devient si proche qu’elle risque de nous entraîner.
En ce début d’année le Seigneur Dieu s’engage vis à vis de nous il nous fera miséricorde, il nous fait la grâce d’être à notre tour des semeurs de miséricorde.
La violence qui tue et désire tuer ne peut nous laisser aller à la même violence. Le Seigneur nous aide à casser, à rompre la spirale de la violence, aller à l’encontre de ce qui la provoque.
Nous ne pourrons jamais nous habituer à cette violence : l’Esprit qui nous habite nous en empêche
Comment vivre la miséricorde : savoir que nous sommes aimés et pardonnés de Dieu et entrainés à sa suite avec sa force à entrer dans son pardon en vivant des relations fraternelles de plus en plus larges et étendues.

Comment ?

1.Osons un regard neuf sur les personnes que nous rencontrons, un regard à l’image de celui de Jésus, un regard plein de bonté, de douceur, d’accueil et de miséricorde si nous trouvons quelque chose qui ne nous plait pas ou nous choque.
Combien de fois ne jugeons-nous pas sur une journée ? Nos jugements sont parfois des condamnations qui nous coupent radicalement de la personne en face de nous…
2. Comme Marie, disons « OUI » à l’inattendu de Dieu, à ce qui nous est demandé, suggéré par l’Esprit
3) Chaque jour reprenons une page ou un paragraphe de l’évangile, en nous demandant : ce que dit ce texte, ce que Dieu me dit et ce que je dis à Dieu. La parole de Dieu deviendra vivante et nous fera entrer dans un dialogue avec Dieu.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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