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1er Dimanche de l’Avent C

1er Dimanche de l’Avent -C-

Quand il avait la gloire (avec un brin d’illusion) le peuple de Dieu pensait que cela ne pouvait que durer. N’est-il pas normal que le riche soit riche et que le pauvre soit pauvre ! Cette inconscience qui engendrait le mépris et l’injustice l’a conduit en exil. Le retour n’a pas été facile. Pendant des siècles, le peuple de Dieu a rêvé d’un roi qui redonnerait la gloire… et la vie facile.
Arriva le moment où Dieu, n’acceptant plus que son nom soit dénaturé envoya son Fils, pour concrétiser l’Alliance. Ce Fils est connu sous le nom de Jésus de Nazareth, mais, dans ses actes et ses paroles, il ressemblait si peu à l’image du sauveur attendu que les hommes l’ont crucifié.

La Résurrection confirma la mission de Jésus. Il est le seul en qui tout homme peut vivre l’Alliance. Mais les forces du refus qui brouillent le regard sont toujours pré-sentes. Et donc, en sachant que le Sauveur est là, nous continuons de l’attendre en le cherchant. Le Temps de l’Avent éveille en nous le goût d’attendre.

Dans les médias, ces temps-ci, des voix s’élèvent pour dénoncer notre insouciance. Parce qu’il n’y a pas eu de guerre en France depuis longtemps, on a cru que la paix était acquise définitivement. Et voilà que la violence revient imprévisible et ravageuse.
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Habités par l’inquiétude, le monde prépare Noël. En partageant la fête, les chrétiens sont invités à revisiter le portrait qu’ils se font du Sauveur de l’humanité et à s’interroger sur la qualité de leur recherche. Qu’attendons-nous de Dieu ? Qu’il nous donne une vie facile ? Grosse erreur. Qu’il nous donne le flair pour dépister l’injustice et construire la Paix ? C’est une demande plus sérieuse.

Quelques réflexions sur l’attente :
Ou bien la mer monte, ou bien elle descend. Elle ne reste pas longtemps étale.
Dans toute vie, il y a des certitudes et des inquiétudes. On ne reste pas longtemps en état de platitude. Dans la vie, ou bien on attend, ou bien on craint.

L’attente, qui est liée à l’espérance, est allumée par une promesse qui oriente nos décisions. La publicité promet monts et merveilles. Les candidats aux élections évaluent les attentes des électeurs et ajustent leurs promesses.
Plus la vie est difficile, plus la promesse fait vivre. Toute promesse accueillie engendre une attente. Une attente satisfaite en allume une autre.

On dit qu’il faut vivre le moment présent. C’est vrai qu’il faut être à ce qu’on fait, mais vivre le moment présent ce n’est pas profiter du présent. Attendre, c’est déjà construire. Craindre c’est déjà subir.

L’attente peut être vaine, prudente ou décisive.
- Elle peut être vaine. Si je sais que personne ne va venir, pourquoi aller faire les cent pas sur le quai d’une gare.
- Elle peut être prudente. Quand j’ai acheté un billet de loterie, j’attends le résultat. Sans grand espoir mais on ne sait jamais !
- Elle peut être décisive ; elle donne une orientation fondamentale à ma vie.
C’est l’attente qui donne la cohérence à tous les articles du Credo, aux sacrements, aux obligations morales, à tous les rituels de l’Eglise. Sans l’attente du Retour du Christ, tout ce fourniment de la foi s’éparpille comme les grains d’un collier brisé.
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L’évangile de Luc donne un tableau inattendu du retour glorieux du Christ : « nations affolées et désemparées… Les hommes meurent de peur dans l’attente de ce qui doit arriver. » Rien de triomphal ! D’avoir en tête le récit de la Passion de Jésus donne une clé pour lire ce récit de Luc d’une manière apaisée.
Un certain vendredi, toutes les forces du mal se sont donné rendez-vous à Jérusalem. Il fallait que Jésus meure d’une vraie mort, qu’on l’enterre et qu’on n’en parle plus !
Qui était aux côtés de Jésus à ce moment-là ? Marie, sa mère, Jean, un des apôtres, quelques femmes, un brigand qui veut calmer la hargne de son complice avant de s’adresser à Jésus, et un officier romain qui obéit aux ordres.

La Résurrection bouleverse la situation. Jésus est vivant mais toutes les forces du mal restent en action dans les cœurs, de par le monde. Il est normal, et même souhaitable, qu’il n’en manquera pas une au retour glorieux du Christ pour être définitivement détruites et qu’on n’en parle plus. Il serait dommage que la moindre force du mal survive et se développe dans le monde qui ne serait plus totalement réconcilié.

Et qui sera aux côtés du Christ glorieux ? Marie et les Apôtres, et puis…
- tous ceux qui auront cru, toutes les apparences étant contraires, que le Germe de justice dont parle Jérémie allait venir à bout de toutes les intempéries.
- Tous les malfaiteurs de haute volée, et tous ceux qui, après avoir obéi aux ordres, auront accepté de voir clair dans leur vie. Heureuses les victimes et les proches des victimes qui ne tombent pas dans le piège de la haine ! Heureux les assassins qui bénéficient de l’intercession de leurs victimes !!

Lors du retour glorieux de Jésus, chacun choisira d’aimer et d’être aimé ou bien de haïr et d’être haï à perpétuité.
La Promesse étant réalisée, l’attente sera comblée.

Finalement, est-on chrétien à cause d’un certain passé ou à cause d’un avenir certain ?
Etre chrétien c’est être fidèle à l’à-venir. L’attente fait naître des bâtisseurs.

« Seigneur, enseigne-moi tes voies. » Ps 24
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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