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1er Dimanche de l’Avent C

1er Dimanche de l’Avent C

2ième lecture : I Thessaloniciens 3/10-4/2

12 Que le Seigneur fasse croître et abonder l’amour que vous avez les uns pour les autres et pour tous, à l’image de notre amour pour vous. Qu’il affermisse ainsi vos cœurs dans une sainteté irréprochable devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints.
1 Au demeurant, frères, voici nos demandes et nos exhortations dans le Seigneur Jésus : vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez ; faites encore de nouveaux progrès.
2 Vous savez, en effet, quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.

A propos de cette lecture :

Une attente qui dynamise la vie du chrétien.

Faut-il rappeler que cette Lettre aux chrétiens de Salonique est le premier document chrétien que nous possédons, écrit dans les années 50, avant qu’on ait rédigé un évangile !
Toute la lettre est centrée sur la venue définitive du Christ, la « parousie », l’acte ultime de l’histoire du salut.
En ce temps-là, les chrétiens étaient préoccupés par l’imminence de la fin du monde et du retour du Seigneur au point d’abandonner les affaires courantes et nécessaires de la vie.
Paul les invite à entrer dans cette attente non de manière passive en ne faisant absolument plus rien, mais en les orientant dans le bon sens leur disant ce qu’il y a à faire, quelle est leur mission. C’est donc à ces chrétiens trop préoccupés de la fin du monde, comme on pouvait l’être déjà à cette époque et en conséquence tentés de rester dans une attente passive, que Paul lance un appel pressant.
_ « Paul a déjà évoqué plusieurs fois la Parousie : en 1,10 (les convertis attendent le Fils qui viendra des cieux) et en 2,19 surtout, au début du deuxième ensemble de cette première partie : là il confessait son espérance d’y trouver la joie. Il était normal qu’il revienne, en conclusion et comme en point d’orgue, sur cette perspective dynamisante du moment où le Seigneur sera enfin présent aux siens, puisque toute l’existence de l’Eglise et toute l’action apostolique sont orientées vers cet accomplissement, dans une attente active ». Trimaille Cahier Evangile 39 p45.
Sans doute, est-ce pour cette raison que l’Eglise nous propose ce court passage en ce premier dimanche de l’Avent.

Dans cette péricope, il n’y a guère d’intention doctrinale. Les consignes de l’Apôtre reflètent la préoccupation de vivre l’attente de la venue définitive du Seigneur Jésus dans le réalisme de la foi et de l’amour.

V.12 : Paul invite les Thessaloniciens « à croître et abonder dans l’amour ». Au ch. 2, 7.8, il leur exprimait son affection en accumulant les expressions du vocabulaire de la tendresse. C’est cet amour qu’ils ont à se témoigner réciproquement. Cet amour dont Dieu est la source.
Nous aussi, il est bon au début d’une nouvelle année liturgique d’être invités par le Seigneur lui même à progresser dans l’amour fraternel. C’est sans doute un point fort de ce passage de réentendre que nous sommes aimés de Dieu et que cet amour nous donne joie et bonheur tout comme à Paul. Progresser c’est vivre un amour débordant à l’égard de tous, c’est vivre dans une sainteté sans reproche en croissant dans l’amour, sans oublier que c’est Dieu lui-même qui nous donne d’y croître et abonder.
C’est en faisant de nouveaux progrès dans la manière de vivre la charité que le temps de l’attente sera comblé ; bien plus nous progresserons dans l’amour.
Pendant le temps de l’attente nous n’avons rien d’autre à faire qu’à porter toute notre attention et à centrer nos efforts dans l’amour.
« Si l’Agapè possède une telle importance, c’est à cause de sa valeur eschatologique. Grâce à cette agapè les cœurs des croyants peuvent être affermis, c’est à dire établis de façon sûre dans le courage et la force, jusqu’au terme de l’épreuve-tribulation ; elle les fera persévérer dans la sainteté. » Cahiers Evangile
« Que le Seigneur fasse croître et abonder… » C’est le Seigneur qui est à l’œuvre dans le cœur des croyants. Tel est son désir, son souhait le plus grand ! Il attend que nous répondions à un appel aussi pressant.

L’imminence du retour du Christ avait tellement démotivé une bonne partie de la chrétienté qu’il était urgent de bien comprendre qu´il s’agissait, non de la fin du monde, mais de la fin d’un monde selon une certaine conception impliquant une manière de vivre à l’ancienne. Il s’agit maintenant d’un monde nouveau, celui de la manifestation de la Seigneurie du Christ.
Quelle Bonne Nouvelle ! L’homme, le croyant, n’est plus irrémédiablement rivé aux excès et aux dérives du monde, à l’immobilisme mais il devient acteur par l’amour dont Dieu le comble et qu’il déploie. Il devient acteur de sa croissance et de celle du monde nouveau et par là même manifeste la Seigneurie du Christ.

Toujours Dieu a l’initiative, toujours il sème en nous ce qu’il veut nous donner et c’est encore lui-même qui achèvera ce qu’il a commencé. Tout ce que nous sommes, ou ce que nous pourrions faire durant cette année, c’est Dieu qui nous donnera d’être ou de le faire.
Nous sommes en continuelle transformation et la Parousie sera le point d’orgue : le Seigneur viendra avec tous ses saints, ceux qui auront combattu et vécu la transformation jusqu’à l’extrême.

Nouveau départ pour une année où il est bon de commencer par accepter de baigner dans la gratuité qui sera le terreau dans lequel Dieu va pouvoir semer.
D’autre part, nous avons à progresser. Jamais nous ne sommes arrivés.
« Qu’il affermisse ainsi vos cœurs dans une sainteté irréprochable devant Dieu notre Père » : la sainteté n’est-elle pas cette puissance de Dieu qui se déploie dans la faiblesse du croyant et se manifeste dans un amour sans cesse grandissant ? Aussi le croyant ne peut rester inactif et brimer la force de l’Esprit qui le brûle.

En amour nous ne sommes jamais quitte, nous ne savons jamais si nous en avons fait assez, constamment nous sommes invités à reprendre la route, à nous mettre en marche, à nous plonger dans une aventure dont nous ne connaissons pas l’issue.
Paul désire affermir les croyants : ils se sont engagés et ont adhérés au Christ lors de leur conversion. Il leur reste maintenant à vivre dans le Christ.
Vivre dans le Christ c’est vivre dans l’amour, intense et débordant, entre eux et à l’égard de tous les hommes.
C’est une aventure de foi. C’est pourquoi Paul demande dans la prière la solidification de la foi de cette communauté

v.1 : « vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez ; faites encore de nouveaux progrès. »
Pour les Thessaloniciens ces exigences ne sont pas nouvelles mais un rappel des instructions reçues de la part du Seigneur. Il s’agit de plaire au Seigneur et d’avoir une conduite qui soit en conformité avec cette relation avec Dieu sinon nous vivons dans le mensonge et nous ne sommes pas dans la vérité.

La vie chrétienne est une marche en avant qui donne consistance à notre espérance et permet d’être sans cesse tendus vers l’avenir.
La débauche des féeries lumineuses artificielles de fin d’année nous fera-t-elle, oublier que nous sommes appelés à vivre et à annoncer la plus fantastique des aventures de tous les temps, une aventure qui n’est pas une fuite mais un engagement dans le quotidien des hommes ?
Pourquoi un engagement ? Le Seigneur source, origine de toute croissance nous fait partager toutes ses richesses d’amour et d’espérance. Le feu qu’il a allumé en nous ne pourra réellement brûler que si nous nous tournont vers nos frères en leur partageant l’amour reçu. L’engagement n’a rien de volontaire mais il est l’expression de l’amour croissant qui naît en nous de notre foi au Seigneur. C’est la réponse de l’amour à l’amour. De manière étonnante nos engagements, si petits soient-ils, accélèrent la croissance de la foi et de l’amour et nous rapprochent de Dieu. « L’existence irréprochable est donc celle du croyant qui accepte d’être toujours davantage saisi par l’amour du Père qui participe toujours plus à l’irruption de cet amour dans le monde : une existence à ce point menée par l’Esprit Saint qu’elle devient de jour en jour celle d’un engendré de Dieu » Vanderhaegen dans Ass. du Sgr. 5.

Puissions-nous être décidés d’entrer vraiment dans un temps de « réveillons-nous », un temps où nous accueillons l’invitation à être non seulement des « éveillés » mais des « éveilleurs », non seulement des « réveillés » mais des « réveilleurs ».

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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