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19e Dimanche C -Sagesse 18/6-9

1ère lecture : Sagesse 18/6-9

6 Cette nuit avait été connue d’avance par nos Pères ;
assurés des promesses auxquelles ils avaient cru,
ils étaient dans la joie.
7 Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes
et la ruine de leurs ennemis.
En même temps que tu frappais nos adversaires,
tu nous appelais à la gloire.
9 Dans le secret de leurs maisons,
les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice,
et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine :
que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ;
et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

A propos de cette lecture :

Le livre de la Sagesse a été écrit à Alexandrie vers les années 50 avant notre ère.
« Il trouve place dans les Septante entre Job et l’Ecclésiastique. Dans les manuscrits grecs il porte le titre de Sagesse de Salomon » Osty. Celui-ci divise le livre en trois sections :
1. La Sagesse et la destinée humaine. (1,16-5,23)
2. La Sagesse dans son origine, sa nature, son action. Moyens de l’acquérir. (6-9)
3. La Sagesse de Dieu dans l’histoire. C’est dans cette section que se trouve la péricope de ce dimanche.
L’intérêt c’est que l’auteur du Livre de la Sagesse écrit à la veille de l’avènement du Christ. Il a vécu comme juif dans un monde dominé par la culture grecque. Il est un homme cultivé. Il un croyant resté fidèle aux valeurs de son peuple alors que l’environnement subit le choc de la modernité et entraîne, nombre de croyants, à relativiser la foi de leurs pères pour accueillir et faire place à des valeurs passagères, trompeuses et illusoires.
Il réfléchit à la vie de foi en termes qui peuvent parler également au non-juif.
Il nous invite à une relecture des événements de l’Exode et à « méditer l’actualité du mystère de la Pâque juive en relisant le récit de la sortie d’Égypte (Exode 12) : comment le Seigneur nous fait passer de la mort à la vie » J. Radermackers dans Feu nouveau.
C’est à l’occasion de la grande veillée de la Pâque (v. 6 et 9) que le peuple fait mémoire de la délivrance et de son élection par Dieu.
« Célébrer Pâque c’est en quelque sorte interpréter l’histoire et savoir que Dieu ne cesse de choisir son peuple parmi les justes et de châtier les impies. On devine combien cette leçon résonnait au cœur des juifs exilés de nouveau au milieu des Égyptiens » Maertens-Frisque.

L’action de Dieu est décrite en termes de sagesse allant jusqu’à dire que le croyant lui-même participe à la sagesse divine. En méditant l’histoire du peuple d’Israël, en particulier la libération de l’esclavage d’Egypte, du pouvoir humiliant de Pharaon, il essaie de comprendre la sagesse de Dieu qui s’y cache. A la fois il se met dans la peau de Dieu, - si l’on peut dire ! - qui a un projet pour les hommes et il essaie de comprendre comment ceux-ci ont vécu une telle libération. Il espère ainsi donner confiance à ses lecteurs dans le projet de Dieu. Il est ce que nous appellerions aujourd’hui un catéchiste, quelqu’un qui suscite notre confiance en Dieu qui, dans sa sagesse, conduit tout au bien de l’humanité.

Le court fragment que nous lisons appartient à un long développement sur l’histoire d’Israël où l’auteur tente de montrer le respect de ses devanciers restés fidèles à la tradition. Les faits relatés sont tenus pour « historiques » : pas un seul instant il ne met en doute leur caractère insolite et merveilleux vis-à-vis des lecteurs étrangers à la tradition biblique. Il n’est pas pour autant esclave de cette tradition. Il propose une sorte de commentaire hémolytique destiné à découvrir le sens des événements évoqués. Dans notre monde sécularisé, n’y a-t-il pas urgence pour les disciples du Christ, de revenir aux grandes intuitions de la foi chrétienne ?

v.6 « ils étaient dans la joie. » D’où provient cette joie ? C’est la joie de l’Exode. Ils pouvaient encore l’éprouver en reconnaissant que Dieu est toujours leur défenseur, leur libérateur « dans un monde que travaille l’appétit de domination et le culte de la violence » Osty.

v.7 « ton peuple accueillit le salut des justes et la ruine » : d’une manière antithétique est proclamée à quel point Dieu s’est compromis pour les siens puisqu’il est allé jusqu’à délaisser un autre peuple.

v. 8 « En même temps tu m’appelais et tu frappais ». Cette mémoire ne s’arrête pas au seul événement passé puisque toutes les générations successives se sentent concernées, appelées, impliquées par l’ événement de la nuit pascale, à cette libération qui ne peut s’arrêter à cette nuit merveilleuse de veille qui a vu leur délivrance de l’Égypte se concrétiser.
C’est à l’actualité du mystère pascal que nous invite ce livre de la Sagesse, « comment le Seigneur nous fait-il passer encore aujourd’hui de la mort à la vie ».

« L’Eucharistie célébrée par Jésus la veille de sa mort, rend présente cette libération en convoquant l’assemblée des fidèles jouissant de la liberté gracieuse qui leur est désormais octroyée. Elle se célébrait dans les premières communautés chrétiennes à la nuit tombante ou à l’aurore pour signifier que la lumière éclatante du Salut allait percer nos ténèbres. Il s’agit bien du véritable soleil levant annoncé par « nos Pères » et auquel fait allusion le cantique de Zacharie : « Soleil levant qui vient nous visiter, lumière d’en haut qui illumine nos ténèbres et qui guide nos pas au chemin de la paix » Lc. 1,7.8s. -Radermackers dans Feu Nouveau.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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