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19e Dimanche B

19ème dimanche du T.O. -B-

Nous sommes dans le royaume d’Israël (capitale Samarie) au 9ème s. avant J.C. Le roi Achab a épousé Jézabel, une païenne qui a vite fait de chasser les prophètes du Dieu unique pour les remplacer par des prophètes au service de son dieu, Baal. Elie reste le seul prophète du Dieu du peuple élu et cela est difficile à vivre.
Marqué par un sentiment d’infériorité, il lance, devant le peuple, un défi aux 450 prophètes de la reine et le gagne. Le peuple est retourné et la journée se termine par un massacre général. Furieuse, la reine jure de se venger.

Pour sauver sa vie, Elie juge prudent de mettre une frontière entre lui et Jézabel : il gagne le royaume de Juda et s’enfonce dans le désert. Le récit d’aujourd’hui nous le présente fatigué « assis à l’ombre d’un buisson ». Il n’apprécie pas, après son coup d’éclat, d’avoir été contraint de fuir : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. »
Finalement, il s’endort. Un messager le réconforte en lui préparant un repas, ce qui lui donne tout juste la force de se rendormir. Le messager doit le secouer : « Lève-toi et mange car il est long le chemin qui te reste. »
Remis d’aplomb, il ne lui est pas demandé de retourner en Israël, son champ de mission, mais de continuer sa route vers l’Horeb (un autre nom du Sinaï), la montagne de Dieu. S’il a cru faire du bon travail pour Dieu, il va découvrir qu’il n’a pas fait le travail de Dieu.
Comme, tout homme, il avait dans la tête une image de Dieu à l’image de l’homme qui aime montrer sa force. Il doit découvrir une autre image. Il est long le chemin qui lui reste à faire !

Devant des situations insupportables, il nous arrive de jouer la provocation et de choisir des solutions radicales. Si nous réussissons à neutraliser des opposants, il nous arrive de penser que Dieu doit être content de nous. Il est long le chemin qui nous reste à faire pour passer du Dieu tel que nous l’imaginons au Dieu tel qu’il est.

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Le moment venu, Dieu a dit quelque chose de ce qu’il est en envoyant sur terre son Fils. Pour les juifs, la question qui est Dieu ? devient qui est Jésus ?

Jésus vient de déclarer que c’est son Père qui donne le vrai pain du ciel et lui, il est justement ce pain de la vie descendu du ciel.
L’expression « descendu du ciel » accroche l’attention des juifs et déclenche des commentaires étonnés. Le verbe descendre nous renvoie à l’image d’un escalier qui permet de monter ou de descendre. Il renvoie aussi à l’idée de descendance.
Avoir une descendance, c’était l’obsession de tout juif. Et pouvoir dire qu’il est « fils de.. et de… » le sécurisait. Il était situé dans une lignée, dans la vie sociale.

Que Jésus se dise descendu du ciel est ridicule. Cela fait des années que Joseph, Ma-rie et Jésus vivent à Nazareth. Tout le monde sait tout de leurs relations familiales.

Entre ce que les Juifs savent de Jésus et ce que Jésus dit de lui, il y a comme un espace brumeux et instable. Jésus admet que la traversée de cet espace est infranchissable : « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Puisque les Juifs reconnaissent l’autorité des Écritures, Jésus s’appuie sur un texte pour étayer son affirmation : « Il est écrit dans les Prophètes : ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. » Dieu parle ; il fait entendre et accueillir. Cela ne peut se vivre que dans la foi car « personne n’a jamais vu le Père sinon celui qui vient de Dieu. »

Pour dire qu’il est celui qui vient du Père et qui a vu le Père, il se présente donc com-me le pain de la vie, le pain vivant descendu du ciel « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde. » Celui qui accueille la Parole de Dieu a la vie éternelle.

Remarques
- Avant le repas du Jeudi Saint, ce discours sur le pain de vie ne peut signifier direc-tement l’Eucharistie. A ce point du débat, Jésus dit qui il est vraiment. Pas seulement un magicien ! Il est descendu du ciel pour créer une relation nouvelle avec quiconque lui fait confiance.

- Le regard de Jésus dépasse le cercle des Juifs qui l’entourent. Le « quelqu’un » qui mange sa chair peut être tout aussi bien un païen qu’un juif. Les Juifs attendaient un sauveur qui redonne à leur peuple sa place dans les relations internationales de l’époque, alors que le pain dont Jésus parle, (sa chair), sera donné non point seulement pour la vie du peuple Juif mais pour la vie du monde.

- A quelques siècles de distance, le prophète Elie et les Juifs ont été gagnés par le doute après un moment d’exaltation. Elie continue sa route. Au mon Horeb, il fera u-ne expérience de la rencontre avec Dieu. Les Juifs restent au niveau de ce qu’ils sa-vent. Ils refusent d’aller plus loin. Ils passeront dans l’opposition.
Nous avons tous des raisons d’arrêter notre marche. Allons-nous rester au niveau de ce qui est constatable ? Allons-nous continuer de suivre Jésus ?

Prière d’ouverture :
Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos cœurs l’esprit filial, afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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