Accueil > Prier avec nous > Homelies > 19e Dimanche B

 

19e Dimanche B

9 août 2009

19ème dimanche du T.O. -B-
1 R. 19,4-8 Eph. 4, 30 à 5,2 Jn 6,41-51

Nous sommes dans le Royaume d’Israël (nord Palestine) dans les années 875-850 av J.C.. Le roi Achab a épousé Jézabel, une païenne qui a introduit dans le palais du roi le culte de ses divinités. Les prophètes du Dieu d’Israël sont poursuivis et ont dû se cacher. Elie reste seul, perdu au milieu des idoles.
Or il doit annoncer au roi la fin d’une sécheresse qui a duré deux ans. Elie ne comprend pas. Pourquoi annoncer la fin d’une épreuve alors que le peuple est toujours à la remorque des 450 prêtres de Baal subventionnés par la reine Jézabel ? Dieu serait-il complice du mal ?
Pour marquer son désaccord, Elie prend une initiative. Il lance un défi : que les prêtres de Jézabel préparent un autel pour un sacrifice. Il en fera autant de son côté. Chacun invoquera qui il voudra et on verra ce qui va se passer.

Pari tenu. Sur l’autel des prêtres de Jézabel, il ne se passe rien tandis que le Dieu d’Israël met le feu aux animaux préparés par Elie. Tout retourné, le peuple acclame le Dieu d’Elie. Résultat. Les prêtres de Jézabel sont massacrés…Et la pluie commence à tomber !
Mais la reine se promet d’avoir la tête d’Elie dans les 24 heures. Il est obligé de fuir. Il avait cru anéantir l’axe du mal par un coup d’éclat, c’est raté ! Et nous le trouvons aujourd’hui dans le désert. Après une journée de marche, il s’assoit épuisé et démoralisé à l’ombre d’un buisson.

Dimanche dernier, nous avons vu le peuple de Dieu dans le désert, ayant atteint les limites de sa résistance. Aujourd’hui, c’est le tour d’Elie. Il n’attend plus que la mort : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie. Je ne vaux pas mieux que mes pères »
Il s’endormit et le sommeil dut durer assez longtemps
*
On dirait que Dieu prend un malin plaisir à intervenir après le dernier quart d’heure, quand tout est perdu. Alors qu’Elie n’attend plus rien de personne, voici qu’un ange intervient. Il a prévu une cruche d’eau et fait cuire un pain sous la cendre.
Quand il est à point, il touche Elie et lui dit : « Lève-toi et mange ». Elie est incapable de se lever. Il a tout juste assez de force pour avaler quelques bouchées et se rendormir. L’ange le touche une seconde fois : « Lève-toi et mange. Autrement, le chemin serait trop long pour toi »
Cette fois, Elie se lève. Il mange, il boit et continue sa route jusqu’à l’Horeb (le Sinaï), le lieu de la première Alliance. Et là, il va découvrir que Dieu refuse sa pastorale à base de violence.

Le texte d’aujourd’hui invite à quelques observations :
- Après un succès spectaculaire, Elie ne maîtrise plus la situation. Une seule solution, la fuite. Le désert où il va pour sauver sa vie, va devenir un chemin de prise de conscience, de purification.
Dieu s’était trouvé comme pris au piège par l’initiative insensée de son prophète. S’il n’était pas intervenu, c’est Elie qui aurait été massacré et Dieu aurait perdu son seul prophète en état d’intervenir. Bien sûr, il a toujours la possibilité d’en trouver un autre mais il choisit d’offrir à Elie un stage de recyclage pastoral. Il va remettre la pendule à l’heure.

- Ce chemin pour découvrir qui est le vrai Dieu est vraiment très long.
- L’homme est incapable de parcourir ce chemin par ses propres forces. Il lui faut une nourriture et une boisson appropriées que Dieu seul peut donner. Nous sommes là devant un pain, une nourriture de base qu’on peut dire venue du ciel.
- La première prise de nourriture reste sans effet. Il faut en reprendre. Pour vivre il suffit de se nourrir avec frugalité mais régulièrement.
- J’allais oublier l’ange sans lequel Elie n’aurait pas survécu. Est-ce un songe ? une intervention extérieure opportune ? On ne se nourrit pas avec des rêves. Il arrive que des personnes se trouvent à nos côtés et nous réconfortent dans des moments d’épuisement. Elles sont comme des messagères de Dieu. De toute façon, le projet de Jézabel n’était pas un rêve.
*
Dans l’évangile, Jésus a connu un magnifique succès populaire avec la multiplication des pains. Aujourd’hui, la situation s’est dégradée. Jésus a dit imprudemment qu’il est le pain descendu du ciel alors que tout le monde sait qu’il est le fils de Joseph, un charpentier, et de Marie. Il veut couper court aux murmures : « Ne récriminez pas entre vous. Vos discussions ne vont aboutir à rien.
Il y a des sujets qui échauffent et épuisent les esprits de manière inutile.
Pour ne pas perdre le contact avec la foule, Jésus aurait pu adoucir ses propos. Au contraire ! Il en rajoute : « Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde . »

Pour les juifs, il y a deux sortes de nourritures, les matérielles et les spirituelles. L’unique nourriture spirituelle reconnue, c’est la Parole de Dieu. Et voilà que cet homme annonce qu’il faut manger sa chair pour avoir la vie éternelle ! Mettons-nous à leur place. Comment pouvaient-ils imaginer que cet homme-là est lui-même la Parole de Dieu ?

Jésus ouvre une porte de sortie : « Personne ne peut venir à moi si mon Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
Il y a des cas où seule une intervention de Dieu peut débloquer une situation.
L’acte de foi n’est pas l’aboutissement d’un travail qui nécessiterait un minimum de capacités intellectuelles. La foi en la parole de Jésus est l’œuvre de Dieu dans notre vie. Nous voilà invités à abandonner nos raideurs pour recevoir de Dieu une lumière nouvelle. Mais les raideurs ont en nous des racines difficiles à arracher. (A suivre !)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>