19e Dimanche B

Ephésiens 4,29 – 5,2

29 Qu’aucune parole mauvaise ne sorte de votre bouche ; dites seulement des paroles utiles, qui répondent à un besoin et encouragent autrui, pour faire ainsi du bien à ceux qui vous entendent.
30 N’attristez pas le Saint-Esprit que Dieu vous a accordé ; il est la garantie que le jour viendra où Dieu vous délivrera complètement du mal.
31 Chassez loin de vous tout sentiment amer, toute irritation, toute colère, ainsi que les cris et les insultes. Abstenez-vous de toute forme de méchanceté.
32 Soyez bons et pleins d’affection les uns pour les autres ; pardonnez-vous réciproquement, comme Dieu vous a pardonné par le Christ.
5,1 Puisque vous êtes les enfants que Dieu aime, efforcez-vous d’être comme lui.
2 Que votre façon de vivre soit inspirée par l’amour, à l’exemple du Christ qui nous a aimés et a donné sa vie pour nous, comme une offrande et un sacrifice dont l’agréable odeur plaît à Dieu.

A propos de cette lecture.

Paul met en garde celles et ceux qui ont revêtu l’homme nouveau et donné l’adhésion de leur foi à Jésus Christ, contre toutes les manifestations du vieil homme qui peuvent encore surgir et dont ils doivent être conscients. Ces manifestations il les cite clairement : amertume, mauvaise humeur, emportement, éclat de voix, injure, méchanceté, mensonge…Ces manifestations sont encore bien présentes chez ceux qui ne vivent pas pleinement de l’Esprit de Dieu. Le vieil homme est encore bien vivant et il leur reste encore du chemin à parcourir pour imiter le Christ de manière concrète dans leur vie.
L’Apôtre leur indique des pistes à suivre pour s’engager dans cette nouvelle manière de vivre selon l’Esprit. Il ne verse pas dans un prêchi-prêcha moralisateur. Il sait que vivre en communion avec Christ n’est pas évident pour des femmes et des hommes, qui d’une part doivent bâtir une communauté et qui, d’autre part portent le poids de tout un héritage culturel où foisonnent des pratiques religieuses relevant souvent de la superstition. C’est toujours vrai, encore pour aujourd’hui : il faut veiller pour faire la différence entre ce qui est selon l’évangile et ce qui s’y est ajouté …

Pour cela Paul recommande : « N’attristez pas l’Esprit ». C’est le grand principe.
L’expression vient d’Is. 63,10, « mais ils ont été rebelles, ils ont déçu son Esprit Saint. » Il était question des Israélites rebelles à la conduite de l’Esprit de Dieu dans le désert.
Cette expression « n’attristez pas » est facile à comprendre si nous pensons à la tristesse personnelle éprouvée chaque fois que nous rejetons une bonne idée ou un désir de mieux agir ; ou encore à celle que peuvent éprouver des parents face aux refus de leurs enfants de suivre leurs bons conseils. Ne pas contrarier, ne pas contrister une personne proche que nous aimons, à laquelle nous devons tout, est un des motifs les plus nobles qui puissent diriger et stimuler notre vie.
« N’attristez pas l’Esprit », qui est le guide de la vie chrétienne. Rm. 8, « 14 Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. 15 Car l’Esprit que vous avez reçu n’est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c’est l’Esprit Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier à Dieu : « Abba, ô mon Père ! »
L’Esprit reçu au baptême imprime comme une marque d’appartenance à Dieu qui commande le comportement du chrétien tout en transformant sa vie et les comportements qui vont à contre sens de son baptême : emportement, colère, éclats de voix ou insultes ainsi que toute espèce de méchanceté. Résister à l’Esprit, c’est retomber dans l’ancien esclavage du péché.

Le fruit de l’Esprit Saint met en référence au Christ. 5,1 Comme le Christ, « cherchez à imiter Dieu puisque vous êtes ses enfants bien-aimés ». Nous sommes appelés à vivre l’amour dont Jésus nous a laissé le témoignage par sa mort et sa résurrection. Il ne s’agit pas de copier le comportement extérieur du Christ, mais bien plutôt de témoigner de l’amour dont nous bénéficiions. Cet amour qui peu à peu imprègne du dedans nos gestes et nos paroles.
5,2 « Vivez dans l’amour ». Le verbe grec que nous traduisons par « vivre dans l’amour » signifie en fait : « marchez à l’aise dans l’amour, allez et venez, promenez-vous, flânez, soyez comme chez vous dans l’amour ». Paul propose l’inouï : le « comme » de l’imitation. Il s’agit ni plus ni moins d’imiter Dieu. Vivez dans l’amour, vivez comme le Christ.
Même si les philosophes grecs proposent de réaliser une ressemblance la plus grande avec les dieux, la grande différence avec les philosophes c’est la place donnée à l’amour de Dieu tel qu’il s’est révélé dans la mort rédemptrice du Christ.
Les termes sont ceux de l’Ancien Testament : offrande, victime, parfum d’agréable odeur.
Ce qui fait de la mort du Christ un véritable sacrifice pour le péché ce n’est pas la mort comme telle mais le don volontaire de sa vie en solidarité avec ses frères les hommes.

N’est-ce pas une invitation à nous lever encore et toujours. La Parole et le Pain que Dieu nous donne nous permettront sans doute de vivre vraiment debout et d’être à l’aise dans l’amour. D’aller dans le bon sens de l’amour et du devenir chrétien : dans la générosité, la tendresse, le pardon mutuel (pardonnez-vous les uns les autres) car ils font de nous les imitateurs de Dieu lui-même, manifesté en Jésus-Christ (vivez dans l’amour comme le Christ : il nous a aimés et s’est livré pour nous).
Le don de l’Esprit transforme notre vie et tend nos comportements à devenir miséricorde.
La miséricorde divine entraîne le croyant à s’ajuster continuellement à la miséricorde divine, à la conduite du Christ et de l’Evangile et plus particulièrement aux béatitudes.

Vivez comme : nous voilà imitateurs.
Vivez dans l’amour, comme Christ
Ce n’est pas une morale, ni une loi, ni un code de préceptes. Il s’agit de quelqu’un à imiter, d’où l’importance de la lectio :
Mettre Christ sans cesse devant les yeux pour s’imprégner de sa parole
Faire ce qu’il faisait
Puiser la force là où il la puisait
Ce qu’il a fait : il nous a aimés, s’est livré…
On voudrait l’imiter mais sans regarder du côté de la croix et de la passion… Communier au corps du Christ c’est communier à quelqu’un qui a livré sa vie par amour.
Faire preuve de la même gratuité dans l’amour que Christ
C’est une affaire de cœur et non de sentiments…
1P 3,8. C’est ensemble que nous avons à nous laisser métamorphoser selon le mimétisme de l’amour dont le Seigneur nous a laissé le témoignage.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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