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19e Dimanche A Paul passionné du Christ et des siens.

Romains 9, 1-5 Le Mystère de la foi

Romains 9:1-5

1. « Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens point - ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint -,
2 j’éprouve une grande tristesse et une douleur incessante en mon cœur.
3 Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, ceux de ma race selon la chair,
4 eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses
5 et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair, lequel est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement ! Amen. »

Paul passionné du Christ et des siens.

En Romains 1-4, il a surtout insisté sur le fait que, face à l’Evangile, tous les hommes sont égaux par la réponse que chacun peut donner ou refuser.

Au départ, il y a la grande souffrance : l’épreuve que Paul connaît comme tous les hommes de foi. Ce passage est le point de départ d’un grand questionnement qui le poursuit jusqu’à la hantise durant tout le chapitre 9 . « Il mesure, jusqu’au désarroi, son impuissance humaine devant le refus et les persécutions dont il est l’objet, de la part de ses frères de race, dans les ghettos juifs du monde méditerranéen, ceux que dans sa lettre aux Corinthiens il appellera des faux frères. Il va jusqu’à envisager de passer pour anathème c.à.d. rejeté de la communion de la foi, s’il pouvait à ce prix obtenir la conversion à la foi au Christ des gens de son peuple. L’anathème était le pire des châtiments pour un homme qui se voyait mis au ban de sa tribu, coupé de son clan et par là de toute chance de survie. » A. Ruelle dans Prions ensemble.

Paul était arrivé au sommet de son exposé sur la manière d’être en règle avec Dieu et le demeurer. Un nouveau problème apparaît : c’est la question juive à laquelle il est confronté avec son peuple : « le nouvel Evangile de la justice et de la foi au lieu de la justice de la Loi, qui ouvre la porte du salut aux Gentils n’abolit-il pas les droits et les privilèges de la race juive et ne le met-il pas de côté en tant que canal de la révélation ? Aucune prédication ne peut altérer la place des Juifs dans la révélation de Dieu …la tragédie des juifs était d’être laissés en dehors de la révélation progressive de Dieu et coupés de l’économie de la grâce »
Davidson et Martin dans Nouveau commentaire biblique.

Paul répond à cette question en trois temps : la souveraineté absolue de Dieu (9, 1-29), l’affirmation de la responsabilité d’Israël dans la situation historique (9, 30-10, 21) et le dessein miséricordieux de Dieu (11, 1-36).
Il essaie de comprendre comment les hommes appelés de longue date dans le judaïsme, et d’autres apparemment laissés à eux mêmes à leur propre recherche, peuvent-ils communier dans la foi au Christ.
Un fait ou un événement important dans la primitive Eglise ce fut le témoignage vivant de l’Esprit qui, face du refus opposé par les juifs, a donné un autre caractère ou orientation à la mission de l’Eglise, dévoilant par le fait même le caractère universel de la Résurrection
Paul fait un triste constat qu’il va développer dans les versets suivants. Il commence par un témoignage : « j’affirme, je ne mens pas, ma conscience men rend témoignage ». Il en appelle au témoignage du Christ, au témoignage de sa conscience et de l’Esprit Saint et son discours est placé sous le regard de Dieu et de l’Esprit, les deux témoins nécessaires pour qu’une Parole puisse être tenue pour vraie. Paul fait un serment solennel face à l’angoisse qui le prend au regard de cette situation.

v. 2-3 : « une grande tristesse » le prend alors qu’il prêche la joie. Tristesse face à l’éloignement de ses frères face à la Bonne Nouvelle de Jésus Christ qu’ils rejettent catégoriquement alors qu’ils sont prioritaires, les destinataires et les bénéficiaires.
C’est à ce point que Paul préférerait si c’était possible ne pas être sauvé si eux pouvaient l’être dans l’accueil du salut par Jésus-Christ.
Il accepte même d’être séparé, rejeté loin du Christ si cela pouvait les rapprocher du Christ et les intégrer dans le nouveau peuple de Dieu.
Certains ont trouvé ici l’écharde, la souffrance qui tenaillait Paul.

v. 4 : « ils sont les fils d’Israël » : jusqu’ici il n’était question que des juifs, Paul fier des privilèges des juifs leur donne le nom nouveau de Gen. 32,29 « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l’as emporté. »
Il rappelle avec fierté les privilèges des juifs : l’adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu, les patriarches…
L’adoption : le nom et la condition de « fils » n’est pas seulement réservée aux chrétiens, les juifs l’ont déjà reçue : Ex 4,22-23. 22 « Tu diras au Pharaon : Ainsi parle le SEIGNEUR : Mon fils premier-né, c’est Israël ; 23 je te dis : Laisse partir mon fils pour qu’il me serve - et tu refuses de le laisser partir ! Eh bien, je vais tuer ton fils premier-né. » Selon Maillot « il faut distinguer et dire que les juifs ont reçu à l’état de promesse ce que les chrétiens ont reçu sous la forme de « prémices » ou « d’arrhes ».
Les fils de Dieu, par leur filiation, ont accès aux dons de Dieu, à la manifestation de Dieu, à sa gloire et vivent une relation toute spéciale avec Dieu, depuis les alliances conclues avec lui. Nombreuses sont les alliances : avec Abraham, Noé, Moïse : et c’est par la Torah qu’Israël en connaît l’existence.
« La gloire » : « la Shekinah de l’Ancien Testament exprime la présence éclatante de Dieu au milieu de son peuple, de son culte et de son pèlerinage. » Nouveau commentaire biblique.
« Les promesses » : à partir d’Abraham Dieu n’a cessé de les préciser, de les renouveler jusqu’à la Terre Promise. Christ « qui est au dessus de tout » rassemble tout sous son seul chef et porte la gloire, les promesses, l’Alliance, la Loi et les patriarches à leur accomplissement étant lui-même l’accomplissement parfait. Jésus, un juif, compte les patriarches dans ses ancêtres humains.
Aujourd’hui Y.M. Bernard écrit dans Feu Nouveau : « mesure-t-on aujourd’hui toute l’ampleur d’une telle affirmation ? En tout cas, elle ne peut que réjouir et conforter tous ceux qui se montrent attachés au dialogue judéo-chrétien. »

Le concile Vatican II recommande et encourage, aux chrétiens qui ont un patrimoine commun aux juifs, de cultiver la connaissance et l’estime mutuelle qui naîtront des études bibliques et théologiques.
Le fondement de notre foi vient de la révélation que Dieu a faite à Israël

Le fondement de notre foi chrétienne vient de la révélation et des dons que Dieu, dans un premier temps, a fait à Israël tout au long de l’Ancien Testament mais, qui s’est arrêté pour certains à Jésus, en le rejetant.
Quelle souffrance pour Paul de voir ses frères juifs privés de la connaissance de Jésus ! « Paul serait prêt à tout perdre de sa propre sécurité spirituelle, si cela pouvait les rallier à la cause de Jésus. Une telle passion de Paul, après deux mille ans de désaccord judéo-chrétien, voire les pires infamies commises à l’égard du peuple élu, demeure proprement bouleversante, dans l’excès même du mode d’expression. .. Le cri de l’apôtre n’a rien perdu de sa brûlante actualité. » Feu Nouveau Y.M Blanchard.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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