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19e Dimanche A

19ème Dimanche du T.O. -A- (TOL)
1 Rois 19, 9-13 Romains 9 ,1-5 Matthieu 14, 22-33

Au 9ème s. av. J C. à Jérusalem, Jézabel, une reine païenne, a réussi à donner de l’ampleur au culte de son dieu, Baal, le dieu de l’orage et à convertir son mari, le roi Achab. Par voie de conséquence, les prophètes du vrai Dieu ont été éliminés ; il n’en reste plus qu’un, Elie, qui réussit à renverser cette situation désastreuse.

Il risque le tout pour le tout. Il provoque les 450 prophètes du dieu Baal. Qu’ils dressent un autel ! Qu’ils choisissent un taureau et qu’ils demandent à Baal de foudroyer la victime ! Les prophètes de Baal relèvent le défi mais le ciel reste silencieux malgré les encouragements ironiques d’Élie ! A son tour, Élie construit son autel et dispose son taureau. A sa prière, Dieu intervient : sur-le-champ, la victime est détruite.

Le peuple rassemblé constate avec admiration, que le dieu d’Élie est plus fort que Baal, le dieu de Jézabel. Si le peuple est retourné, la reine est humiliée.

Élie ne s’arrête pas en si bon chemin. Il finit sa journée en égorgeant les 450 prophètes de Baal. Voilà de la pastorale efficace ! Le terrain est nettoyé, purifié.
Dieu doit être content ! … Du moins, Élie le pense.

Ce qui est immédiatement vérifiable, c’est que la reine Jézabel est furieuse ; elle se promet d’avoir la peau du prophète. Pourchassé par la police, Élie perd le contrôle de la situation ; il doit fuir ; et il fait une déprime. Affalé au pied d’un arbre dans le désert, il attend la mort. Il a bien réussi à retourner une situation mais tout est à recommencer. A quoi bon continuer à se battre !

Un ange vient le réconforter ; il reprend sa route vers le Mont Horeb, la montagne de l’Alliance. Nous le trouvons aujourd’hui dans une caverne.
C’est le temps de l’intériorisation, de l’examen de conscience. Il peut penser que Dieu va se révéler à lui pour le consoler, lui manifester sa reconnaissance et, pour-quoi pas, lui décerner une décoration pour sa brillante conduite. Sûrement, il va manifester sa puissance avec force et violence. Comment imaginer Dieu autrement ?
Mais l’orage, le tremblement de terre et le feu sont vides de Dieu.
Dieu n’est pas présent dans la violence et le meurtre.

Elie avait (et nous avons tous) une image de Dieu dans le cœur, l’image d’un Dieu puissant, à l’image de notre puissance musclée qui ne connaît que la force : une image fausse.
Il faut du temps pour découvrir en quoi consiste la puissance d’un Dieu crucifié.
Dieu, victime de la violence, se manifeste dans la douceur, … « Le murmure d’une brise légère ». La guerre sainte, même quand elle est conduite par des chrétiens, ne fait pas le travail de Dieu.
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Dans l’évangile, la foule séduite par la parole de Jésus et laissée en plan dans un endroit désert aurait pu se retourner contre lui.
En nourrissant tout le monde, Jésus a retourné une situation. La foule vit un moment de bonheur et d’action de grâce. Elle a le ventre plein.
Jésus contrôle la suite des événements. Pour ne pas tomber dans le piège d’une royauté flamboyante, il s’échappe et se retire pour prier.
Pendant ce temps-là, Pierre et ses compagnons, des professionnels de la mer, ne con-trôlent rien du tout. Leur barque est battue par les vagues.

Jésus vient mais il vient en faisant peur ; on le prend pour un fantôme ; il marche sur les eaux !
Pour les gens de ce temps-là, la mer était le refuge des puissances mauvaises. Quand elles sont de mauvaise humeur, elles s’agitent au fond de la mer et ça fait des vagues à la surface.
Que Jésus marche sur les eaux veut simplement dire que Jésus maîtrise ces puissances mauvaises.

Devant ce fantôme qui dit être Jésus, Pierre n’est pas sûr de lui. « Si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Voilà une parole déraisonnable !

Qu’est-ce qu’il cherche, Pierre ? Une preuve ? Jésus la lui donne et même Pierre va partager cette maîtrise de Jésus sur le mal en marchant lui aussi sur les eaux. Mais dès que le doute survient les vagues reviennent et la maîtrise disparaît. Tous les jours, nous marchons sur les vagues, dans l’incertitude. Qui est sûr de quoi, aujourd’hui ?

Voilà le combat de la foi.
Est-ce que je m’appuie sur mes repères ou sur la parole de Jésus ?
La barque, c’est l’Eglise qui patauge dans les vagues. Si elle traverse les tempêtes, ce n’est pas à cause de la science ou de la compétence des baptisés, c’est parce que Jésus est là. Il nous appelle et nous repêche aussi souvent que nécessaire.

Et la barque (l’Eglise), le lieu de toutes les peurs, devient le lieu de l’acte de foi : “Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et lui dirent : Vraiment, tu es le Fils de Dieu !”
Ils n’ont pas attendu d’être à terre, sur l’autre rive.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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