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19e Dima nche C

19ème dimanche du T.O. –C-

Le Livre de la Sagesse a été écrit entre les années 50 et les années 30 av. J.C. dans une communauté juive d’Alexandrie, en Egypte. Cette communauté est en bonne place pour célébrer la Pâque, la sortie d’Egypte des ancêtres.

Esclaves en Egypte, les ancêtres découvrent donc la liberté. Quel était l’état d’esprit de ceux qui ont accepté de vivre un tel événement devenu fondateur ? Quelques expressions permettent de se faire une idée.

« La nuit de la délivrance pascale »
* La nuit, c’est le temps qui permet de passer d’un jour à l’autre. C’est le temps du repos, de l’angoisse ou de l’attente. En plein jour, on peut se dire qu’on est dans la nuit quand ce qu’on vit est difficile à comprendre et impossible à maitriser.
* Bien avant la sortie d’Egypte, Abraham a traversé sa propre nuit. Ne pouvant avoir d’enfant, sa vie ne laissera aucune trace. Quand il fut clair que tout espoir humain était fermé, Dieu lui donna un garçon, Isaac. Les descendants devinrent un clan qui s’installa sur une terre promise par Dieu. A cause d’une famine, le clan fut bien accueilli en Egypte mais, au fil du temps, il y fut réduit en esclavage. Une loi exigeant l’extermination des garçons signait sa disparition de l’Histoire. Dans cette nuit absolue, certains se résignaient. D’autres restaient tenaillés par la promesse d’avoir une terre à eux. Ils croyaient que la libération viendrait.

« Assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. »
* L’homme qui possède tout n’a pas besoin de promesses. Accueillir une promesse, c’est reconnaître un manque. La promesse est une parole qui devient un repère à ne pas perdre de vue. Elle donne le courage de traverser toute épreuve dans une sérénité qui étonne l’entourage. Elle donne du sens au quotidien.
* Croire à une promesse est un risque. Il y a des promesses qui ne sont que du vent. Croire à la promesse d’un Dieu qu’on ne connaît pas encore très bien est une audace.
* Il n’y a pas de promesse sans exigence : « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. ». Promesse et exigence se précisent au fur et à mesure que se dévoile dans les siècles le plan de Dieu. Elles s’adaptent aux capacités de compréhension de ceux qui y croient. Au départ, la promesse s’adresse à un homme, Abraham, puis à un peuple mis à part des autres. A l’arrivée, il s’agit de tous les peuples invités à entrer dans l’Alliance.
* En face de Dieu qui maintient sa promesse, l’homme à du mal à maintenir sa con-fiance. Abandonner la promesse de Dieu, c’est risquer de se livrer à des promesses qui ne sont que du chantage.

« En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. »
Croire à une promesse ne rend pas la vie plus facile. A cause d’une épreuve, il peut arriver que l’avenir radieux apparaisse inaccessible. On cesse d’y croire. En fait, l’épreuve veut purifier l’idée qu’on se fait de Dieu et de notre vie. On dit que le succès est dangereux parce qu’il démobilise l’énergie et ferme l’horizon. L’échec oblige à réajuster l’effort et à purifier l’idée qu’on se fait de la promesse.
La gloire est l’épanouissement de la promesse. La gloire finale interviendra seulement quand toute l’humanité sera ajustée à l’Alliance, chaque homme ayant trouvé sa juste place dans le projet de Dieu.

« Dans le secret de leurs maison… »
Alors que le monde cultive le bruit et l’apparence, Dieu travaille dans le cœur de chacun et au sein des petites communautés. (Qu’on pense à la petite communauté de St Etienne de Vouvray, dans le diocèse de Rouen). Les fidèles ne sont pas à l’abri des violences. Dans le monde qui est le leur, ils partagent aussi bien le meilleur que le pire. Mais ils sont déjà habités par les chants de louange de leurs ancêtres dans la foi.
*
Deux versets du psaume 118 résument la situation de combien de chrétiens aujourd’hui dans le monde :
Usé par l’attente du salut, j’espère encore ta parole.
L’œil usé d’attendre tes promesses, j’ai dit ;
« Quand vas-tu me consoler ? » (Ps 118, 81-82).
*
Quand on garde les yeux fixés sur la promesse de Dieu, on peut se reconnaître dans ce que dit la lettre aux Hébreux : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

Attendre la réalisation de la promesse, ce n’est pas somnoler, c’est s’ajuster à ses exigences. Jésus est conscient de la difficulté. Il encourage ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau. » Il ne sert à rien d’investir dans ce qui n’a pas d’avenir.
Attendre, c’est être attentif « Heureux les serviteurs que le Maître à son arrivée trouvera en train de veiller. »
Dans un monde qui propose tant de rêves et présente tant de ruines,
« le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur demeurent d’âge en âge.
« Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu. (Ps 32,12)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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