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18e Dimanche B

18ème Dimanche du T.O. -B-

Avec la revue « Souffles » N° 216, juillet 2015 p. 28 Gwennola Rimbaut

Avec la traversée de la Mer Rouge, les Hébreux ont appris que leur Dieu est capable de les sauver d’une mort certaine. Mais le chemin qui conduit à la Terre Promise est plus long que prévu et de nouveaux soucis apparaissent. La situation évoquée par le récit de l’Exode se passe le quinzième jour du deuxième mois après la sortie d’Egypte.
Les fils d’Israël arrivent dans le désert de Sin, près du Sinaï, et récriminent. A vrai dire, au cours de leur avancée, ils ne font que cela. Aujourd’hui, les provisions s’épuisent. Pas de magasin en vue et pas de pâturage ! Il devient clair que l’opération « Sortie d’Egypte » a été mal conduite et va se terminer en catastrophe dans ce désert.

Il y a un responsable. Moïse, évidemment ! On le lui fait savoir : « Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Egypte. » Et voilà que le pays de l’esclavage devient comme un monde enchanté : ils oublient leurs conditions de travail et se revoient assis près des marmites de viande avec du pain à volonté.
Moïse n’ayant pas de solution, c’est Dieu qui intervient avec une information étonnante : « Du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. » Ce sera demain matin. Et ce soir même, ils auront de la viande : un vol de cailles arrive à point nommé.

Quelques remarques :
- Notre confiance en quiconque est solide tant que les choses vont bien. A la première anicroche, le doute s’infiltre dans notre esprit.
- Dans l’idée que nous nous faisons de notre sécurité, regarder le long terme est un signe de maturité. Nous voulons assurer notre avenir par une bonne formation. Nous voulons assurer nos vieux jours en faisant des économies. Au désert, les Hébreux vont devoir apprendre à vivre avec la confiance vissée au cœur, avec juste ce qu’il faut pour survivre chaque jour. La manne disparaît avec le lever du soleil. Impossible de faire des réserves… pour le cas où. La confiance des Hébreux est mise à l’épreuve chaque soir. Y aura-t-il de la manne demain matin ?
- Perçue comme un don n’a-t-elle pas été, avec le temps, reçue comme un dû ? Chaque jour, nous vivons grâce aux services que les autres nous rendent. Ces services sont rémunérés ou gratuits. Sait-on reconnaître dans le visage de celui qui nous fait don d’un service, le visage de Dieu qui se donne ?
- Accueillir un don de Dieu, c’est commencer à le connaître.
- On ne stocke pas les grâces du Seigneur pour les jours où nous en aurions besoin. A chaque jour suffit son don. Chaque don doit être mis en service.

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Dans l’évangile de Jean, avec presque rien, Jésus a nourri la foule et s’est éclipsé pour lui échapper. Elle réussit à le rejoindre. Il est beau de la voir courir après Jésus mais quel est sa motivation ? « Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. » Jésus n’est pas dupe.

Etre rassasiée, la foule ne demande rien de plus. Elle n’est pas en état de percevoir toute la dimension signe qui reste indéchiffrable.
Nous sommes tous capables de réduire les dons de Dieu à la satisfaction de nos be-soins immédiats et, à partir de là, de nous fabriquer la religion qui nous convient.
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Spontanément, nous avons besoin d’un Dieu qui n’aurait, comme devoir d’état, qu’à remplir le frigo, protéger notre santé et assurer nos vacances, alors que Jésus veut nous révéler un Dieu qui veut nous partager sa propre vie. Le déplacement est rude.
Nous sommes incapables d’imaginer ce que Dieu veut faire de nous et par conséquent, nous sommes incapables d’imaginer les chemins que nous devons emprunter pour entrer dans son projet.

_Jésus sait que le pain qu’il a multiplié était, tout comme la manne du désert, une nourriture périssable. Il ne veut pas en rester là. Il donne une orientation : « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père a marqué de son sceau. »
Travailler aux œuvres de Dieu ! Pourquoi pas ? Mais Jésus précise : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » Cela demande réflexion. Les Juifs ne veulent pas donner leur confiance à n’importe qui. Il leur faut des preuves.

Voici pour conclure quelques réflexions que j’ai trouvées dans la Revue « Souffles »
« C’est bien parce que Dieu est Dieu, bien différent de l’homme qu’il peut offrir autre chose que de combler au jour le jour nos manques.
Mais c’est bien parce que Dieu s’est fait homme jusque dans le dénuement, que la possibilité d’un échange devient possible.
Personne n’est exclu car Jésus est allé jusque dans nos enfers.
Dieu nous offre de partager sa vie, son Esprit, son style de vie. (Il nous offre) de devenir pleinement humain comme Jésus.
Ce don est profondément régénérateur et transformant, il va bien au-delà d’une réponse à des manques qui vont demeurer la marque de toute notre vie à des degrés divers.
Le chemin est pourtant long à parcourir pour passer du besoin d’un Dieu « bouche-trou » au désir d’une relation avec un Dieu Autre qui peut nous emmener sur des routes inconnues, imprévues, traversées de silence… »

Si, à la suite de Jésus, nous acceptons de devenir pleinement humains, tous nos problèmes de manques ou d’excès trouveront leur solution.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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