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18e Dimanche B

5 août 2012

18ème Dimanche du T.O. -B-

Exode 16, 2-4. 12-15 - Ephésiens 4, 17. 20-24 Jean 6, 24-35

Quand la Bible raconte une histoire ou un événement, c’est avant tout pour nous dire quelque chose de la relation de l’homme avec Dieu.

Les Hébreux, réduits en esclavage en Egypte, sont devenus si nombreux qu’ils sont perçus comme une menace par le pouvoir. Pour réduire les naissances, un Pharaon décide de pratiquer ce qu’on appelle aujourd’hui l’avortement post-natal de tous les garçons. Les Hébreux ont crié vers Dieu pour qu’il les sorte de cette situation. Ils ont attendu longtemps. Finalement, Moïse et son frère Aaron ont été les instruments de Dieu pour organiser la sortie d’Egypte d’une foule d’esclaves épuisés et son chemi-nement, à travers le désert, vers la terre des ancêtres, la Terre Promise.

Le passage du livre de l’Exode, lu aujourd’hui, évoque un moment de cette traversée du désert. La vie est rude. Rien à manger ! Les Hébreux en viennent à regretter le temps où ils étaient esclaves en Egypte. Au moins, ils mangeaient ! C’était le bon temps ! Ils interpellent vertement Moise et Aaron : « Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé. »
Le message est simple : avec tout le respect qui leur est dû, Moïse et Aaron sont som-més d’organiser le retour en Egypte.
Redevenir esclaves ! Dieu n’est pas d’accord : il envoie sur le camp la manne et un vol de cailles. Les Hébreux vont continuer leur route.
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Dans l’évangile de Jean, la foule a été rassasiée par Jésus avant qu’elle ne ressente les tiraillements de la faim. Le pain a été abondant… bon…et gratuit ! Réaction sponta-née : il faut garder le contact avec un homme si capable qui se soucie des gens !
Puisque le pain est reconnu expérimentalement si précieux, Jésus invite alors la foule à travailler « pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle » et il an-nonce : « Moi, je suis le pain de vie. »
Résultat : Le repas offert par Jésus restera dans toutes les mémoires. Mais son annon-ce sur le pain de vie laissera seulement un sentiment d’étrangeté. A quoi ressemblera ce pain qui nous sera proposé ? !
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La nature humaine étant la même à travers les siècles, Paul rencontre, dans un autre cadre, la même difficulté que Moïse et Jésus. Le passé devient un rêve et l’avenir fait peur.
A Ephèse, comme dans toutes les communautés qu’il a fondées, Paul fait le même constat. Le passé colle à la peau des nouveaux chrétiens. Le mépris et la peur de l’au-tre de l’autre font partie de leur culture.
Comment sortir d’une situation pareille ? Si Jésus est l’unique Sauveur de tous les hommes, il est inimaginable de faire deux Eglises parallèles… et humainement im-possible de faire une seule Eglise.
Et pourtant il n’y a pas d’autre chemin possible : Juifs et païens doivent devenir une seule communauté qui se fera remarquer par son unité.
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Dieu ne laisse pas les chrétiens se débrouiller sans les aider. Chacun reçoit ce qui lui est nécessaire pour tenir sa place dans l’Eglise car chacun a une place à tenir.
Dimanche dernier, Paul insistait sur la nécessité pour chacun de suivre fidèlement l’appel reçu. Aujourd’hui, on peut remarquer le verbe se conduire :
Paul s’adresse aux païens : « Vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. »
Et il s’adresse aux juifs : « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois. »

Les païens voudraient-ils retrouver le vide du culte à leurs idoles et les juifs, le poids intolérable de la Loi ? Paul dégage une priorité :
« Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, de l’homme ancien qui est en vous, corrompu par ses désirs trompeurs. Laissez-vous guider intérieurement… »

Se laisser guider dans l’archipel des désirs !
Se laisser guider ! Cette perspective, l’enfant l’accepte ; il se sent dépendant. L’ado-lescent la refuse ; il revendique la liberté. L’adulte se fait illusion ; il est aspiré par ses désirs. Il a à choisir entre le plus séduisant et le plus sérieux.

Les désirs sont de vrais moteurs. Tel étudiant va s’éclater dans toutes les fêtes ; tel autre passera ses week-ends à étudier. Cet adulte sacrifiera sa vie de famille… à sa profession,… à une carrière politique ; un autre fera l’inverse. Un autre encore dira, devant son épouse, que ce qu’il aime le plus au monde, c’est l’argent.
Et que de sacrifices pour avoir autour du cou une médaille olympique !

« Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé. Adoptez le compor-tement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l’image de Dieu. »
On peut reconnaître ici un portrait de Jésus. L’homme nouveau !
Sa relation à son Père lui a donné de repérer les pistes qui conduisent à la ruine et de sentir de quelle manière il convient de se conduire dans la complexité de l’aventure humaine.
Jésus n’a pas choisi le chemin le plus facile mais le plus sûr. Dans l’évangile, on ne le voit jamais se dire après un échec (après sa passion !) : « J’aurais dû m’y prendre autre-ment ! »

Quel est le désir de Dieu sur nous ? Ce désir existe quelque part en nous, perdu au milieu de tous les autres. Il est comme un trésor caché.
Beaucoup passent leur vie sans en soupçonner l’existence. Certains savent qu’il est là et ils cherchent jusqu’à ce qu’ils trouvent.
Quiconque l’a trouvé est invité à se laisser guider intérieurement. Il trouvera sa juste place dans la construction d’un monde où règneront la vérité, le droit, la miséricorde et la justice,… dans la construction du Corps du Christ.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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