17e Dimanche C


2ième lecture : Colossiens 2/12-14

6 Poursuivez donc votre route dans le Christ, Jésus le Seigneur, tel que vous l’avez reçu ;
7 soyez enracinés et fondés en lui, affermis ainsi dans la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordants de reconnaissance.
8 Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l’enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l’univers et non plus du Christ.
9 Car en lui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement,
10 et vous vous trouvez pleinement comblés en celui qui est le chef de toute Autorité et de tout Pouvoir.
11 En lui vous avez été circoncis d’une circoncision où la main de l’homme n’est pour rien et qui vous a dépouillés du corps charnel : telle est la circoncision du Christ.

12 Ensevelis avec lui dans le baptême, avec lui encore vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
13 Et vous, qui étiez morts à cause de vos fautes et de l’incirconcision de votre chair, Dieu vous a donné la vie avec lui : il nous a pardonné toutes nos fautes,
14 il a annulé le document accusateur que les commandements retournaient contre nous, il l’a fait disparaître, il l’a cloué à la croix,

A propos de cette lecture

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Rappelons les circonstances de cette lettre : Paul est retenu prisonnier à Rome mais il n’abandonne pas le combat pour l’annonce de la Bonne Nouvelle du Christ en dénonçant entre autre les soit-disant prophètes qui répandent de fausses doctrines tant sur le Christ que sur son Evangile.
Il faut savoir qu’en ce temps des courants gnostiques circulaient et des juifs venus d’Asie Mineure colportaient ces idées qui donnaient naissance aux « sectes friandes de religions à mystères ». Les doctrines qu’ils véhiculent mettent la confusion dans la communauté à propos du Mystère du Christ.

Dimanche dernier Paul s’est situé personnellement face au mystère du Christ mort-ressuscité qui concerne toute l’humanité.
Ce mystère c’est le Christ qui est Seigneur de tout l’univers et donc des forces cosmiques : mystère révélé aux apôtres afin qu’à leur tour ils l’annoncent aux nations.
Osty dans sa note écrit : il s’agit « des forces cosmiques et plus spécialement des astres dont le cours réglait la vie religieuse des Juifs. Que ces éléments du monde et spécialement les astres aient été considérés par les novateurs de Colosses comme animés ou dirigés par des puissances angéliques , cela paraît vraisemblable, tellement cette conception des astres comme d’êtres animés ou mus par des agents spirituels était courante chez les Juifs ou les païens » (Huby).

Paul réagit vivement et met en garde les Colossiens « vis à vis de ces confusions pseudo-philosophiques vides de sens, inspirées de considérations humaines selon les principes du monde et non ceux du Christ ». Armilde Ruelle.

Paul situe, définit la relation, celle que désormais nous vivons avec le Christ.
Il encourage les fidèles à rester enracinés dans la connaissance du mystère de Dieu, le Christ qui est leur vie. Par son incarnation toute la plénitude de la divinité du Christ habite corporellement en lui (le croyant)(v9).

A partir de là Paul comprend le sens du baptême chrétien comme participation au Christ par notre union au mystère de sa mort-résurrection que nous proclamons à chaque eucharistie.
Par la circoncision du Christ (v11) « expression audacieuse, dit Osty, le Christ assume en les spiritualisant et en les revalorisant les institutions de l’Ancien Testament. La circoncision n’était qu’une petite ablation de chair : le baptême, la circoncision spirituelle, fait disparaître en son entier le corps de chair » .
Pour Paul, le baptême est une plongée, une immersion dans la connaissance du mystère de Dieu, Père, Fils, Esprit. Mais nous le verrons cette « connaissance » n’a rien d’intellectuel.
Par cette immersion, notre entrée dans ce mystère, nous sommes dit Paul « ensevelis avec le Christ par le baptême » cad que nous entrons dans son mystère d’amour, de dessaisissement de tout son être jusqu’à la mort. N’oubliant pas que la mort n’est pas le dernier mot. En mourant avec Lui à notre péché, cad en nous pardonnant Dieu nous arrache à la mort et nous fait revivre comme le Christ, de sa vie.
« Cette nouvelle vie, si elle ne peut plus nous exempter de la mort corporelle, va nous permettre de franchir sans peine la frontière imposée à la vie mortelle-celle du corps- et d’assurer notre vie spirituelle, éternelle, par la réconciliation avec Dieu. Mais cela ne se réalise que dans le Christ »P-M Guillaume-Assemblée du Sgr
Voilà un texte fondamental sur le baptême et la vie chrétienne.
En Romains 6 il était question de participation à la mort du Christ mais au passé et participation à la sa résurrection qui ouvrait sur un avenir commun avec le Christ.
Ici en Colossiens, le parallèle est plus étroit : nous sommes tous morts-ressuscités avec le Christ. Les verbes sont au passé, c’est une anticipation que les lettres précédentes n’avaient pas encore faite.

Le but est tout simplement d’affirmer aux chrétiens leur libération à l’égard de toute puissance que ce soit. Ephésiens ira encore plus loin : 2:5-6 « 5 alors que nous étions morts à cause de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ - c’est par grâce que vous êtes sauvés -, 6 avec lui, il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux, en Jésus Christ. » puisqu’il dit que nous sommes déjà ressuscités et assis dans les cieux en Lui.
Paul avait parlé de « Christ premier né de toute créature, Christ plénitude de l’Etre qui rassemble et assume toute l’humanité dans son incarnation-Rédemptions, pour nous.

« Mis au tombeau, avec lui ressuscités » :
** c’est un phénomène d’identification : nous étions dans le Christ quand il descendit au tombeau et en sortit. Sa mort c’est la nôtre et sa victoire aussi.
** par le baptême, le chrétien n’est pas seulement plongé dans la mort du Christ, à l’image de celle du Christ, en espérant la résurrection mais déjà il participe à la résurrection et à l’intronisation céleste du Christ.
Dans Colossiens et Ephésiens, Paul exprime sa certitude que le chrétien n’est pas seulement plongé dans la mort du Christ en attendant la résurrection mais que déjà il participe à la résurrection et l’intronisation céleste du Christ.

Paul ajoute : « par la foi en la puissance du Christ » : ce qui veut dire : quel sens le rite baptismal peut-il avoir en dehors de la foi au Christ ? Il n’est alors que pur rite extérieur. Toute la vie du Christ et du chrétien à sa suite réside dans la foi et la communion au Père source de toute vie, de tout salut.

Par le baptême nous sommes un Corps irrigué par la même vie de celui qui est la Tête : « tout cela m’arrive parce que nous croyons en un Dieu qui tire la vie de la mort ».
Par le baptême nous plongeons avec le Christ dans sa mort, dans son mystère d’amour donné gratuitement qui fait de nous des ressuscités grâce à la foi dans la force de l’énergie de Dieu qui a ressuscité, réveillé Jésus d’entre les morts.
Des morts que nous étions par nos manques d’amour et donc privés de la vie de Dieu, Christ a fait de nous des vivants.
Avec le Christ c’est la fin de ce régime impuissant (celui de la Loi du Sinaï qui voyait le pécheur comme un débiteur insolvable) à nous rendre libre et nous donner la vie. Il y a une rupture entre l’avant et l’après.
On trouve toute une série de verbes pour bien marquer ce que Christ réalise pour nous dans sa mort-résurrection : il nous a pardonné, il a annulé, il l’a fait disparaître, l’a cloué à la croix. Paul utilise le vocabulaire juridique pour dire avec force combien et comment Dieu nous a pardonné et libéré de toutes les Puissances qui pouvaient nous égarer.
« Il a annulé le document accusateur … »il s’agit du billet de reconnaissance dette dont il est question dans la parabole de l’intendant infidèle, dont il est question aussi dans le Notre Père : « remets-nous nos dettes ».
Ce document, deux images expriment son annulation : il est effacé et cloué sur la croix. « Il prend la place de l’écriteau cloué sur la croix pour manifester le motif de la condamnation » Jésus Roi des Juifs.
« En style poétique d’une extrême concision se trouve ici résumée la doctrine selon laquelle, pour se réconcilier le monde, Dieu a en quelque sorte identifié Jésus au « péché » pour que nous devenions en lui « justice de Dieu » (2 Cor 5,19-21) » Cah Evang 82 pe 29.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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