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17e Dimanche A

27 juillet-2014
17ème dimanche du T. O. –A- (TOL)

De lire les premières pages du Livre des Rois nous apprend ce qui s’est passé dans les coulisses du pouvoir, à Jérusalem, dans les jours qui précèdent et qui suivent la mort du roi David.
Influencé par Bethsabée, une de ses épouses, David avait désigné son fils, Salomon pour lui succéder sur le trône. N’étant pas le premier-né des fils de David, la couronne ne lui revenait pas de droit. Un frère aîné, Adonias, né d’une autre épouse de David, revendiquait le trône. Son service de propagande avait annoncé son sacre devant la foule, qui se rassemblait. Les cérémonies étaient sur le point de commencer quand Bethsabée le prit de vitesse en organisant en urgence le sacre de son fils Salomon... Et la foule cria : “Vive le roi !”
Installé sur le trône, Salomon fit exécuter Adonias pour ne plus avoir de concurrent.

La lutte pour le pouvoir a toujours été dangereuse mais passionnante, fascinante, enivrante. L’exercice du pouvoir, c’est autre chose et, la fête étant finie, Salomon se rendit compte de l’énormité de la tâche qui l’attendait. Il était très jeune, sans formation particulière. Sur son lit de mort, son père lui avait bien donné de bons conseils mais il avait vu de ses yeux ce que les hommes, y compris lui-même, étaient capables de faire pour s’emparer du pouvoir et le conserver.

Que faire maintenant ? La question le travaille. Une nuit, il fait un rêve. Dieu constatant son trouble lui pose une question : “Demande ce que je dois te donner.” Réponse : “Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal.” Peut-être Salomon-t-il expérimenté que ce qui semble bien un jour peut se révéler désastreux le lendemain. De son côté, Dieu ne s’attendait à une réponse aussi judicieuse. Il lui donne un cœur intelligent et sage.

Cette nuit-là, Salomon s’est donc mis à la juste place. Devenu roi, il reste le serviteur de Dieu qui fait de lui le serviteur d’un peuple. Il aura des comptes à rendre.
- Il doit être attentif aux conditions de vie du peuple qui lui est confié,
- il doit être capable d’analyser ce qui se passe
- il doit prendre les décisions en ayant pour repères la volonté de Dieu.
Être attentif et savoir discerner, voilà deux qualités que doivent demander sans cesse à Dieu tous ceux qui exercent une quelconque responsabilité, que ce soit dans la vie familiale, professionnelle, sociale, politique et ecclésiale.
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Un cœur attentif qui sache discerner. Voilà une clé pour aborder l’évangile.
“Le royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ.” Quand on parle de trésor, on a dans la tête l’image du chercheur ou du fouineur. Certains sa-vent ce qu’ils cherchent, d’autres sont ouverts à toute découverte. Une chose inattendue éveille leur intérêt. Tout homme a sa sensibilité particulière.
Toutes ces paraboles racontées par Matthieu ont été adressées par Jésus, non pas à des spécialistes, mais à la foule. Il lui parle d’un trésor dans un champ après lui avoir parlé d’un champ de blé infecté par l’ivraie. Ce constat peut orienter la réflexion.
Notre vie est comme un champ qui nous est confié. Avant qu’on y ait semé quoi que ce soit, il a déjà des germes de vie, des traces de notre hérédité. S’ajoutent ce que d’autres ont semé avec notre accord ou malgré nous et ce que nous avons choisi de semer. Notre champ est un fourre-tout qu’il faut cultiver et protéger. Il faut aussi l’explorer car dans notre champ, il y a un trésor. Comme tous les trésors il est caché. Dans la recherche, certains exploitent le filon de la richesse, de la notoriété, du pou-voir. Quelques uns découvrent la vanité de ce filon et cherchent autre chose !

Le Royaume des cieux est comparable à un trésor. Notre champ n’est pas assez vaste pour contenir l’intégralité de ce trésor. Il ne s’y trouve qu’une parcelle. D’autres champs à côté contiennent d’autres parcelles. C’est à chacun de découvrir celle que Dieu lui a confiée. Ce que nous cherchons dit quelque chose du sens que nous voulons donner à notre vie. Ce qu’a vécu Salomon nous prévient qu’il y a des pistes que nous parcourons avec ardeur et qui se révèlent sans avenir. Les signes distinctifs du Royaume des cieux, sont indiqués dans les premières pages de l’évangile de Matthieu ; ce sont les Béatitudes qui sont le portrait de Jésus de Nazareth.

Avec les événements que nous vivons ces jours-ci, on peut dire que notre monde est un champ où se trouve beaucoup d’ivraie : violence, corruption, mépris, paroles inopportunes. Mais dans ce champ, il y a LE trésor et il y a des gens qui essaient de le mettre en œuvre. Il faut les soutenir. Aujourd’hui, à l’initiative de Mgr Pontier, Président de la Conférence des Évêques de France, une même Prière Universelle sera dite dans toutes les églises.
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Le mot « trésor » ne se trouve pas dans la lettre de Paul aux Romains. Mais il nous dit sa vision du projet éternel de Dieu qui se réalise dans l’histoire des hommes..
« Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. »
L’ivraie dans le champ a gêné le développement du bon grain. Affronté à la difficul-té, le grain a dû se battre pour se développer. L’épreuve peut abattre ; elle peut aussi fortifier. La découverte du trésor se fait petit à petit. Il faut le chercher avec patience.

Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement.
Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements… (Ps.118, 4-5)

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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