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17e Dimanche A - 1Rois 3,5.7-12

1ère lecture : I Rois 3/5.7-12

4 Le roi Salomon se rendit à Gabaon, qui était alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice ; il immola sur l’autel un millier de bêtes en holocauste.
5 À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe.
Dieu lui dit :
« Demande ce que je dois te donner. »
6 Salomon répondit :
« Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec une grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as gardé cette grande fidélité, tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône.
7 Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter,
8 et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
9 Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? »
10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit :
11 « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner,
12 je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi


A propos de cette lecture
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La Sagesse et son prix inestimable

Réflexion d’un sage sur la vie de Salomon
Le texte du livre des Rois couvre la période qui va de 970 à environ 560.

La question de royauté en Israël ne peut se comparer à nos monarchies actuelles. En Israël, le roi cumulait plusieurs fonctions de par la volonté de Dieu. Il devait, de plusieurs manières, veiller à l’unité du peuple de Dieu, le protéger contre les attaques de l’ennemi, veiller aux bonnes relations au sein du peuple. Sa fonction était aussi sacerdotale : permettre les relations du peuple avec le Dieu vivant, à travers les rites de la liturgie du Temple.

Contrairement à Saul et David qui avaient été choisis par le Seigneur, Salomon, « homme de paix », règne en fonction d’un principe dynastique qui pourrait être sujet à une
appropriation du pouvoir.

Le jeune Salomon ne part pas de zéro. Il doit tout ce qu’il possède à ses ancêtres, et tout ce qu’il a reçu de ceux-ci, vient de Dieu. Son règne commence avec plein de promesses et dans la fraîcheur de sa jeunesse il se fait une certaine idée…nous dirions il rêve à ce qu’il fera et quel roi il sera.

L’intérêt de ce passage est de montrer, voire prouver que Salomon lui aussi fait l’objet d’un choix du Seigneur- ce qui ne peut que lui donner davantage de crédit- et que sa mission a son fondement dans une consécration royale dont Dieu garde l’initiative : « c’est toi qui m’a fait roi » dit-il .
Il s’agit de rattacher le règne de Salomon et sa mission au Seigneur qui l’a choisi, élu.
Cette confirmation est faite au moyen d’un songe, qui était une pratique courante dans l’antiquité, qui était apparentée à la vision et qu’Israël avait adopté.

C’est cette forme que le Seigneur utilise pour s’adresser à Salomon, pour communiquer avec lui et le confirmer dans sa mission royale. C’est directement à lui que le Seigneur s’adresse sans passer par le prophète.
« C’est bien là le sens du songe dans la bible. C’est une manière d’affirmer que l’homme est l’objet en direct d’une communication divine » Ruelle.
Salomon, jeune homme, est conscient du poids de sa charge « moi je suis un petit enfant » et de son inexpérience. Il a conscience aussi que son service est une mission pour tout le peuple : « ton serviteur est au milieu de ton peuple ».

Le règne de Salomon a commencé dans la fraîcheur, l’illusion. Salomon rêvait d’un royaume où chacun serait traité avec justice, où règneraient la paix et le partage entre tous, où il n’y aurait plus de pauvres. On pouvait de fait espérer un règne éclatant de splendeurs, de victoires.

Le temple n’existe pas encore ; à, Gabaon, à quelques kilomètres de Jérusalem, il y a un lieu de culte et Salomon s’y rend pour offrir un holocauste. Il vient prier Dieu, offrir des sacrifices en vue de demander la protection de Yahvé. .(v4)
« Le songe de Salomon nous rappelle une tradition religieuse très ancienne au Moyen Orient. On ne se contentait pas des révélations que les prophètes pouvaient recevoir en songe, et les rois en particulier allaient passer la nuit au sanctuaire dans l’espoir d’une communication divine » Note de la Bible des Peuples

L’intérêt de ce passage c’est montrer ou prouver que C’est Dieu qui règne ! même s’il le fait par l’intermédiaire des hommes.
Le songe que Salomon fait à Gabaon voudrait lever toute ambiguïté et remettre le règne de Salomon dans la bonne ligne d’un choix et d’une consécration royale sous le regard de Dieu .
« Demande-moi ce que tu veux. Telle est la proposition de Dieu au jeune Salomon, son bien-aimé. Telle est la proposition de Dieu à n’importe quel jeune qui affronte ses responsabilités pour la première fois. Sa vie ne sera pas un destin imposé ; d’une manière ou d’une autre, Dieu lui donnera ce qu’il a désiré »1 Note de la Bible des Peuples

IL commence sa prière par dire : « c’est toi qui m’a fait roi » : en fait il n’est pas été désigné directement par Yahvé mais il est devenu roi à la suite d’intrigues de la part de sa mère Bethsabée entre autres. Il reconnaît qu’à travers celles-ci c’est le Seigneur qui l’a conduit et lui a donné le pouvoir de roi. Mais il lui manque quelque part une reconnaissance officielle, une consécration de la part du Seigneur pour le légitimer une bonne fois pour toutes.
« Le rêve de Gabaon répond à cette préoccupation. Yahvé apparaît à Salomon, ses paroles confirment le choix de son père » M. Achard dans Ass du Seign pe8

Conscient de sa jeunesse il demande simplement au Seigneur ce que lui seul peut donner : « un cœur qui écoute » et le discernement pour assurer ses responsabilités avec un bon jugement.
Qu’est-ce qu’un cœur qui écoute ? « Ecoute Israël » redit chaque jour le pieux croyant afin d’entrer dans la disposition d’ouverture du cœur à Dieu. L’écoute ne touche pas seulement l’oreille mais le cœur : une oreille attentive c’est un cœur ouvert au Seigneur.
C’est avec cette demande d’un cœur à l’écoute que Salomon souhaite la sagesse qui lui permettra de distinguer le bien du mal, de faire justice à tous, de veiller à ce que tous les humains soient respectés et puissent garder un cœur libre pour être à l’écoute et vivre une vraie relation à Dieu. Celui qui vit de cette manière portera des fruits, il accueillera l’avenir que Dieu lui donne, il sera témoin d’espérance.
Ce n’est pas pour lui seul qu’il demande la Sagesse mais en fonction des exigences de sa mission de roi..

Réponse du Seigneur. Le Seigneur approuve le choix de Salomon qui a exclu tout profit personnel et ce qu’il n’a pas demandé, les richesses, le Seigneur les lui accordera.

« Le croyant renonce à tout pour avoir l’essentiel : ce que Salomon l’appelait la sagesse et Jésus l’appellera le Royaume. La sagesse royale concerne les fonctions de gouvernement ; elle permet d’obtenir la stabilité, la prospérité et la puissance nécessaire. Dans l’Evangile la sagesse permet de comprendre les desseins de Dieu, les mystères du Royaume. La compréhension de la Parole de Dieu ne repose pas seulement sur 3notre intelligence : elle est un don du Père qu’il faut savoir lui demander » Cahier Evangile 100 pe 22
La demande que le Seigneur fait à Salomon nous interpelle : que demanderions-nous dans notre situation aujourd’hui ? l’essentiel pour moi aujourd’hui ? pour les miens ?

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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